Quand le jeune Jean-Louis Rivard a demandé à sa bien-aimée, Desneiges Richard, ce qu’elle voulait faire dans la vie, elle a répondu sans farfinage : « Je veux marier un agriculteur et travailler avec lui sur la ferme. »

Évelyne, Liette, Louise, Hélène, Desneiges,
Jean-Louis, Vincent, Alain et Aimé.

Desneiges, fille de Conrad Richard et Yvonne Coutu de Saint-Claude dans la MRC de Val-Saint-François, aurait pu choisir un autre métier car elle avait fait des études commerciales : « Je voulais que nos enfants grandissent autour de nous et découvrent notre métier », souligne la femme de grande taille, au regard vif et déterminé.

Quant à Jean-Louis, fils aîné de Rolland Rivard et Simone Pelletier, de Bromptonville, chaque été il prépare sa plus belle génisse pour la présenter au concours des jeunes éleveurs. Une année, il remporte une participation à la Royal Agricultural Winter Fair, à Toronto. Un voyage inoubliable qu’il fait en compagnie d’autres jeunes de la province. Ainsi, quand il s’inscrit à l’école d’agriculture Noé Ponton, à Sherbrooke, deux années d’études sérieuses en pensionnat, il est convaincu de son choix.

Tous deux issus de familles comptant plus de cinq générations d’agriculteurs, Desneiges et Jean-Louis se marient en 1961. Quatre filles et trois garçons naîtront de leur union.

Derrière : Louise, Alain, Liette, Vincent, Hélène Devant : Jean-Louis tenant Évelyne sur ses genoux, Aimé et Desneiges.

Deux mois après le mariage, Jean-Louis achète une terre à Saint-François-Xavier-de-Brompton, à quelques kilomètres de la ferme de son père. D’une superficie de 60 hectares, la propriété comprend une maison, une grange-étable de 23 mètres sur 10 (75 pieds sur 32), un silo en bois, un hangar à machinerie et un petit garage.

Pour débuter, il reçoit de son père 12 vaches, trois taures, deux génisses, 50 poules pondeuses et se procure trois autres vaches d’un voisin. Il devient membre de la SCA de l’Estrie, devenue Coop des Cantons, pour s’approvisionner en intrants et dès l962, il commence à se constituer un troupeau de race pure Holstein.

Au fil du temps, les enfants se font la main. Comme Jean-Louis est fou de mécanique, tous, même les filles, apprennent à manier et réparer la machinerie. « Il a été très patient avec nous », reconnaissent Alain et Aimé.

Après 40 ans et plusieurs constructions, démolitions, agrandissements et acquisitions, l’entreprise laitière, dont la raison sociale est Ferme Ridelo, appartient maintenant à Alain (47 %) et Aimé (51 %).

Quelques-uns des seize petits-enfants de la famille Rivard.

Desneiges et Jean-Louis possèdent encore chacun 1 % des parts.

Pour réussir le transfert, les parents ont invité les enfants intéressés à prendre la relève à suivre le cours de gestion d’entreprise en situation de transfert, offert par le CREA. « On voulait faire les choses comme il faut, expliquent Desneiges et Jean-Louis, et on ne voulait rien oublier. Au CREA, comptable, fiscaliste et psychologue nous ont appuyés et rassurés. »


La part de Desneiges
En plus de travailler à la ferme, Desneiges éduque les enfants en leur transmettant les bonnes valeurs : la communication, le respect, la politesse. Elle discute avec eux, les félicite, les encourage, leur donne des conseils. Les dimanches sont décrétés journées de repos et voués aux activités familiales. La religion tient aussi une place importante dans leur vie. « Une famille qui prie est une famille unie », déclare Desneiges.

L’agricultrice est aussi active auprès d’organisations comme la Croix-Rouge, l’Association
féminine d’éducation et d’action sociale (AFÉAS) et l’église de sa paroisse où elle est notamment catéchète pour aider les jeunes à se préparer pour les sacrements. Desneiges
s’est inspirée de ses parents, des gens très engagés dans la communauté.


Les activités de Jean-Louis
Dès 1962, Jean-Louis accepte le poste de secrétaire au bureau de l’Union catholique des cultivateurs de sa région. Il participe à toutes les manifestations visant l’amélioration de la situation des agriculteurs et en organise aussi plusieurs. Il sera également animateur pour la coopérative laitière de Granby (maintenant Agropur), directeur du Club Holstein de Richmond, conseiller municipal, marguillier et membre du comité d’urbanisation de sa paroisse. Il participe aussi à la plupart des colloques et rencontres d’information pour découvrir de nouvelles techniques de culture, apprendre à mieux gérer la ferme et échanger avec d’autres agriculteurs. « Personne n’est jamais trop outillé pour gérer une entreprise », commente-t-il, en soulignant qu’il a conseillé à tous ses enfants intéressés par l’agriculture de suivre une formation.

Âgé de 66 ans, Jean-Louis est toujours animateur à Agropur. Il est aussi directeur de l’UPA du secteur de Richmond, puis délégué au congrès provincial depuis plusieurs années.


Sept enfants bien orientés
Vincent est l’aîné de la famille. Comme son père, il aime la machinerie. Quand vient le temps de choisir une orientation, il s’inscrit en fabrication mécanique au collège de Sherbrooke et suit une formation en électronique. Maintenant âgé de 41 ans, il est électromécanicen pour la compagnie Plasti-Pak, à Cookshire. Avec sa conjointe France Boutin, ils ont deux garçons : Benjamin et Sacha.

La ferme en 1981.

Alain est un des copropriétaires de la ferme et diplômé du cégep de Victoriaville en gestion d’entreprise agricole. « Les PAEF et l’alimentation animale sont mes forces. » Il est marié à Carole Lamirande et ont six enfants : Leïla, Maïté, Gustave, Gabriel, Jeanne et Vianney. Et la famille n’est peut-être pas complète!

Hélène est religieuse dans la communauté des Filles de Marie, à Lac-Etchemin. Diplômée en comptabilité du collège de Sherbrooke, elle y occupe cette fonction et se dévoue auprès des personnes âgées.

Louise a étudié en phytotechnologie à l’ITA de La Pocatière. Elle est mariée à Denis Lévesque, administrateur à Groupe Dynaco. Propriétaire d’une entreprise laitière à Notre-Dame-du-Mont-Carmel, dans la MRC de Kamouraska, le couple a cinq garçons : Maxime, Jérôme, Félix, Damien et Vallier.

Liette a obtenu un DEC du cégep de Sherbrooke et commencé une formation à l’Université de Sherbrooke avant de changer de cap et de s’inscrire à l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec, à Montréal. Mariée à Sylvain Francoeur, diplômé en électronique, ils sont parents de deux enfants : Audrey et Jeffrey. Ayant délaissé le secteur touristique qui n’offrait que des emplois saisonniers, Liette est maintenant responsable de deux poulaillers de poules pondeuses.

La ferme en 2003.

Aimé est le deuxième copropriétaire de la ferme familiale. Diplômé en production laitière du Centre régional d’initiative et de formation en agriculture de Coaticook et doté de deux attestations liées à la gestion d’une entreprise agricole, il se joint au Syndicat de la relève de l’Estrie, pendant deux ans, comme directeur. Ensuite, il occupe différents emplois, dont le travail en foresterie qu’il fait encore aujourd’hui. En 2003, il forme une société avec Alain pour exploiter l’entreprise familiale.

Portrait de la Ferme Ridelo

• 60 vaches Holstein de race

• 135 hectares (333 acres) de terre, dont 52 hectares en boisé

• Cultures de maïs ensilage,
maïs grain, fourrages, céréales et pâturage

Évelyne, la cadette, est âgée de 20 ans. Elle étudie en design industriel au collège de Sainte-Foy. Bien qu’elle ait toujours aimé la vie à la campagne et les travaux à l’extérieur, des allergies l’empêchent de travailler aux champs comme elle le souhaiterait.

Le respect, la communication, le développement d’une vie intérieure, la formation et l’engagement auprès de la communauté sont les valeurs qu’ont prônées Desneiges et Jean-Louis toute leur vie. Avec ces balises, chacun des enfants a réussi à tracer sa voie, dont quatre l’ont trouvé dans le secteur agricole! À ce jour, seize petits-enfants complètent le tableau de la famille Rivard.




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