Quand les deux frères Drapeau, de Sainte-Praxède, ont voulu se départir de
leur engraissement d’une capacité de 1 500 porcs, c’est à la SCA de Disraeli qu’ils l’ont d’abord offert. « On voulait que ça reste dans la famille [coopérative] », a dit Pierre.




La décision de vendre a été prise à l’automne 2002, alors que le moratoire en production porcine avait été imposé en juin. Inutile de dire que les acheteurs potentiels étaient nombreux. Après 24 ans d’affaires avec leur coopérative, Pierre et Jean estimaient que leur entreprise devait rester dans le réseau. Surtout que la coopérative de Disraeli avait contribué à la mise sur pied de cet élevage. Pendant six ans, les Drapeau ont travaillé à forfait avant de devenir autonomes. Les frères possèdent aussi une ferme laitière de 200 têtes.

En vendant leur élevage porcin, ils voulaient réduire leur charge de travail et se consacrer à leurs vaches. Yves Chagnon, directeur général de Disraeli, était intéressé par l’offre et flatté par cette marque de reconnaissance. « Mais à ce moment-là, nous n’avions pas d’acheteurs, fait-il remarquer. Toutefois, les Drapeau nous ont permis de conclure une entente qui nous donnait suffisamment de temps pour trouver un candidat intéressé parmi nos membres. »

Denis Fortier possédait déjà un engraissement de 2 000 porcs, à Saint-Fortunat. Les revenus de son entreprise n’étant pas suffisants, il devait occuper un emploi à l’extérieur. L’occasion d’acheter l’entreprise des Drapeau tombait à point. « J’allais pouvoir laisser mon travail et me consacrer à l’agriculture comme nous le souhaitions, moi et ma conjointe, Suzanne Parent. »

Les premières modalités de vente étant établies, Denis a pu effectuer certains travaux de rénovation et commencer la production, en février 2003, même si la transaction ne s’effectuerait que quelques mois plus tard. De plus, comme il a quitté son emploi seulement au mois de mars, Pierre s’occupait de l’élevage en attendant qu’il soit totalement disponible. « Les coûts de démarrage ont ainsi été minimisés parce qu’il n’y a pas eu d’arrêt de production », souligne l’acheteur heureux de sa nouvelle situation.


Dans toute cette affaire, Yves Chagnon de la SCA de Disraeli estime que les Drapeau ont vraiment fait preuve d’un esprit de coopération remarquable. En plus de la grande souplesse qu’ils ont démontrée envers la coopérative et l’acheteur pendant tout le processus de vente, ils ont établi des ententes avec Denis pour lui offrir quelques services étant donné la proximité de l’élevage par rapport à leur résidence : entente d’épandage, prêt et installation de leur génératrice quand il y a panne d’électricité et déneigement. « Comme une vente de famille, tout le monde est satisfait et nous on est contents que ça reste dans la coop », conclut Pierre Drapeau.

C’est à juste titre que durant sa rencontre AGREPP, qui se tenait le 12 décembre dernier, la SCA de Disraeli a remis une plaque à Pierre Drapeau pour souligner ses 24 ans de fidélité et de bonne coopération.




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