Tout comme l’alimentation, l’environnement joue un rôle primordial dans la réussite de la période de transition. Pour limiter l’incidence des désordres métaboliques et assurer une bonne productivité en début de lactation, il faut minimiser le stress au vêlage et maximiser la consommation de matière sèche.




Une partie des problèmes que l’on rencontre au vêlage provient du potentiel génétique élevé des vaches d’aujourd’hui. La norme MCR, qui représente la moyenne par classe de la race, a été établie dans les années 1960 pour mettre sur un même pied la production des taures et des vaches selon la saison de vêlage. À cette époque, la moyenne avait été établie à 100. De nos jours, les troupeaux Holstein du Québec enregistrent des MCR de plus de 210 pour le lait (PATLQ, 2002), soit 2,1 fois plus qu’il y a 40 ans.

Le début de la lactation des vaches est donc beaucoup plus intense qu’à cette époque. Comme la Formule 1 qui atteint 100 km/heure en l’espace de quelques secondes, les vaches passent de 0 à 100 livres de lait en aussi peu que cinq jours. Il y a donc une hausse subite des besoins pour plusieurs nutriments et ils sont beaucoup plus élevés qu’avant le vêlage.

La transition postvêlage
Acidose
Pour combler la hausse soudaine des besoins en nutriments, on serait porté à hausser rapidement la quantité de concentrés servis après le vêlage. Cependant, les risques d’acidose nous guettent. De nombreux articles scientifiques traitant de la fourbure et de l’acidose indiquent que les problèmes d’acidose surviennent principalement durant le premier mois après le vêlage. Des études1,2 révèlent que l’incidence de cette condition est due à une augmentation trop rapide de la quantité de concentrés servis et que les cas de fourbure sont 2,5 fois plus élevés que ce que les producteurs estiment. D’autres données, publiées en 19983, rapportent que la fréquence d’acidose peut parfois se situer à 38 %. Donc, pour éviter l’acidose, il faut augmenter lentement la quantité de concentrés servis.


Acétonémie
Mais si la hausse des concentrés servis n’est pas assez rapide, un autre problème nous guette : l’acétonémie. La vache haute productrice mobilise plus rapidement ses réserves corporelles, ce qui a pour effet d’accroître le taux d’acide gras libre (AGL) et de beta-hydroxybutyrate (BHB) dans son sang. La hausse de ces composés, qui apparaissent maintenant sur les profils métaboliques, fera en sorte que la vache mangera moins, mobilisera plus de réserves et que son organisme déclenchera le cercle vicieux de l’acétonémie.


Les solutions
La protéine
Le foie est un organe essentiel en début de lactation. En plus de filtrer certaines toxines et excès d’éléments traces, il peut fabriquer de l’énergie (du glucose) à partir des acides aminés qui composent les protéines.

Il faut diminuer le plus possible le stress au moment du vêlage.

En 2003, des études ont démontré que les vaches avaient un déficit de 500 grammes de glucose la première semaine de lactation et que les acides aminés servant à fabriquer du glucose contribuaient à diminuer ce déficit de façon importante. Durant les trois premières semaines, les vaches mobilisent trois fois plus de protéines musculaires. Il est donc important qu’elles aient des réserves, de là l’importance du programme TRANSILACMC avant le vêlage. Après le vêlage, on recommande une ration à concentration plus élevée en protéines pour favoriser la synthèse du glucose durant les 21 à 28 premiers jours de la lactation.


La fibre
Il faut aussi surveiller le niveau de fibre efficace dans la ration. Selon le NRC 2001 (National Research Council), la consommation de matière sèche de l’animal après le vêlage n’est pas aussi élevée que l’on pourrait le croire. Avec l’augmentation traditionnelle de 0,5 kg/jour de la quantité de concentrés servis, on surestimait peut-être la consommation de matière sèche pour les vaches de faible poids, ce qui avait pour effet d’augmenter trop rapidement le niveau de concentrés. Le poids de la vache et sa production influenceront de façon importante sa consommation de matière sèche totale. En raison de l’importance de la protéine comme source d’énergie, car elle est moins acidifiante que le grain, il faut d’abord, après le vêlage, augmenter la protéine et ensuite servir les concentrés riches en amidon.


Les minéraux et ingrédients tampons
Comme la quantité de concentrés est restreinte en début de lactation afin d’éviter l’acidose, il ne faut pas oublier les minéraux. Puisque la consommation est limitée, le pourcentage de ces nutriments dans la ration doit aussi être plus élevé. Par exemple, une ration qui ne contient pas suffisamment de calcium après le vêlage peut augmenter l’incidence de l’hypocalcémie et le déplacement de caillette.


Le concept STARTLAIT
Comment concilier tous ces paramètres en même temps?
Le programme STARTLAIT CO-OP permet d’ajuster la ration pour tenir compte de toutes ces variables. STARTLAIT est basé sur les ingrédients déjà présents à la ferme (Pulp-O-Lac, Fortifiant 3/1, C-16 cubes, Supplément couverture) ou encore sur le supplément STARTLAIT si vous utilisez une ration totale mélangée (RTM). Rappelez-vous que même avec une RTM, le pH du rumen fluctue selon les individus.

Grâce à des scénarios qui tiennent compte du nombre de jours en lactation, le programme SYNCHROWIN permettra de déterminer les quantités et les types de concentrés à servir pour les jours critiques du début de lactation, à savoir les jours 3, 10 et 28.

Le supplément STARTLAIT est un supplément appétant qui est adapté aux besoins élevés en protéines, minéraux, ingrédients tampons et fibres digestibles des vaches en début de lactation.


Les recherches CRF
Des recherches effectuées par le réseau Cooperative Research Farms (CRF), ont démontré que les vaches multipares recevant une ration de transition durant une période de 28 jours après le vêlage, ont donné en moyenne 4,3 kg de lait par jour (corrigé à 3,5 %) de plus qu’un groupe de vaches recevant une ration standard (voir la figure).

Puisque des recherches ont démontré que les risques d’acidose conduisant à la fourbure en début de lactation sont plus élevés, et qu’une ration de transition spécifique au premier mois de vêlage hausse la production, il importe d’adapter sa régie et sa stratégie alimentaire pour ce stade de lactation. Le secret : maintenir l’appétit des vaches pour maximiser la consommation de matière sèche.


* L’auteur est spécialiste, Nutrition des ruminants et Recherche et développement de programmes à la Coopérative fédérée de Québec.

 




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