À Vanier, en banlieue de Québec, une petite entreprise à la devanture anonyme fabrique pâtés, ragoûts, cretons, saucisses et desserts qu’elle distribue au Québec, dans le reste du Canada et aux États-Unis. Les produits que prépare Cuisines Rochette, une filiale de Nutrinor depuis 1989, titillent les papilles de milliers de consommateurs qui recherchent un heureux mélange de goût et de qualité. L’entreprise, qui se donne pour mission de mettre du temps et de la tradition dans l’assiette des gens, nous dévoile quelques ingrédients de ses recettes.

Nos mets préparés permettent aux consommateurs de sauver du temps lorsqu’ils se consacrent à la préparation de leurs repas, explique Benoît Rochette, le directeur général de l’entreprise. En revanche, économie de temps et mets préparés ne signifient pas pour autant une baisse de la qualité du produit. Au contraire. Et c’est là que le côté traditionnel de notre mission entre en jeu. On fabrique des produits savoureux qui ne contiennent que des ingrédients frais. Notre pâté au poulet, par exemple, contient six légumes et un pourcentage élevé de viande, insiste le marmiton de Vanier. Et quand je fais une béchamel, c’est avec de la crème 35 %, de Nutrinor, bien sûr. Pas question d’utiliser des substituts ou des succédanés. »

Cuisines Rochette chapeaute deux entreprises distinctes : Les Cuisines Rochette et Les Gâteaux Relais desserts. L’entreprise brasse un chiffre d’affaires de quelque 12 millions $. Les produits Cuisines Rochette en accaparent 10,9 millions $. Le reste des recettes du Groupe, soit 1,1 million $, provient de Gâteaux Relais desserts. Une cinquantaine d’employés s’affairent aux cuisines. Le double en période de pointe.


Cuisines et marchés
Les Cuisines Rochette fabrique à la fois des produits frais et congelés. Les produits congelés – pâtés, ragoûts et saucisses – accaparent 80 % des activités du groupe. Les produits frais – cretons, têtes fromagées, saucisses de porc et de bœuf – comptent pour 20 % de la gamme que cuisine l’entreprise. Dans les deux cas, l’entreprise table sur un approvisionnement quotidien en viandes et légumes frais. En bout de ligne, c’est plus de 75 produits différents qui prennent le chemin des institutions et des grands détaillants en alimentation au Québec, dans le reste du Canada et aux États-Unis.

Les produits fabriqués par Les Gâteaux Relais desserts, tels que les mousses, les gâteaux et les chaussons aux pommes trouvent preneur dans deux segments de marché. Les mousses et les gâteaux sont commercialisés dans le réseau québécois des hôtels, restaurants et institutions. Les chaussons aux pommes, quant à eux, se retrouvent sur les rayons des Wal-Mart et Costco aux États-Unis.

Un produit vedette chez nos voisins du sud : la « pomme en cage », une spécialité de Cuisines Rochette. Il s’agit d’une pomme à laquelle on a retiré le cœur que l’on a remplacé par un sirop constitué de sucre et d’un mélange de diverses épices dont la cannelle. La pomme est ensuite enrobée d’une pâte feuilletée puis, congelée. Les Américains en sont friands. Plus de 1,2 million de ces pommes sont expédiées chaque année dans les Wal-Mart de la Nouvelle-Angleterre.


Le congelé en croissance
Fondée en 1948 par le grand-père de Benoît, l’entreprise ne s’est consacrée, en grande partie, qu’à la production de charcuterie et de cretons jusqu’au milieu des années 1980. Ne pouvant plus concurrencer dans ce marché avec de grandes entreprises possédant une structure intégrée – fermes, alimentation, transformation, mise en marché – l’entreprise de Vanier amorce alors un tournant en commercialisant, en 1986, une tourtière congelée. Le produit connaît un bon succès. « Et le timing était excellent, fait savoir Benoît Rochette. À cette époque, de plus en plus de consommateurs recherchaient justement des produits nécessitant peu de préparation et à cuisson rapide. Les produits congelés de qualité et à valeur ajoutée venaient combler ce besoin. C’était le début d’une nouvelle ère pour Cuisines Rochette. »

L’entreprise avait vu juste. En effet, selon le directeur général, la demande pour les produits congelés croît actuellement de 10 à 15 % par année, et ce, à l’échelle mondiale. Les perspectives de développement dans ce secteur sont donc très bonnes.


Les projets
Pour optimiser la production de ses usines, l’entreprise de Vanier, certifiée HACCP depuis déjà quelques années, a récemment adopté une méthode de gestion de production appelée P.V.A. pour Production à valeur ajoutée. Cette méthode éprouvée, qui utilise des outils Kaisen, vise à maximiser l’efficacité des processus de gestion et opérationnels des entreprises. À titre d’exemple, la mise en œuvre de la méthode P.V.A. a permis de réduire de 1h15 à 12 minutes le temps nécessaire pour passer de la fabrication d’un produit à un autre! Résultat : les inventaires ont largement baissé et le nombre de produits fabriqués par jour a été multiplié par cinq.

Cette restructuration – qui a littéralement métamorphosé la dynamique interne de l’entreprise, assure Benoît Rochette – a été accompagnée d’un repositionnement visant à accroître les retombées régionales qu’engendrent ses activités. « Le lait et la crème qu’utilise Cuisines Rochette dans la fabrication de ses produits proviennent bien entendu des usines de transformation de Nutrinor », indique Yves Girard, directeur général de la coopérative.

Benoît Rochette et la direction de Nutrinor souhaitent, d’ailleurs, se rapprocher des producteurs agricoles québécois et développer des synergies avec eux. Chaque année, Cuisines Rochette mitonne 250 000 livres de légumes et 1,2 million de livres de viande de porc, de bœuf et de poulet.

Le garde-manger de l’entreprise est encore bien garni. En effet, le développement plus étendu des produits de la marque Cuisines Rochette et de marques privées (charcuteries, desserts, plats préparés) au Québec, au Canada et aux États-Unis fait partie des projets qui mijotent actuellement dans les cuisines.




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