Le climat de morosité qui touche actuellement l’agriculture a eu des répercussions importantes sur le dernier exercice financier de la Coopérative fédérée, clos le 1er novembre 2003.

En effet, les excédents, de 42,5 millions $ au 31 octobre 2002, ont dégringolé à
26,1 millions $ en 2003. « La diminution de nos excédents résulte de la situation anormalement élevée des stocks mondiaux de viande de porc et de la rapide variation du dollar canadien qui ont eu pour effet de réduire sensiblement les marges brutes de ce secteur », indique le directeur général de l’entreprise, Pierre Gauvreau.



En revanche, les ventes, en hausse de 275 millions $, ont atteint 2,755 milliards $. Une augmentation importante qui provient d’une croissance généralisée des volumes et de hausses de prix pour plusieurs activités des divisions et filiales de l’entreprise.

Malgré la précarité du secteur porcin, la filiale Olymel s.e.c. a tout de même réalisé des ventes de 1,847 milliard $ en 2003, par rapport à 1,690 mil-liard $ pour l’exercice précédent. L’augmentation des ventes de 157 millions $ est attribuable au niveau d’abattage de porcs plus élevé, tant au Québec qu’à Red Deer, de même qu’à la participation dans Aliments Prince, s.e.c. « Dans la volaille, résume le directeur général de la Coopérative fédérée, la réduction de la production canadienne de poulet et de dindon amorcée au cours du premier semestre a créé un effet positif sur les prix, ce qui a permis un raffermissement des marges brutes au cours de notre deuxième semestre de 2003. Dans ce contexte, les résultats du secteur de la volaille se sont améliorés par rapport au dernier exercice. »

Ce revers de la filiale Olymel, qui a amené l’entreprise à prendre des mesures de rationalisation en cours d’exercice, n’a pas empêché les dirigeants de la Coopérative de se réjouir de la performance historique de la Division des pétroles Sonic et de la progression constante des résultats de la Division de l'approvisionnement de la ferme. Une performance qui, soit dit en passant, a contribué à plus que compenser les pertes subies dans le secteur porcin. De plus, grâce à sa fidélité, le réseau des coopératives affiliées a également participé sensiblement à l’atteinte de résultats positifs.

La Division des pétroles Sonic, regroupée officiellement depuis le 1er novembre 2003 avec la Division de l’approvisionnement de la ferme sous le nom Agrofourniture CO-OP/Sonic, a réalisé des ventes de 280 millions $, par rapport à 212 millions $ pour l’exercice précédent. La hausse du chiffre d’affaires et de l’excédent d’opération provient entre autres de l’augmentation des prix de vente reliée directement à des hausses de coûts d’intrants pétroliers, conjuguée à l’augmentation des volumes de vente de l’ordre de 14 %. L’accroissement de volume découle notamment de l’impact des acquisitions des dernières années, du développement avec les coopératives affiliées, ainsi que d’une croissance générale du marché.

La Division de l’approvisionnement de la ferme a pour sa part réalisé des ventes de 632 millions $ pour l’exercice 2003, comparativement à 587 millions $ à l’exercice précédent. La hausse des ventes de 45 millions $ résulte d’une augmentation des volumes dans la majorité de ses secteurs d’activité. La Division a enregistré un excédent légèrement supérieur à celui de l’exercice précédent. Hormis le Service des machines agricoles et les établissements de détail, tous les secteurs de la Division – productions animales, végétales, grains, quincaillerie et matériaux – ont accru leur chiffre d’affaires. La baisse des ventes des établissements de détail ainsi que de leur contribution nette est attribuable au retour à l’autonomie du Centre agricole Coop de la Matapédia en mars 2003 et à celui de Profid’Or en décembre 2001.

« La création de la Division d'agrofourniture CO-OP/Sonic, pour des questions d’efficacité et d’économie d’échelle, vise en outre à dégager plus de synergie entre nos deux secteurs d'activité et à faciliter l'intégration des coopératives dans la distribution de produits pétroliers », exprime le directeur général de la Coopérative fédérée. Dans un même ordre d’idées, les présidents participant au Forum des présidents de la Coopérative fédérée ont initié une vaste réflexion devant conduire à l'optimisation de la fabrication et de la distribution du secteur des productions animales et de la prestation de services-conseils.


Le pouvoir d’agir
« Bien que la crise du secteur porcin soit maintenant chose du passé, assure le président Denis Richard, d'autres périodes difficiles sont à prévoir et notre mouvement devra, plus que jamais, assurer son positionnement dans cet important secteur d’activité. »

« Les effets pervers de la mondia-lisation de l'économie, la concentration des grandes entreprises du secteur agroalimentaire, la baisse des revenus des producteurs, l'endettement à la hausse, la crise de la vache folle, la menace qui pèse sur les systèmes de gestion de l’offre, la réglementation environnementale plus coercitive, le moratoire sur le régime d’investissement coopératif, sont autant d’éléments qui nous interpellent et auxquels nous nous devons de réagir », poursuit le président.

« Bien entendu, les coopératives agricoles du Québec n’entendent pas régler à elles seules tous ces pro-blèmes, mais elles doivent faire partie des solutions à mettre en œuvre, car la clef du succès pour les producteurs et productrices agricoles du Québec et leur coopérative a toujours été leur grande capacité à se concerter et à s'adapter aux changements. »

C’est avec cette vision en tête que la Coopérative fédérée et Agropur ont apporté leur appui indéfectible à la coalition pour un modèle agricole équitable (GO5) qui s’est donnée pour mandat de faire la promotion de la gestion de l'offre dans le cadre de la ronde actuelle de négociations de l’OMC.

La Coopérative a entrepris, au cours du présent exercice, des pourparlers avec l’Union des producteurs agricoles (UPA) visant à leur laisser l’exclusivité de la représentation des producteurs agricoles du Québec au sein de la délégation québécoise à la Fédération canadienne de l’agriculture (FCA).

La même approche a prévalu sur la question environnementale. La Coopérative fédérée a depuis longtemps statué qu'à l'égard des représentations à faire sur la mise en place d'une nouvelle réglementation environnementale, les intérêts de ses membres n'étaient pas différents de ceux de l'ensemble des producteurs agricoles du Québec et que ces derniers ne devaient parler que d'une seule voix. En outre, forte du mandat qui a été confié aux dirigeants de la Coopérative fédérée par l'assemblée générale de ses coopératives sociétaires l'an dernier, la Coopérative fédérée poursuivra ses efforts pour faciliter l'adaptation de ses producteurs membres aux nouvelles règles environnementales.

En ce qui touche le moratoire imposé sur le Régime d'investissement coopératif, la Coopérative fédérée et ses coopératives affiliées se sont mobilisées et ont pris l’initiative de rencontrer les nouveaux élus de leur région afin de leur expliquer la coopération agricole et la problématique spécifique à la capitalisation de celle-ci. « Tant au niveau fédéral que provincial, je crois que les dirigeants en place comprendront les enjeux auxquels nous sommes confrontés », exprime le président.

La valorisation de la profession agricole est également un des axes sur lesquels se penche la Coopérative depuis déjà plusieurs années. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle a récemment entrepris sa cinquième année à titre de commanditaire principal de l’émission Cultivé et bien élevé, diffusée sur les ondes de Télé-Québec et TV5, et participé, à titre de commanditaire important, à la première édition des Journées portes ouvertes sur les fermes du Québec.

« Toutes ces actions ne réussiront peut-être pas à renverser à court terme ce climat de morosité qui pèse sur notre secteur, fait savoir Denis Richard, mais elles illustrent cette
distinction coopérative qui nous permet d’agir sur notre destinée collective et d’être beaucoup plus que des clients satisfaits. L’explosion technologique, les règles environnementales et l’accès aux marchés exigeront de plus en plus des agriculteurs l’appartenance à un réseau capable de les épauler dans leurs tâches quotidiennes et d’assurer le succès de leur entreprise. Ce réseau, nous l’avons déjà. Présent sur l’ensemble du territoire québécois, bien enraciné dans son milieu et totalement dédié à nos intérêts, il représente une solution de rechange souhaitable à l’intégration. Il n’en tient qu’à nous de relever ensemble les défis de demain. »


Le rapport annuel de la Coopérative fédérée est disponible sur le site www.coopfed.qc.ca.




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