Réjean Nadeau, le président-directeur général d’Olymel, a le profil des opérations qu’il dirige. C’est un homme d’action qui possède un sens naturel des affaires et une rapidité à prendre des décisions. Comptant plus de 20 ans à travailler au secteur des viandes de la Coopérative fédérée, il est manifestement l’homme de la situation!

Son père était commerçant d’animaux à Saint-Léon-de-Standon : il élevait du bœuf de boucherie, faisait de l’abattage et exploitait une boucherie à même son épicerie. Réjean a hérité d’un savoir-faire qu’il a adapté à une entreprise de plus grande dimension.

Il est le cadet d’une famille de trois enfants. Il est venu au monde sept ans après son frère Yvon, décédé à l’âge de 30 ans. Sa sœur aînée, Réjeanne, avec qui il entretient une bonne relation, se souvient de lui comme un enfant déterminé : « Dès sa naissance, il s’imposait. Ma mère a dû embaucher une aide pour le bercer la nuit, il se réveillait tout le temps. Déjà, il aimait être dans les bras des femmes », dit-elle en riant.

Il est aussi très près de ses deux enfants, Frédéric et Catherine. Frédéric travaille comme chargé de compte chez Olymel et Catherine est designer à Montréal.

En tant que dernier de la famille, une partie de son destin était déjà tracé : « Il était clair pour mes parents que j’allais faire des études », raconte-t-il. Réjean fait donc son cours classique au collège privé de Lévis, puis complète sa formation à l’Université Laval en relations industrielles.

Depuis le pensionnat, vers l’âge de 12 ans, le gars de la campagne passe ses étés chez sa soeur à Montréal. Marc, son mari, possédait un garage de mécanique automobile et le jeune y travaillait. D’ailleurs, tout le temps de ses études, il a travaillé tour à tour comme aide-mécanicien, cuisinier et chauffeur de camion, et ce, sans jamais compter ses heures. « C’est mon père qui m’a inculqué le sens du travail. »

Fraîchement diplômé, il travaille au ministère de la Justice du Québec, puis aux magasins La Baie. En 1976, il est nommé directeur du personnel à Québec Poultry, une entreprise nouvellement acquise par la Coopérative fédérée de Québec, qui comptait les usines de Saint-Jean-Baptiste, Berthierville, Sainte-Rosalie ainsi qu’une trentaine de fermes d’élevage.

Deux ans plus tard, les activités de Québec Poultry sont fusionnées avec la Division avicole de la Fédérée, qui possédait alors les usines de Marieville et de Saint-Félix-de-Valois. Graduellement, on confie au directeur du personnel d’autres responsabilités du point de vue de la logistique du transport, de l’approvisionnement, de la production et des ventes.

Il n’a que 34 ans, lorsqu’il est nommé directeur général de la Division avicole. Sous sa direction, on acquiert le Groupe Doria Boisjoli, une entreprise d’élevage et de distribution de moulées.

Après avoir longtemps été sollicité, en 1988, il accepte un poste de vice-président de la Division des services alimentaires chez Métro-Richelieu. Il occupe ces fonctions pendant deux ans et devient consultant spécialisé en redressement dans les domaines de la transformation alimentaire, du transport et de la distribution.

Au moment où la Fédérée fait face à des difficultés financières, en 1992, on le reconquiert pour redresser la Division avicole, alors Unival, et qui deviendra Flamingo. En procédant à des changements organisationnels, à une rationalisation des opérations et au redéploiement des stratégies de vente et marketing, il réussit le coup de force.

En 1996, il fait le saut chez Olymel et en 1998, il se retrouve à la tête de Olymel-Flamingo, soit tout le secteur des viandes de la Coopérative fédérée de Québec. Sa mission : intégrer les deux divisions et en tirer la meilleure synergie. Encore une fois, il démontre sa connaissance du secteur, sa rigueur et son savoir-faire.

Passé le cap de l’an 2000, l’heure est aux projets d’expansion. L’achat de Red Deer et la participation dans Aliments Prince ont été des occasions d’affaires qu’Olymel ne pouvait pas laisser passer. « Réjean connaît et analyse très bien l’industrie des viandes, commente Paul Beauchamp, premier vice-président chez Olymel. Il a du flair pour déceler les affaires qui conviennent à l’entreprise, autant pour les occasions d’acquisition que pour des nouveaux produits qu’elle pourrait offrir. » L’acquisition de Red Deer est un exemple de réussite. « Après y avoir importé notre savoir-faire, elle s’avère une des usines les plus efficaces », souligne le président-directeur général.

« Le succès de Réjean vient, entre autres, du fait qu’il sait bien s’entourer », lance Pierre Gauvreau, directeur général de la Coopérative fédérée de Québec. Il sélectionne des gens différents de lui, des choix non traditionnels. Son flair pour les affaires est indéniable et c’est un entrepreneur plus qu’un gestionnaire. »

En négociation, il sait aller chercher le maximum pour conclure une affaire avantageuse pour l’entreprise sans risquer de briser le deal. En plus, les discussions se font toujours de façon agréable. « C’est un plaisir de le voir faire », commente Alain Garneau, directeur du Contentieux à la Coopérative fédérée de Québec.

C’est un homme au franc parler, soulignent la plupart de ses collaborateurs. Les objectifs et les directives sont toujours clairs.

Son ami Jacques Racicot, avec qui il passe beaucoup de temps parce qu’ils habitent la même ville, raconte : « C’est un gars exceptionnel pour son équipe. Quand arrive le temps des Fêtes, il me dit souvent : il faut que je parte, il y a une soirée au bureau et mes employés vont être là. » Il est du genre à faire la tournée de ses installations, à parler à son personnel à qui il porte un grand respect.

« À première vue, il semble froid, mais quand on le connaît mieux, on découvre quelqu’un de chaleureux », décrit Francine Lambert, son adjointe quand il est arrivé à Québec Poultry.

Le chef de la Division des viandes est aussi un homme raffiné. « On peut parler d’art, de littérature et de peinture avec lui », souligne Paul Beauchamp. Il aime la bonne cuisine – il est d’ailleurs bon cuisinier – il apprécie la musique de toutes origines et le bon vin. Mais il a aussi un côté plus rustique. Réjean aime les pick up. Il a ce vieux Dodge Ram des années soixante-dix qu’il a remonté et réparé à plusieurs reprises. Il s’est acheté un Ford neuf récemment, mais pas question de se défaire de son Dodge. « Je pense que le nouveau pick up, c’est pour ménager le vieux », lance Paul Beauchamp en riant.

Particulièrement attaché à la nature et aux animaux, le dirigeant de 53 ans a acquis, il y a quelques années, une ferme à Saint-Paul-d’Abbotsford où il élève une douzaine de vaches pour la production de veaux d’embouche. Son fidèle compagnon, Jules, un chien labrador, saute dans le pick up chaque fois que son maître se rend à la ferme ou à Saint-Léon, sa ville natale.

Il possède également un cheval, Jim, que son ami Robert Bienvenue loge dans son écurie. M. Bienvenue était un des propriétaires de Groupe Olympia au moment où cette entreprise a été acquise par la Coopérative fédérée, et fusionnée avec Turcotte Turmel pour former Olymel.

« Réjean m’avait demandé de remplacer Yvon Mercier, quand ce dernier quittait la vice-présidence des opérations. C’était la première fois que j’avais un patron étranger. Ensemble, nous avons développé une grande complicité. Réjean est exigeant, mais c’est valorisant de travailler pour lui parce qu’il sait reconnaître les qualités et le potentiel d’un individu. »

Sa résidence principale est à Rougemont : une maison centenaire agrémentée d’un grand jardin fleuri. Il a converti la grange en salle de réception. Il y reçoit ses amis et y tient même quelques fois des réunions de bureau.

Denis Tousignant est un ami de longue date. Réjean et lui se sont connus au collège : « On tenait nos surveillants assez occupés. » Il se souvient des nuits passées avec son chum à arroser la patinoire de l’école. Ils apportaient toujours des boissons pour se réchauffer. Après le collège, ils se sont perdus de vue pour se revoir à la porte d’une classe de l’université. Sans le savoir, ils avaient fait le même choix de programme.

Quelques années plus tard, Réjean organise une amicale pour réunir ses amis. Depuis, chaque année au mois d’août, il organise cette fête qui rassemble tous ceux qui comptent pour lui. Il fait la cuisine et reçoit généreusement ses invités.

Le travail à fond de train, les voyages, les rencontres entre amis, Réjean est toujours sur le pied de guerre. Pour soutenir ce rythme effréné, il possède une santé de fer. Quand on lui demande comment ça va, il répond toujours « comme un jeune homme ». Il n’est pas celui qui va au gym pour se tenir en forme. Il est plutôt du genre à demeurer actif en faisant des travaux à la ferme, en marchant, en pratiquant le ski alpin ou la natation. Ceux qui le connaissent bien savent qu’il sait profiter de la vie.

« Il s’amuse aussi fort qu’il travaille », lance Serge Michel, vice-président senior chez Olymel. En fait, il a adopté la devise de ne jamais dire un jour : « J’aurais donc dû. »




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