De nombreux concours sont organisés à l’intention des éleveurs pour honorer la production, la conformation ou toute autre performance mesurable. En adoptant de bonnes pratiques – régie, alimentation, reproduction – vous pourriez aussi figurer sur le podium.


Ces concours visent tous les mêmes objectifs : établir des comparaisons entre les participants et faire ressortir les meilleurs résultats. Le concours FUTURITÉ MISS GOLIATH CO-OP en est un bel exemple. Organisé par la Coopérative fédérée de Québec depuis 2000, ce concours met l’accent sur les performances de croissance des génisses d’élevage et la production de lait au premier veau. Pourquoi un concours de cette nature? Parce qu’il est prouvé qu’un vêlage hâtif, au poids et à hauteur désirés pour chacune des races, sera rentable malgré un coût d’élevage pouvant être légèrement supérieur. En d’autres mots : plus une taure entre en production rapidement, plus vite elle rapporte et meilleure sera sa production à vie.

Le concours compte deux catégories : MISS GOLIATH, où l’on donne un indice de développement aux génisses à l’âge de 6 mois, et FUTURITÉ, où l’on donne aussi un indice de développement au vêlage en plus de tenir compte de la production sur la base des MCR après 100 jours en lait.

Pourquoi tous ces concours? À quoi bon participer alors qu’on sait très bien que nos chances de remporter une première place sont à peu près nulles? En effet, lorsqu’on s’attarde aux meilleures performances du passé, on constate qu’elles seront difficiles à battre. Par exemple, la grande gagnante du concours FUTURITÉ en 2002 était la Ferme Syma, de Sainte-Élizabeth, près de Berthierville, qui, avec une fille de Rudolph, a raflé les honneurs à l’échelle provinciale (Photo page 40). Cette « super » vache a produit plus de 19 000 kg à sa première lactation, ce qui lui a également valu le titre de Championne canadienne en production. De tels résultats sont un peu exceptionnels, quoiqu’ils puissent être obtenus par n’importe qui, à condition d’y travailler un peu. Au fond, on fait nous-mêmes notre chance...

Comme un athlète qui s’inscrit à une compétition, le but de tout éleveur devrait être de se surpasser, de s’améliorer, de se comparer aux autres ou encore d’apprendre, tout simplement. Apprendre des techniques ou des trucs qui feront de chacun de meilleurs éleveurs. Par exemple, quoi de mieux pour se surpasser que de participer aux expositions. Et sur le plan de la production, c’est la même chose. Alors qu’il y a dix ans, la majorité des éleveurs croyaient qu’une production moyenne de 10 000 kg de lait était inatteignable, force est d’admettre que cet objectif est maintenant à la portée de tous. Avec la génétique, la régie et les programmes alimentaires qui s’améliorent sans cesse, les limites de productivité sont constamment repoussées.


Génisses en herbe
Les concours de génisses sont accessibles à tous – jeunes et moins jeunes, propriétaires de troupeau enregistré depuis plusieurs générations, nouveaux éleveurs – ce qui importe, c’est de bien suivre vos bêtes. Le concours FUTURITÉ MISS GOLIATH est une belle occasion de se prouver, année après année, qu’on peut atteindre des objectifs de plus en plus élevés. Après tout, il suffit, pour se démarquer, d’une seule bête qui sorte de l’ordinaire. Par exemple, dans le cadre de l’édition 2003 du concours, la ferme RM Huot, de Sainte-Martine, a obtenu la troisième position Miss Goliath avec Huot Lheros Macha qui, à 6 mois, mesurait 127 cm au garrot et pesait 287 kg.



Un croisement avec un taureau fort en taille et stature améliore généralement de beaucoup les performances, ou du moins le potentiel de croissance. Il suffit alors de prodiguer les soins nécessaires (régie, alimentation) pour obtenir le maximum de résultats. Même si la régie et l’alimentation ne feront pas croître un animal au-delà de son potentiel génétique, elles permettront d’atteindre les objectifs plus rapidement. Ne croyez surtout pas que ce sont toujours les mêmes qui gagnent. Vous pouvez, vous aussi, servir les meilleurs aliments, suivre la meilleure régie et utiliser les meilleurs taureaux. C’est une question de choix qui repose, entre autres, sur les objectifs qu’on se fixe.

Les deux premières positions du concours FUTURITÉ MISS GOLIATH 2003 ont été décrochées par la Ferme Arla, de Saint-Césaire. Les propriétaires, Conrad Riendeau et ses deux fils, nommés Maîtres Éleveurs par l’Association Holstein Canada en 2003, avaient en effet les deux génisses qui alliaient les meilleurs indices de poids et de hauteur de la catégorie. La Ferme Arla a aussi terminé deuxième dans la catégorie FUTURITÉ et, par le fait même, remporté la banniÈre du meilleur éleveur du concours qui honore la qualité de l’élevage des jeunes génisses et des taures au premier vêlage. Pas étonnant, direz-vous. La famille Riendeau est reconnue pour la haute production de son troupeau depuis déjà plusieurs années. Les Riendeau sélectionnent pour obtenir des bêtes de capacité et de charpente très fortes. Cela permet une ingestion élevée de matières sèches qui fourniront tous les nutriments nécessaires à une forte production.



D’autres éleveurs se sont aussi distingués. La Ferme Roy et fils, de Sully, est propriétaire de Royale Sylvester Lolita, la meilleure FUTURITÉ 2003 (Photo page 40). Cette taure Ayrshire, qui a vêlé à 23,7 mois, au poids de 640 kg et à une hauteur au garrot de 142 cm, a produit plus de 9 800 kg de lait pour des MCR de 340-345-360. Elle affichait ainsi le 7e indice de développement et le 2e indice de production de sa catégorie. Au troisième rang de cette classe, on retrouvait une fille de Mason, de la Ferme Desgauthiers St-Léonard, de Saint-Léonard de Portneuf, avec un poids de 870 kg à 25 mois, des MCR en lait, gras et protéine totalisant 909 points et une production de plus de 11 700 kg de lait. Toutes ces bêtes n’affichent pas qu’une forte production, mais aussi un poids et une hauteur élevés pour leur âge.

Selon le rapport annuel du PATLQ de 2002, plus le poids au premier vêlage est élevé, plus la production sera élevée. On mentionne, en outre, que si on atteint ce poids élevé en bas âge, la production à vie sera meilleure. Ces données apparaissent au tableau de la page 39. En comparaison avec la moyenne provinciale, les troupeaux dont les sujets vêlent à 24 mois à un poids supérieur à 580 kg produisent, annuellement, 510 kg de lait de plus, pour les primipares, et 774 kg de lait de plus pour l’ensemble du troupeau. Ainsi, les troupeaux, dont les sujets affichent au premier vêlage le poids et l’âge recommandés, récoltent un revenu supérieur de 383 $ par vache. Pour un troupeau produisant 3 600 hl de lait (40 vaches à 9 000 kg/an), cela représente une augmentation du revenu net de 2 700 $ par année par rapport à la moyenne. Et si la production du troupeau augmente au-delà de 10 000 kg, la différence s’accentue encore plus. C’est pour ces raisons qu’un suivi d’élevage auprès de vos génisses ne peut que vous être bénéfique. Votre expert-conseil peut vous aider à simuler un scénario d’amélioration sur le plan économique à l’aide du logiciel Optilait.

Pour le réseau CO-OP, un concours comme FUTURITÉ MISS GOLIATH se veut un moyen pour motiver les éleveurs à améliorer les performances d’élevage et, pour les experts-conseils, une raison de plus pour vous aider à prendre bien soin de vos génisses.


* L’auteur est directeur, Groupe Ruminants, au Secteur des productions animales de la Coopérative fédérée de Québec.




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