Depuis plus de dix ans, la Coopérative fédérée de Québec et ses coopératives affiliées sont actives en agroenvironnement, et ce, sur plusieurs plans. Toutefois, leurs actions sont rarement citées et lorsqu’elles le sont, c’est souvent pour mettre en doute leur objectivité. Nous avons décidé de remettre les pendules à l’heure, en vous citant quelques-unes de leurs réalisations, pour redonner crédit aux coopératives, aux experts-conseils, et à tous ceux du réseau dont les actions et les efforts de sensibilisation en agroenvironnement sont souvent passés sous silence.



Les pratiques culturales
En matière de pratiques culturales, les réalisations du réseau CO-OP sont nombreuses et fort diversifiées. En voici les faits saillants :

Recommandations de fractionnement de l’azote pour une fertilisation mieux adaptée aux besoins de la culture tout au long de la saison de croissance de manière à réduire les pertes de nitrate vers les eaux souterraines;
Sensibilisation aux bonnes pratiques, tels le semis direct, les engrais verts, etc.
Distribution aux producteurs agricoles de carnets pour garder un historique des champs et faciliter la tenue d’un registre d’épandage des engrais de ferme, lequel est essentiel pour l’évaluation des rejets réels;
Distribution de semences biologiques et d’engrais verts;
Améliorations importantes apportées au logiciel de ferti-lisation du réseau pour la réalisation de PAEF et de programmes de culture, de même que pour le suivi et l’historique des champs;
Création constante d’outils pour supporter le travail des experts-conseils en agroenvironnement auprès des producteurs agricoles;
Service d’application à forfait des pesticides offert par certaines coopératives pour en faire une gestion plus rationnelle grâce à l’optimisation des quantités épandues et pour une meilleure gestion des contenants vides et pesticides inutilisés ou périmés;
Développement de l’agriculture de précision;
Réalisation d’un projet d’application de lisier à taux variable pour en équilibrer l’apport avec les besoins des cultures et assurer le respect des zones de restriction d’épandage (ex. : puits);
Développement et commercialisation de l’Hyper P. Cet engrais organo-minéral est une source de phosphore plus disponible pour la plante, réduisant ainsi les risques de perte dans l’environnement.

La régie d’élevage
Les programmes alimentaires pour porcs développés par la Coopérative fédérée de Québec enregistrent les plus faibles rejets de phosphore de l’industrie. Les efforts déployés en génétique et en alimentation (ajout de phytase dans les moulées et alimentation multiphase) ont permis, en dix ans, de réduire de 58 % les rejets en phosphore.

Les autres productions ont également emboîté le pas en réduisant les quantités de phosphore dans les moulées, tout en s’assurant de répondre aux besoins alimentaires de chacune des espèces animales.

Depuis plusieurs années, la Coopérative fédérée de Québec démontre son engagement face au traitement des fumiers, grâce à une veille technologique et à l’évaluation technico-économique de plusieurs procédés de traitement. En collaboration avec certaines coopératives, la Coopérative fédérée s’est engagée dans l’implantation de procédés de traitement à la ferme et dans la réalisation d’essais à la ferme de technologies de traitement et de valo-risation des biosolides.


Efforts de sensibilisation
La sensibilisation aux bonnes pratiques environnementales s’est faite, entre autres, à travers la chronique Environnement du Coopérateur agricole sur les sujets suivants : haies brise-vent, engrais verts, gestion des fumiers, recouvrement des structures d’entreposage, traitement des lisiers, gestion des odeurs, etc.

Elle s’est aussi exprimée par la participation active de la Coopérative fédérée et des coopératives affiliées aux consultations du BAPE sur le développement durable de la production porcine.

Enfin, un sondage interne agroenvironnemental a été réalisé afin de mieux cibler les actions et les efforts en agroenvironnement. Soixante pour cent des fermes porcines du réseau ont répondu à ce sondage.


Services-conseils en agroenvironnement
Depuis 1997, plusieurs coopératives se sont dotées d’un service en agroenvironnement complémentaire à leurs autres activités. Cette démarche s’inscrivait dans la mission même des coopératives : répondre aux besoins de leurs membres. Les experts-conseils en agroenvironnement des coopératives accompagnent les producteurs membres dans le processus de conformité environnementale et de développement durable.

Les experts-conseils en agroenvironnement du réseau profitent de support technique et d’une formation continue en fertilisation, gestion des fumiers, pratiques agricoles respectueuses de l’environnement, réglementation agricole et environnementale, régie d’élevage, etc. De plus, ils reçoivent constamment de nouveaux outils pour améliorer la qualité des services offerts aux producteurs.

Le service en agroenvironnement des coopératives travaille étroitement avec les experts-conseils des secteurs laitier, végétal, porcin, avicole et agriculture de précision. Cette synergie assure aux producteurs des conseils qui tiennent compte de la ferme dans son ensemble. Par ailleurs, les agronomes et technologues du réseau sont liés par un code d’éthique au même titre que tous ceux œuvrant pour d’autres organisations. Leurs services-conseils sont donc en règle avec les normes environnementales et conformes aux pratiques agronomiques reconnues.

Avec plus de 40 coopératives ayant réalisé près de 3 000 PAEF, sans compter une gamme étendue de services offerts en agroenvironnement ainsi que des solutions apportées à certaines problématiques environnementales, on doit reconnaître l’engagement et la contribution du réseau coopératif en matière d’agroenvironnement. En somme, le virage environnemental du monde agricole ne sera un succès qu’avec la participation de tous les intervenants.

En plus de réaliser des plans agroenvironnementaux de fertilisation (PAEF), des bilans de phosphore, des avis de projet et des demandes de certificats d’autorisation, les coopératives offrant un service en agroenvironnement proposent souvent une panoplie de services connexes qui varient d’une coopérative à l’autre :

• Intégration des recommandations de plan agroenvironnemental
de valorisation (PAEV) au PAEF;
• Prise d’échantillons de sol1 et de lisier;
• Tenue de banques de receveurs;
• Réalisation de bilans alimentaires pour valider les rejets réels;
• Élaboration de plans de ferme géoréférencés en collaboration avec l’équipe du Centre d’expertise en agriculture de précision de la Coopérative fédérée de Québec (PASSION);
• Suivi des champs, dépistage des mauvaises herbes, en collaboration avec les experts-conseils en productions végétales;
• Formation et sensibilisation environnementales auprès
des producteurs :
- Démystification réglementaire;
- Vulgarisation, par l’entremise d’articles dans Le Coopérateur ou de journées de producteurs, de la gestion des engrais organiques, des pratiques de conservation des sols, etc.
• Et depuis tout récemment, réalisation de plans d’accompagnement en agroenvironnement (PAA).

1. Le laboratoire de la Coopérative fédérée de Québec est le premier laboratoire accrédité pour les analyses de sols selon le PALAA – Programme d’accréditation des laboratoires d’analyse agricole. Cette accréditation est attribuée par le CEAEQ – Centre d’expertise en analyse environnementale du Québec.


* L’auteure est conseillère en agroenvironnement à la Coopérative fédérée de Québec.




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