Un an et demi après l’arrivée des premières truies chinoises au Québec, Le Coopérateur a rencontré Pierre Veilleux, de la Ferme L’Éveil, multiplicateur pour Sogéporc de la nouvelle génétique porcine du réseau CO-OP. Ce dernier nous livre ses commentaires sur les performances et les comportements de cette affectueuse créature.


D’entrée de jeu, le producteur de Saint-Sébastien, dans la MRC Le Granit, déclare qu’il serait prêt à remplir sa porcherie de truies chinoises, Youli et Youna. Avec raison : les premières portées ont engendré une moyenne de 11,67 porcelets nés vifs par truie (voir Tableau 1); tandis que les deuxièmes portées ont enregistré 12,5 porcelets nés vifs par truie. Les prédictions d’une production annuelle de plus de 30 porcelets sevrés par truie ne relèvent donc pas de la fiction!

En effet, en décembre 2003, des truies Tai Zumu et Youli reçues de Gène +, le réseau de génétique porcine européen dont la Coopérative fédérée est membre, ont été acheminées à la ferme de Pierre Veilleux pour produire la Youna, la truie d’origine chinoise maintenant commer-cialisée par le réseau. « Pour faire la reproduction de cette génétique prometteuse, explique Claude Choinière, coordonnateur à Sogéporc, il fallait, d’une part, un élevage à statut sanitaire très élevé et, d’autre part, un éleveur possédant un sens de l’observation remarquable. À la ferme de Pierre Veilleux, on retrouvait ces deux exigences. »


TABLEAU 1


Bien que nous appelions familièrement cette nouvelle lignée génétique, la truie chinoise, Claude Choinière tient à rappeler qu’elles sont issues du croisement d’une truie de race chinoise avec des verrats français hyperprolifiques.

En termes plus justes, nous devrions l’appeler la lignée sino-européenne.


Constatations du producteur
Le caractère maternel qu’on attribue à ces truies s’est clairement manifesté à la Ferme L’Éveil : Pierre n’a jamais eu à les assister en mise bas. « La plupart des truies ont cochonné la nuit. J’arrivais le matin, les porcelets étaient nés, et tout s’était déroulé sans problème. » Selon les statistiques de Gène +, très représentatives parce qu’elles ont été recueillies sur près de 1 000 portées, 95 % des mises bas de la lignée sino-européenne ne nécessitent aucune intervention (voir Tableau 2).

Pierre a aussi observé qu’à la naissance, les porcelets sont plus petits que ceux des truies Alfa +. « Par contre, a-t-il ajouté, ils prennent plus rapidement du poids, et sont aussi lourds au sevrage que les porcs nés de truies Alfa +. En plus, si je ne forçais pas les cochettes à se lever, je crois qu’elles resteraient étendues, dévouées à leurs porcelets, pendant toute une semaine. » La Youna démontre ainsi sa grande capacité à produire du lait, commente Jean-François Blais, expert-conseil de la Ferme L’Éveil, sur le territoire de la SCA de Disraéli. En fait, elle porte bien son nom, ajoute-t-il, Youna signifiant abondance de lait en chinois.


TABLEAU 2


Par ailleurs, le producteur est fasciné par l’attention qu’elles portent à leurs petits. « C’est drôle de les voir faire, raconte-t-il. Pour se coucher, elles se placent d’abord à genoux pour s’assurer qu’aucun bébé ne se trouve sous elles, puis elles s’étendent. Leurs mouvements ne sont jamais brusques. » De fait, jusqu’à maintenant, aucune des truies chinoises n’a écrasé ses porcelets chez les Veilleux.

Autre observation notable, les signes précurseurs du début des chaleurs sont beaucoup plus visibles que chez les truies Alfa +. « Durant cette période, elles tournent autour de nous et se frottent même sur nos vêtements », explique Pierre en riant. En plus, les premières chaleurs des Youna sont plus hâtives : « Elles se manifestent environ un mois plus tôt par rapport à nos truies. »

« Sogéporc a déjà distribué des cochettes Youna à quelques éleveurs, dont au CQEPP, le Centre québécois d’expertise en production porcine, à La Pocatière, confirme Claude Choinière. Grâce à l’excellent programme de sélection qu’a utilisé Gène +, nous sommes en avance de deux ans sur tous les autres schémas génétiques. »

Au Québec, le transfert d’embryon réussi en début de 2003 a permis d’établir deux troupeaux de sélection de qualité exemplaire. « En 2004, nous raffinerons et adapterons nos programmes de régie et d’alimentation à cette nouvelle créature », indique le coordonnateur à Sogéporc. De la sorte, lorsque vous recevrez vos premières Youna, vous aurez tous les outils en main pour l’apprécier.

Les gens de Sogéporc sont tellement fiers de cette nouvelle génétique qu’ils lui ont dédié ce slogan : « La Youna, la F1 de la génétique porcine.




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