Avec l’endettement des fermes laitières et l’augmentation de la taille des troupeaux, tous les moyens sont bons pour rentabiliser au maximum votre entreprise.


Choisir méticuleusement ses investissements
Avant de faire des investissements majeurs qui auront des répercussions sur plusieurs années, posez-vous quelques questions : Quels sont mes objectifs à long terme? Est-ce que j’investis dans un actif productif ou improductif? Si j’investis dans un actif improductif, est-il limitatif sur ma ferme (ex. : la capacité de la fosse)? S’il n’est pas limitatif, est-il vraiment nécessaire? Ma machinerie est-elle toute essentielle? Quel en sera l’impact sur les liquidités et sur la rentabilité de ma ferme? Les achats impulsifs sont habituellement les pires investissements que vous puissiez faire, alors prenez le temps de remettre en question chacun de vos investissements.


Soyez patient et « opportuniste »
Il y a deux ans, quand le quota valait 31 000 $, qui aurait dit qu’il redescendrait à moins de 26 000 $. La différence ne paraît pas importante. Pourtant, cette diminution fait en sorte que le délai de récupération de l’achat de quota diminue d’environ 4 ans pour passer de 18 à 14 ans, selon les scénarios étudiés.

Les experts-conseils du réseau CO-OP disposent d’un logiciel appelé Optilait qui permet de préparer des budgets, de simuler différents investissements sur la ferme et d’en évaluer les conséquences. Alors, à vous de l’utiliser, car mieux vaut prévenir que guérir.


Le taux de réforme des vaches
Il s’agit d’un élément sous-évalué et qui a l’effet pervers de se retrouver dans plus d’un poste de dépense de vos états financiers. L’impact est alors difficile à visualiser. Commencez d’abord par calculer combien coûte l’élevage d’une taure sur votre entreprise.

Valeur de vos génisses à la naissance en fonction de leur potentiel génétique : 500 à 600 $.
Alimentation : 1 000 à 1 100 $
Vétérinaire : 50 $
Insémination : 74 $
Votre main-d’œuvre : 100 $
Litière : 100 $
Autres frais variables?  
Devez-vous louer un bâtiment?  
Votre élevage nécessite-t-il de la main-d'œuvre supplémentaire?  


On s’aperçoit alors vite qu’une taure au vêlage nous a coûté un peu plus de 2 100 $, et ce, en calculant que toutes les taures entreront en production, ce qui n’est pas toujours le cas.
Pour ce qui est des coûts de réforme, prenons maintenant l’exemple suivant : un producteur possédant 65 vaches, qui diminue son taux de réforme de 35 à 30 %, se défait de 3,25 vaches de moins par année. En se basant sur un prix de vente d’une vache de réforme de 0,40 $/livre, une vache de 1 300 livres rapporte 520 $ (1 300 livres x 0,40 $/livre). Chaque vache réformée coûte donc 1 580 $ (2 100 $ - 520 $). À 0,18 $/livre, le coût grimpe à 1 866 $ par vache. Ainsi, une diminution de 5 % du taux de réforme permet une économie de 5 135 $/an à 0,40 $/livre (1 580 $ x 3,25 vaches), et de 6 065 $/an à 0,18 $/livre (1 866 $ x 3,25 vaches).

Une saisie d’écran du logiciel Optilait.
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Deux choses sont à retenir. D’abord, évaluez le coût d’élevage de vos taures; vous pourriez être surpris. Ensuite, demandez-vous si toutes vos réformes sont justifiées, et ce, en gardant à l’esprit que l’avantage économique des longues productrices est important.

Si vous avez l’habitude d’élever toutes vos génisses et de les vendre pour la production, assurez-vous de bien couvrir vos frais, incluant votre travail. Il en coûte sensiblement la même chose d’élever une taure qui produira 7 500 kg de lait/an ou 10 000 kg de lait/an. Cependant, son coût d’élevage sera amorti sur un volume de lait beaucoup plus important.


Les composants du lait
Le prix du lait payé à l’hectolitre ne signifie pas systématiquement un revenu net plus élevé à la fin de l’année. De même, un coût d’alimentation plus bas à l’hectolitre n’entraîne pas nécessairement de meilleurs résultats financiers. Rappelez-vous que le facteur limitant sur votre ferme, c’est le quota de production. Il est donc normal de vouloir maximiser chaque kilo de quota plutôt que de rentabiliser chaque hectolitre. Par exemple, un producteur dont le troupeau a un taux de gras plus élevé obtiendra un prix plus élevé à l’hectolitre. Cependant, il aura droit de produire moins d’hectolitres, ce qui pourrait lui rapporter moins d’argent à la fin de l’année. Mentionnons également qu’un taux de protéine du lait plus élevé nécessite généralement une alimentation plus coûteuse, mais qui peut se justifier sur le plan économique. Alors, faites le calcul. Évaluez le revenu de la vente de lait d’un kilo de quota et soustrayez les frais d’alimentation des vaches pour le nombre d’hectolitres correspondant. En supposant plusieurs scénarios, vous saurez vite si votre stratégie de production est payante. Dans plusieurs cas, l’ajustement de l’alimentation et des composants peut améliorer vos états financiers de quelques milliers de dollars. Les experts-conseils CO-OP disposent d’outils tels que Optilait pour vous permettre de peaufiner votre stratégie de production.


La productivité des vaches
Voilà un point particulièrement intéressant à améliorer et qui aura un impact direct sur la rentabilité de votre ferme. N’oubliez pas que les frais fixes sont pratiquement les mêmes peu importe le niveau de production de vos vaches. De plus, un sondage effectué par le réseau CO-OP en 2000, auprès d’éleveurs dont le troupeau produisait plus de 10 000 kilos de lait/vache, a clairement démontré que le temps de travail par vache est sensiblement le même peu importe le niveau de production des vaches. Enfin, sachant que le taux de gras diminue habituellement avec l’augmentation de la production laitière, vous pouvez maximiser chacun de vos kilos de quota. Les frais d’alimentation ont aussi tendance à diminuer avec l’augmentation du niveau de production des vaches. Si votre régie de troupeau le permet, vous constaterez rapidement que « acheter son lait » n’est qu’un mythe.


La qualité des fourrages
La qualité des fourrages est l’élément clé de votre stratégie d’alimentation. Outre l’aspect nutritionnel, la qualité des fourrages influence directement la quantité de concentrés nécessaires à acheter ou à produire. De plus, la différence de coût de production entre de jeunes fourrages de qualité et des fourrages matures est souvent minime. Ce facteur, trop souvent pris à la légère, influence directement, et plus que vous ne le croyez, votre coût d’alimentation. Par exemple, pour une vache qui consomme 11 kg de matières sèches de fourrages par jour, une variation à la baisse de 1 % du taux de protéine des fourrages devra être comblée par un apport de 0,25 kg (250 grammes) de supplément de plus par jour. À 500 $ la tonne de supplément, cela représente un coût d’alimentation de 0,125 $ (12,5 cents) de plus par jour par vache. Pour un troupeau de 50 vaches, cela représente 1 906 $ par année. Donc, chaque fois que vous améliorez de 1 % le taux de protéine de vos fourrages, vous économisez 1 906 $, et ce, sans compter l’impact sur les animaux de remplacement. Ainsi, des fourrages à 16 % de protéine plutôt qu’à 13 % vous permettent d’économiser 5 718 $ par année (3 % x 1 906 $) pour l’alimentation des vaches en lactation seulement. Alors, avant de blâmer votre coût d’alimentation, posez-vous la question : pourrais-je faire de meilleurs fourrages?

En somme, on néglige trop souvent des petits points de régie qui font toute la différence à la fin de l’année. Alors, pour une visite heureuse chez le comptable, n’hésitez pas à consulter votre expert-conseil. Qu’il s’agisse de préparer des budgets, de valider des scénarios d’investissements ou encore d’évaluer une stratégie de production, il dispose d’une panoplie d’outils, dont Optilait, pour vous aider à améliorer la rentabilité de votre ferme. Alors, pourquoi ne pas revoir vos façons de faire afin d’aller chercher tout le potentiel de votre entreprise?


* L’auteur est représentant technico-économique au Secteur des productions animales de la Coopérative fédérée de Québec.




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