Troisième coopérative d’approvisionnement du réseau, sur le plan du chiffre d’affaires, Unicoop, coopérative agricole a connu un passage vers le troisième millénaire plutôt difficile. D’importants investissements dans les infrastructures réalisés au cours des années 1996 à 1999 ont jeté l’entreprise dans un gouffre financier dont elle vient à peine de s’extirper.

Pas moins de 20 millions $ sont investis au cours de cette brève période. L’entreprise développe alors un important réseau de production porcine par l’entremise de ses propres fermes et de fermes à forfait. Du même souffle, elle investit massivement dans la rénovation de sa meunerie de Saint-Anselme pour en faire une infrastructure ultra-moderne à haute capacité. Elle donne également de l’ampleur à sa Division machines agricoles par l’acquisition d’un quatrième garage et la hausse importante des inventaires pour mousser les ventes. Enfin, Unicoop collabore à la mise sur pied d’une usine de trituration de canola et de soya.

Gaétan Roger, directeur général, en poste depuis 1999 : « Considérant le contexte difficile dans lequel la coopérative et ses usagers ont évolué au cours de la dernière année, nous sommes fiers des résultats de notre dernier exercice. »

« Individuellement, ces investissements étaient justifiés », indique Gaétan Roger, le directeur général de la coopérative. Mais pris d’une seule bouchée, ils sont trop difficiles à digérer. Résultat : la coopérative s’en trouve lourdement endettée. Une partie importante des dettes provient de la production porcine. Les perspectives de marchés de ce secteur, très prometteuses à l’époque, s’avèrent finalement plutôt frileuses. Soulignons que la Division porcine et avicole accapare à elle seule 60 % du chiffre d’affaires de l’entreprise.

Entre 1996 et 1999, les actifs grimpent de 60 % pour atteindre 54 millions $. Même si les ventes progressent – 65 millions $ en 1994, 80 millions $ en 1996 et 89 millions $ en 1999 – elles ne suffisent pas à renflouer les comptes.


Changement de cap
Pour remédier à la situation, Gaétan Roger prend la barre du navire à la direction générale en 1999. Avec Alain Larochelle, nouvellement nommé président, et le conseil d’administration, ils se donnent pour mandat, à l’hiver 2000, de remettre ce fleuron du monde agricole sur les rails. « Tous ont été entièrement dévoués à la cause, souligne Alain Larochelle. Ensemble, nous avons revu le plan d’affaires de fond en comble et des mesures de rationalisation ont été mises de l’avant. » Le plan d’action, qui prévoit une baisse importante de la dette, passe par une réduction des actifs et l’amélioration de l’efficacité des opérations et, particulièrement des fermes.

Les investissements réalisés en 2004 ont touché l’augmentation de la capacité de réception du centre de grains afin d’améliorer le service en période de récolte.

Le coup de barre que l’on assène est sérieux : vente de porcheries, renouvellement des contrats de production de porc à forfait avec les éleveurs les plus efficaces, liquidation de Les Produits T.C.S. inc., réduction d’inventaire dans tous les secteurs, privatisation de la flotte de camions, ralentissement des investissements dans les immobilisations. « Mais rien de tout cela ne s’est fait de façon précipitée, indique Gaétan Roger. Avant de prendre une
décision, chaque secteur a été scruté à la loupe et les employés ont été informés de la moindre démarche. Nous n’avons à peu près pas fait de mises à pied. »

Les effets se font sentir rapidement. Après avoir atteint des ventes de près de 100 millions $ en 2001, accompagnées d’une perte de 1,8 million $, l’entreprise reprend du poil de la bête. Les ventes baissent légèrement (96 millions $ en 2002, 95 millions $ en 2003), mais les trop-perçus montent en flèche (950 000 $ en 2002, 1,7 million $ en 2003).

Le délestage de fermes porcines et de Les Produits T.C.S. inc. contribue à réduire les actifs de 54 millions $ en 1999 à 43 millions $ au cours de l’exercice 2002-2003. Alors que l’avoir net n’est que de 22 % en 2000, l’entreprise parvient, à la clôture de l’exercice 2003, soit un an plutôt que prévu, à le hausser à 30 %, un niveau inégalé au cours des dix dernières années. Par la voie de la plus récente édition du journal Unidée, adressée aux membres, clients et employés de l’entreprise, Alain Larochelle mentionnait qu’après six mois d’opération du présent exercice, les résultats financiers de la coopérative dépassaient sensiblement les prévisions.

Mais ce redressement ne s’est pas fait sans aide. Les dirigeants de la coopérative ont mobilisé les employés à une cause commune et travaillé largement avec les services-conseils de La Coop fédérée, sous la houlette de Gilles Denette.


L’avenir
La coopérative se fixe plusieurs objectifs : atteindre d’ici dix ans un avoir net entre 40 et 45 %, dégager un trop-perçu annuel de 0,75 à 1,5 %, pour assurer son développement, et accroître les ventes à même sa structure actuelle afin de se positionner comme l’une des coopératives les plus performantes du réseau et de contribuer au succès financier de ses 1 600 membres et 8 900 clients.

« Dans l’intérêt de nos membres, ajoute le président, on souhaite retrouver la capacité de ristourner sur une base plus régulière, ce qui nous aidera à reprendre des parts de marché, et contribuer à l’amélioration du revenu net à la ferme. »

Alain Larochelle est président d’Unicoop depuis 2000 et membre du conseil de la coopérative depuis 1986. Il a également siégé au conseil d’administration de La Coop fédérée de 1990 à 1995.

Les dirigeants de l’entreprise entendent aussi miser sur l’achat CO-OP et l’effet de levier qu’il procure. « Avec les mêmes infrastructures, on pourrait aller chercher jusqu’à 10 millions $ de ventes supplémentaires, si l’ensemble des sociétaires achetaient tous leurs produits à leur coopérative, exprime Gaétan Roger. On veut faire d’Unicoop une entreprise de choix dont les membres et les employés sont fiers. »

La coopérative n’envisage qu’une croissance modérée pour les trois à cinq prochaines années. Les projets d’investissements retenus en cours d’exercice ont touché l’augmentation de la capacité de réception au centre de grains, afin d’améliorer le service en période de récolte, et la rénovation de la quincaillerie de Sainte-Hénédine.

« On concentre nos énergies dans ce qu’on connaît, exprime Alain Larochelle. On revient à nos forces et les valeurs de la coopération en font partie intégrante. Les belles années s’en viennent. »


La fondation d’Unicoop
Fondée en 1986, Unicoop, coopérative agricole est issue de la fusion d’une dizaine de coopératives régionales. Elle compte aujourd’hui 19 emplacements d’affaires répartis sur un vaste territoire de 1 500 kilomètres carrés couvrant les régions de Chaudière-Appalaches, Québec et l’Île d’Orléans. « Unicoop, c’est une présence en région et une assurance à long terme pour les producteurs sociétaires », indique le président de la coopérative, Alain Larochelle.


Les Produits T.C.S. inc.
En explosion vers le milieu et la fin des années 1990, la demande pour l’huile et le tourteau de canola se dégonfle depuis. En conséquence, les marges chutent. Les grands transformateurs font la vie dure aux plus petits qui, avec leur capacité de production limitée, ne peuvent rivaliser aux chapitres du prix et des volumes. Plusieurs petites entreprises en Amérique du Nord mettent alors fin à leurs activités. En 2000, Les Produits T.C.S. inc. ne fait plus le poids, d’autant plus que de sérieux problèmes de qualité de produit minent le démarrage de l’entreprise. En somme, Les Produits T.C.S. inc. est une entreprise trop grosse pour viser les marchés de niche et trop petite pour faire concurrence aux multinationales. Unicoop a abandonné les activités de cette entreprise au cours du dernier exercice.


Les meuneries
Des six meuneries que comptait Unicoop en 1988, les dirigeants n’en ont conservé que deux pour des raisons d’efficacité. La meunerie de Saint-Anselme, certifiée HACCP et BPM, est spécialisée dans la fabrication de moulées et suppléments porcins et avicoles. Bien qu’elle ne fonctionne pas encore à plein régime, les volumes produits sont en hausse par rapport à l’exercice précédent. Les ventes de la meunerie de Saint-Charles, spécialisée dans la production de moulées et suppléments laitiers, ont progressé de plus de 7 %.


Les quincailleries
Les quincailleries ont subi la même cure de minceur. Des dix établissements qu’elle possédait en 1993, la coopérative n’en compte plus que sept. En revanche, puisqu’ils offrent davantage de produits et services, les ventes sont meilleures.


Les membres et les employés
Dans tout le processus de réorganisation, Unicoop a joué franc-jeu. Les membres et employés ont toujours été tenus au courant de la situation dans laquelle l’entreprise se trouvait et des mesures qui allaient être prises. Les membres sont demeurés fidèles malgré le peu de ristournes distribuées. « Nous avons misé sur la qualité des services et des produits offerts par nos 250 employés, explique Gaétan Roger, le directeur général. Tous sont sortis plus forts de cette épreuve. »


Les porcheries
Unicoop n’a conservé que ses fermes porteuses d’avenir. Les petites unités ont été vendues. Côté forfait, l’entreprise se concentre sur les producteurs les plus performants. Si le nombre de porcs produits par la coopérative a chuté de 20 %, ce secteur d’activité est maintenant beaucoup plus rentable et c’est en gagnant de nouvelles parts de marché qu’elle le développera.


Les machines agricoles
Grâce à ses quatre garages, qui assurent une présence sur l’ensemble du territoire de la coopérative, et à la qualité du service technique que procure le personnel, Unicoop s’est classée au premier rang des concessionnaires New Holland au Québec et au deuxième rang au Canada.


L’environnement
Depuis plusieurs années, Unicoop aide à solutionner la problématique environnementale de la région afin de prendre de l’expansion ou développer de l’expertise dans ce secteur. Depuis 1997, les services-conseils en agroenvironnement de la coopérative travaillent en collaboration avec les sociétaires pour conformer leurs entreprises aux normes établies, notamment en ce qui touche l’épandage de lisier. Trois experts-conseils en agroenvironnement réalisent chaque année 260 programmes agroenvironnementaux de fertilisation. Ils sont également à mettre sur pied une vaste banque de données pour caractériser les fumiers des fermes de la coopérative. Unicoop collabore avec La Coop fédérée et le ministère de l’Environnement du Québec pour élaborer des bilans de phosphore et procéder à des essais d’épandage de fumier à taux variables. Elle participe aussi aux essais menés sur une centrifugeuse qui séparera les parties solides et liquides du lisier porcin afin de le transporter plus efficacement hors zone ou encore de fabriquer un fertilisant organo-minéral.




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