Ferme collaboratrice de la Coopérative fédérée de Québec, la Ferme Maskita, située en plein cœur de Saint-Hyacinthe, a formé des générations d’étudiants et permis, entre autres, la réalisation de nombreux essais d’alimentation des bovins laitiers. Mais ce n’est pas tout, cette exploitation bientôt centenaire se démarque également par sa productivité, sa profitabilité et la conformation de ses sujets. L’exploitation possède le meilleur troupeau canadien sur le plan de l’indice potentiel génétique en conformation et le 15e pour l’indice de profit à vie.



La Ferme Maskita détient le statut de corporation à but non lucratif depuis 1996. Elle est gérée conjointement par l’Institut de technologie agroalimentaire de Saint-Hyacinthe, le Salon de l’agriculture, le Centre d’insémination artificielle du Québec et la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal. Un conseil d’administration dont les membres sont issus de ces organismes décide des grandes orientations que prendra l’exploitation. Le directeur général, Daniel Lévesque un enseignant de l’ITA, veille au bon fonctionnement de l’exploitation et à la mise en œuvre des politiques décidées par le conseil.

Alain Therrien, agronome, est professeur au programme GEEA (Gestion et exploitation d’entreprises agricoles). Dans le cadre du cours Régie de la santé des bovins laitiers, 50 % des cours sont donnés en classe et 50 % à la ferme.

La Ferme Maskita est également soutenue par la Coopérative fédérée de Québec. La Fédérée procure certains aliments pour le cheptel et réalise divers essais et démonstrations de produits d’alimentation qui contribuent à accroître la santé et la productivité du troupeau. La ferme est aussi disponible à d’autres intervenants ou institutions du milieu agricole. Le Cégep de Saint-Hyacinthe, qui dispense une technique en santé animale, et l’École professionnelle de Saint-Hyacinthe, qui offre un diplôme d’études professionnelles en agriculture, utilisent les installations de la Ferme Maskita pour former leurs étudiants.

« L’enseignement, la recherche et la promotion de l’agriculture constituent les trois piliers de la Ferme Maskita, exprime Marcel Bilodeau, gérant de la ferme depuis 1986. Les étudiants des diverses institutions d’enseignement apprennent la routine journalière d’une exploitation, à traire des vaches, à nourrir les animaux, à les préparer pour des expositions et à leur administrer des soins. En somme, ils mettent en pratique tout ce qu’ils apprennent dans leurs cours et, de plus, ils manifestent un réel plaisir à le faire. » Toutes les données de l’entreprise – productivité, classification, alimentation, coûts de production, croisements génétiques, etc. – sont mises à la disposition des étudiants afin qu’ils puissent effectuer leurs divers travaux académiques. À l’occasion, les étudiants peuvent aussi effectuer certains essais d’alimentation et de régie.

De gauche droite : Simon Mnard, technicien agricole, Mlisa Bahl, Myriam Rivard, Benot Gherardi, Olivier Frigon, Alexandre Barakas, Manuel Pinard, Philippe Lafontaine, Alain Therrien, professeur, et Pierre-Yves Gagnon

Le cheptel de la Ferme Maskita est constitué d’un troupeau de 100 têtes Holstein de race pure, dont 50 vaches en lactation, de 75 brebis et d’une trentaine de bovins de boucherie. Les terres en culture sont constituées de 20 hectares en maïs ensilage et de 20 hectares en luzerne ensilage. Le reste des ingrédients nécessaires à l’alimentation du troupeau provient de l’extérieur. La ration des sujets laitiers est composée d’ensilage de maïs, d’ensilage de luzerne, de foin sec, de grains, de suppléments laitiers, de minéraux et de vitamines. Julien Caron et David Arseneau, respectivement expert-conseil et spécialiste en nutrition des ruminants à la Coopérative fédérée de Québec, sont responsables de la formulation du programme alimentaire du troupeau. La ferme utilise entre autres les produits Bovo XLRMC, les moulées et suppléments de la gamme Goliath et Repr-O-Mega ALCMC.

En plus de Marcel Bilodeau, deux employés à temps plein et deux employés à temps partiel s’occupent des diverses tâches et infrastructures de la ferme : Ginette Lussier est secrétaire, Véronique Proulx et Rick Favreau, tous deux technologues, effectuent diverses tâches – alimentation, traite, entretien. Marcel Belisle se charge du compostage des fumiers et de quelques travaux aux champs. « Cela peu sembler beaucoup pour l’envergure de la ferme, fait remarquer Marcel Bilodeau, mais c’est en raison de la vocation éducative de l’exploitation que nous avons besoin de plus de main-d’œuvre que ne le nécessiterait normalement une entreprise laitière de cette taille. Il faut savoir, également, que la ferme accueille chaque année au-delà de 1 500 visiteurs. »

En plus, les 12 et 13 juillet dernier, la Ferme Maskita a été l’hôte du prestigieux Pique-nique Holstein du Québec. Plus de 7 000 personnes ont alors visité l’entreprise. « Cet événement a eu des retombées très intéressantes pour la vente d’animaux, indique Marcel Bilodeau, et ce, malgré la situation plus que difficile qui prévalait à ce moment-là en raison de la découverte d’un cas de vache folle en Alberta. »

Ferme Maskita
Le meilleur potentiel génétique au Canada


L’exploitation de Saint-Hyacinthe possède le meilleur troupeau canadien sur le plan de l’indice génétique en conformation et le 15e pour l’indice de profit à vie. Une performance plus qu’enviable qui résulte d’un acharnement à hausser la qualité et l’efficacité du troupeau.

L’indice de profit à vie prend en considération à la fois, la santé générale du troupeau, sa conformation et sa productivité. Les critères de productivité comprennent le gras, la protéine et le compte de cellules somatiques. L’évaluation de la conformation, quant à elle, repose sur le système mammaire, les pieds et membres, et la capacité de la vache. La production moyenne du troupeau est de 10 325 kg (3,8 %; 3,3 %) et les MCR se montent à 222-222-231. Ferme Maskita héberge 5 vaches EX, 20 TB, 20 BP et 5B.

Maskita Storm Tiranne TB, 2 ans, classée Excellente, aujourd’hui; Tirannex TB, 2 ans, classée TB88, aujourd’hui; Lys TB87, 2 ans, classée TB89, aujourd’hui; Lize TB, 2 ans, classée TB87, aujourd’hui; Tirannie TB86, 2 ans, classée TB88, aujourd’hui; Liza TB, 1 an, classée TB86, aujourd’hui.
« Ferme Maskita s’efforce d’utiliser les meilleurs taureaux disponibles au Centre d’insémination artificielle du Québec, souligne Sylvain Boyer, technologue et directeur, Groupe ruminants, à la Coopérative fédérée de Québec. Les géniteurs sont sélectionnés, en collaboration avec les experts du CIAQ, tant pour leur productivité que pour leur conformation. De plus, en tant que partenaire de la ferme, le CIAQ recommande régulièrement de jeunes taureaux très prometteurs. »

Depuis plusieurs années, l’exploitation a aussi recours au transfert d’embryons pour accélérer le développement de sujets de haut statut génétique. La moitié des génisses et les vaches de conformation et de productivité moyennes du troupeau seront ou sont utilisées comme porteuses d’embryons.


L’élevage comprend en outre des sujets d’autres familles de vaches qui ont laissé leur marque dans le troupeau. Mentionnons les familles de Mil-R-Mor Roxette, Avon Acres Starbuck Rose et Maskitaa Astre Lise. Enfin, en 2000, six filles du troupeau issues du même taureau (Storm) ont été classées TB à leur première lactation.



L’exploitation n’a pas que des besoins accrus en personnel. « Notre vocation pédagogique fait en sorte que nos besoins en accessoires sont aussi plus nombreux, indique le gérant. Par exemple, une ferme normale ne possède qu’un clipper à vaches, alors que nous, il nous en faut cinq. Même chose pour les garrotmètres, on en a besoin d’au moins huit. »


Commerce et reproduction
Ferme Maskita élève la plupart de ses génisses et n’achète que rarement des sujets. En fait, la ferme est davantage vendeuse qu’acheteuse. Chaque année, l’exploitation commercialise en moyenne une quinzaine de vaches et quelques génisses. L’année dernière, la situation a été fort différente en raison de la crise de la vache folle qui a littéralement jugulé les réseaux de commercialisation. « Ce revers nous a permis en revanche de renforcer certains traits de conformation du troupeau », mentionne Marcel Bilodeau. Au plan de la reproduction, la semence provient, bien entendu, du Centre d’insémination artificielle du Québec situé à quelques centaines de mètres de l’exploitation .

De gauche à droite : Stéphane Jarret, Simon Ménard, technicien agricole, Sébastien Peeters, Caroline Leblanc, Alain Therrien, professeur, Michael Blanchette, Alexandre Méthot, Denise Pilon, Rémy Paquette, Jean-Michel Lareau, François Galarneau, Samuel Quintal, Jean-Luc Larocque.

Plus de 90 % des acheteurs de sujets du troupeau Maskita sont d’anciens étudiants de l’Institut de technologie agroalimentaire. Bien que les principaux acheteurs soient des éleveurs québécois, des commandes proviennent aussi des États-Unis. « On ne fait pratiquement pas de promotion, indique Marcel Bilodeau. C’est encore la bonne vieille méthode de bouche à oreille qui fonctionne le mieux. »

Les revenus découlant de la production de lait et de la vente de sujets permettent de financer l’exploitation, c’est-à-dire de couvrir les dépenses reliées aux salaires et à l’alimentation du cheptel. Le fonds de terre et les bâtiments appartiennent au MAPAQ. Le ministère assume les frais d’entretien des bâtiments, tandis que Ferme Maskita s’occupe du fonds de terre. « Il faut bien comprendre que nous ne sommes pas un centre de profit, souligne le gérant. Notre vocation première, c’est l’éducation. Tant mieux si nos ventes couvrent nos coûts de production. » De plus, certains des profits générés par les activités qu’organise le Salon de l’agriculture sont réinvestis dans la formation et la relève, dont une partie revient à la Ferme Maskita. Enfin, les fumiers de l’exploitation sont compostés et vendus à un grossiste de terre de jardinage de la région de Saint-Hyacinthe.


Un peu d’histoire
Fondée en 1910 par le ministère de l’Agriculture, la ferme a d’abord la mission d’approvisionner en lait l’école de laiterie de Saint-Hyacinthe, l’ancêtre, en quelque sorte, de l’Institut de technologie agroalimentaire. Elle est la proie des flammes en 1949, puis reconstruite l’année suivante.

L’Institut de technologie agroalimentaire de Saint-Hyacinthe voit le jour en 1963. L’ITA, créé par le ministère de l’Agriculture, et la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal utilisent les installations de la ferme pour apprendre aux étudiants les rudiments de la production et de la santé animale. C’est l’ITA qui en assure alors la gestion. En 1970, la ferme change de vocation et devient un centre de recherche en reproduction animale administré, cette fois, par la Faculté de médecine vétérinaire, et ce, jusqu’en 1985. L’ITA, qui en reprend la gestion, se fixe le but d’élever un troupeau de qualité et de faire de cette exploitation un lieu d’enseignement pour répondre aux besoins grandissant du milieu. Des travaux de réfection sont alors apportés aux bâtiments et aux stalles, notamment. Jusqu’en 2002, la ferme fournira le lait utilisé dans le cours sur la transformation des aliments que dispense l’ITA.

Aujourd’hui, enseignement, recherche et promotion de l’agriculture, les trois raisons d’être de la Ferme Maskita, assurent aux étudiants un savoir de haut niveau qui leur permet d’être des intervenants de premier ordre dans l’agriculture et l’agroalimentaire du Québec.




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