Dans ce pays de près de 12 millions d’habitants, 84 % de la population vit de l’agriculture et le revenu annuel moyen se chiffre à moins de 350 $.

La région de la Boucle du Mouhoun, où se réalise le projet, bénéficie d’une bonne pluviométrie qui en fait le grenier du pays. De plus, les terres peu accidentées se prêtent bien à la mécanisation des activités agricoles. C’est pourquoi un groupe de producteurs qui souhaitait professionnaliser leur pratique agricole a décidé de mettre sur pied une coopérative de mécanisation agricole.

L’unité mobile d’entretien et de réparation de machinerie agricole offre des services aux producteurs depuis mars 2002.

Avant le démarrage du projet, les producteurs mécanisés rencontraient de nombreuses difficultés à s’approvisionner en pièces de rechange pour leur machinerie agricole et à obtenir les services de mécaniciens spécialisés. Le bris d’un tracteur pendant la courte saison des travaux de semis pouvait avoir des conséquences dramatiques en réduisant de façon importante les surfaces cultivées et les quantités récoltées.

La Coopérative de mécanisation agricole de la Boucle du Mouhoun (COMABM) offre à ses membres des services de réparation grâce à une unité mobile qui se déplace de village en village, au gré des besoins des producteurs, et par l’engagement et la formation d’un mécanicien spécialisé en machinerie agricole.


Le monde agricole québécois s’implique
En 2002, le mécanicien et le gérant de la COMABM se sont envolés vers le Québec pour réaliser un stage de six semaines dans les coopératives agricoles de Parisville et de Victoriaville. Ce séjour dans le Centre-du-Québec leur a permis d’acquérir des connaissances fort utiles en gestion des coopératives et en techniques d’entretien.

Sanfo Soumaillé, mécanicien de la COMABM, répare un tracteur avec Marcel Côté, mécanicien de la Coopérative de Parisville.

En mars 2003, alors que les outils nécessaires pour équiper l’unité mobile de réparation étaient acheminés au Burkina Faso, M. Marcel Côté, mécanicien à la Coopérative agricole de Parisville, se rendait dans la région sahélienne, pour un mois, afin d’initier les activités proprement dites. Bien qu’il ait côtoyé de près le manque de ressources matérielles de la majorité de la population, il a qualifié sa mission de très enrichissante sur les plans professionnel et humain.

En octobre dernier, le directeur aux opérations de la Fédération des groupes conseils agricoles du Québec (FGCQ), Serge Préfontaine, s’est rendu également au Burkina Faso. Il a offert un complément de formation en gestion au gérant et aux élus de la COMABM et en a profité pour réaliser une étude sur la rentabilisation de la mécanisation agricole.


Coopérative fédérée de Québec : un partenaire majeur
En s’engageant à contribuer au financement du projet pendant trois années, pour une somme annuelle de 25 000 $, la Coopérative fédérée de Québec fournit une part importante des ressources financières nécessaires à la mise en œuvre de la COMABM. Cet appui vient en complément à celui offert par l’Agence canadienne de développement international (ACDI), UPA DI et par la Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec.

Le projet a également pu compter sur l’expertise de la Coopérative fédérée de Québec pour définir les activités, mettre en place les outils de gestion de la COMABM ou encore outiller l’unité mobile de réparation de tout le matériel nécessaire à son fonctionnement.


D’autres développements à court terme
La COMABM regroupe actuellement une centaine de membres, dont une trentaine sont motorisés. Elle compte déjà améliorer ses services en ajoutant, dès l’an prochain, la fourniture de carburant, un service absent dans la plupart des petits villages.

Ernest Traoré, secrétaire général; Serge Préfontaine, FGCQ-UPA DI, et Aboubakar, gérant, passent en revue les outils administratifs de la COMABM.

Comme c’est encore une minorité de producteurs qui ont accès à la machinerie agricole, la COMABM étudie la faisabilité de mettre en place une coopérative d’utilisation de machinerie agricole (CUMA). Les producteurs non mécanisés pourraient ainsi avoir accès à un tracteur et à une charrue en commun, ce qui permettrait d’emblaver de plus grandes superficies et d’améliorer les revenus de ces familles. Elle compte aussi créer une banque de services pour mettre en relation les producteurs qui peuvent offrir des travaux à forfait à ceux qui en sont demandeurs.

Grâce à ce petit coup de pouce du monde agricole québécois, la COMABM développe les services dont ses membres ont besoin.


* L’auteur est chargé de programmes à UPA Développement international.





Retour



Copyright © 2014 La Coop fédérée | Tous droits réservés