L’influenza aviaire est une maladie infectieuse des oiseaux causée par la souche A du virus de l’influenza (orthomyxovirus). Plusieurs souches du virus circulent : certaines sont faiblement pathogènes (causent peu de signes cliniques); d’autres, hautement pathogènes (signes cliniques sévères). Des mutations de souches faiblement pathogènes vers des souches hautement pathogènes sont possibles.


Porteurs de la maladie (hôtes)
Tous les oiseaux sont sujets à l’infection, malgré que certaines espèces soient plus résistantes que d’autres. Habituellement, les virus d’influenza aviaires n’affectent pas d’autres espèces que les oiseaux et les porcs.

Le premier cas documenté d’infection chez les humains a été découvert à Hong Kong, en 1997. Dix-huit personnes ont été affectées, six sont mortes. Toujours à Hong Kong, en 2003, deux personnes ont été affectées après avoir visité de la parenté en Chine. L’une en est morte. En Hollande, en 2003, un vétérinaire est mort et 83 personnes ont démontré des signes peu sévères de la maladie.

À ce jour, pendant l’épidémie en Asie, au moins 32 personnes ont été affectées au Vietnam et en Thaïlande, 22 sont mortes. Les souches qui ont affecté les humains sont virulentes et les contaminations ont eu lieu à la suite de contacts très étroits avec des oiseaux infectés. Les souches retrouvées aux États-Unis et au Canada sont différentes de celles qui ont affecté les Asiatiques, et comportent peu de risques de transmission aux humains.


Peut-on consommer des produits de volaille sans danger?
Au Québec, on peut manger de la volaille et des produits à base d’œufs sans aucun danger puisque aucun cas de grippe aviaire n’a été signalé. L’Agence canadienne d’inspection des aliments a émis des restrictions d’importation sur la volaille et les produits avicoles non transformés provenant de tous les pays affectés par les éclosions de H5N1, la souche responsable des mortalités au Vietnam et en Thaïlande.

Signes cliniques chez les oiseaux
Les signes de la maladie peuvent varier selon le pouvoir pathogène du virus.
Avec les souches très pathogènes, les signes cliniques sont les suivants :
- Mortalité rapide et élevée;
- Abattement profond avec hérissement des plumes
et perte d’appétit;
- Détresse respiratoire, toux, éternuements, râles et larmoiements;
- Enflure et cyanose de la tête, des barbillons et de la crête;
- Diarrhée verdâtre;
- Signes nerveux;
- Chute de ponte radicale.


Transmission
Par contact direct : un oiseau contaminé en contact avec un oiseau non contaminé;
Par contact indirect : le virus ou du matériel contenant le virus est transporté par des personnes, des animaux domestiques, de la vermine, des oiseaux sauvages, de l’équipement contaminé, etc.


Prévention
Prendre toutes les mesures pour empêcher que le virus entre en contact avec les oiseaux domestiques.
Les oiseaux sauvages, particulièrement les canards et les oies, peuvent transporter et disséminer le virus, et ce, souvent sans présenter de signes de la maladie. Dans plusieurs épisodes, ils ont été identifiés comme la source probable de l’infection. Il faut éviter tout contact entre ces oiseaux et leurs déjections avec de la volaille domestique. Le temps des migrations est particulièrement à risque.
Le contrôle des visiteurs sur les fermes est important : ceux-ci doivent porter des vêtements protecteurs, des bottes, des bonnets, et ils doivent se laver les mains ou appliquer un désinfectant. Les visiteurs qui ont eu accès à un poulailler où les oiseaux étaient atteints d’une maladie contagieuse doivent être interdits d’accès. Les visites non nécessaires doivent être évitées. Le producteur et ses employés ne doivent pas visiter d’autres fermes à moins de respecter les règles précédentes. Les poulaillers doivent être fermés à clé.
Tout équipement provenant d’un autre poulailler doit être décontaminé.
Si la ferme contient plus d’un poulailler, les visites doivent se faire des plus jeunes volailles vers les plus vieilles, et des oiseaux en santé vers les malades. Il est préférable de prévoir des bottes et des vêtements protecteurs pour chaque poulailler. Il faut se laver les mains ou appliquer un désinfectant entre chaque poulailler.
Le contrôle de la vermine, des insectes, des oiseaux sauvages et des animaux domestiques est important : il faut avoir des programmes en place pour empêcher leur introduction dans les poulaillers.


Historique récent de l’influenza aviaire
2002 :
Influenza faiblement pathogène en Virginie, en Caroline du Nord et en Californie
2003 :
Influenza faiblement pathogène au Connecticut
Influenza hautement pathogène en Hollande et en Belgique
Influenza hautement pathogène en Italie
Fin 2003-2004 :
Influenza hautement pathogène en Asie
2004 :
Influenza faiblement pathogène au Delaware, en Pennsylvanie et au New Jersey
Février 2004 :
Influenza hautement pathogène au Texas
Influenza faiblement pathogène en Colombie-Britannique
Mars 2004 :
Influenza faiblement pathogène au Maryland
Influenza hautement pathogène en Colombie-Britannique
Évidence sérologique d’influenza faiblement pathogène en Hollande

Traitement
Il n’existe pas de traitements pour la volaille affectée. Quand un troupeau est atteint par le virus de l’influenza hautement pathogène, il est mis en quarantaine et détruit. Puis tous les troupeaux, dans un rayon de 5 km, sont mis en quarantaine. D’autres mesures de surveillance sont prises pour empêcher la propagation de la maladie. Les marchés d’exportation se ferment.

Cette maladie n’amène que dévastation, il vaut mieux la prévenir. N’hésitez pas à contacter un vétérinaire à la suite de toute mortalité anormale, ou si vos oiseaux présentent des signes cliniques semblables à ceux décrits précédemment.


* L’auteure est responsable de la santé de la volaille à la Coopérative fédérée de Québec.




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