Lorsqu’elle a posé sa candidature au concours de la Ferme porcine de l’année 2004, Angèle Nadeau, copropriétaire de la Ferme Saint-Noël avec son mari Norbert Drapeau et leur fils, Mathieu, n’aspirait à rien de moins que le premier prix. Avec une productivité de 27,6 porcelets sevrés par truie productive, l’attente était légitime. Toutefois, le sort a voulu que l’entreprise se classe finaliste, naisseur-finisseur, et qu’on lui décerne le prix Environnement. « J’ai été surprise de remporter ce prix », exprime la productrice, tout en rêvant de décrocher un jour le premier prix dans la catégorie naisseur-finisseur.

Norbert Drapeau
La Ferme Saint-Noël a été la première au Québec, en 1996, à obtenir un certificat d’autorisation d’élevage sur litière.

Angèle Nadeau est à la barre de l’élevage avec son fils depuis que son mari a choisi de travailler à la SCA La Seigneurie. « Il avait besoin d’un changement et ça nous convenait à Mathieu et moi de prendre l’entreprise en main », commente-t-elle.

La Ferme Saint-Noël, située à Saint-Narcisse-de-Beaurivage, est composée d’une maternité de 96 truies Alfa + issues de la Ferme Cogéporc appartenant à la SCA La Seigneurie, d’une pouponnière de 340 places et de deux engraissements, l’un de 375 porcs sur litière et l’autre de 320 places sur plancher latté. L’élevage est conduit en bande aux trois semaines. « L’engraissement d’une partie de nos porcs sur litière a été privilégié parce qu’on manquait de terre pour accueillir les rejets de lisier d’un troupeau de cette taille », explique Mathieu Drapeau, copropriétaire avec 20 % des parts de l’entreprise. En effet, la Ferme Saint-Noël ne compte que 20 hectares de terre. Par ailleurs, l’entreprise comprend une érablière de 1 800 entailles.


Élevage rime avec environnement
La surprise d’Angèle et de Norbert quant au prix Environnement vient sans doute du fait que, pour eux, élevage et environnement vont de pair. Mentionnons que la Ferme Saint-Noël a été la première au Québec à obtenir un certificat d’autorisation d’élevage sur litière. C’était en 1996, année où les Drapeau ont converti leur entreprise laitière en ferme porcine. En même temps, ils ont fait installer une toiture sur leur fosse. « Ces deux initiatives ont réduit la quantité de lisier à épandre dans nos champs », signale Angèle Nadeau.

Mathieu Drapeau est responsable du secteur gestation. Les 96 truies Alfa +, qui composent le troupeau, sont issues de la Ferme Cogéporc appartenant à la SCA La Seigneurie.

La ferme possède un PAEF depuis 1996, avant même la réglementation émise par le ministère de l’Environnement. « En 2001, et ce, pendant deux ans, nous avons fait caractériser notre fumier », déclare la productrice attentive aux détails influençant les résultats. Ces analyses ont montré que leur fumier comportait 27 % moins de phosphore que les calculs reconnus par le ministère de l’Environnement. « Les 1 000 $ consacrés à cette analyse sont déjà rentabilisés », lance Martin Harton, agronome et expert-conseil à la SCA La Seigneurie, si l’on totalise les frais qui auraient été alloués au transport de fumier vers les receveurs plutôt que de l’épandre dans leurs champs.

En 2003, Angèle et Mathieu ont aménagé une haie brise-vent de chaque côté des bâtiments pour réduire les émissions d’odeurs et garder une bonne harmonie avec le voisinage. « Pour ceux qui ne le savent pas, tient à informer l’agricultrice, les haies brise-vent sont subventionnées à 70 %. Ça réduit de beaucoup la facture. »

D’autres pratiques telles que l’épandage effectué seulement une fois l’an et l’enfouissement fait dans un délai de 24 heures ont marqué des points dans leur dossier environnement. Outre cela, l’épandage n’est jamais fait les jours fériés ou les week-ends. Cette règle de civisme s’exprime aussi au moment de livrer à leurs receveurs : « Il est déjà arrivé qu’un de nos receveurs ait demandé de retarder le transport de fumier parce que ses enfants voulaient dormir dans une tente durant la fin de semaine, raconte Angèle Nadeau. Nous avons bien sûr repoussé l’envoi du lisier chez le receveur. »

Angèle Nadeau s’occupe entre autres de la section mise bas.

Les équipements qu’ils ont privilégiés concourent aussi à réduire le volume de lisier. Par exemple, les trémies humides ont été favorisées par rapport aux suces dans la section engraissement sur plancher latté pour réduire la quantité d’eau gaspillée. « Nous avons installé des plaques de métal sous les trémies pour diminuer les pertes de nourriture et pour protéger les lattes qui s’usent plus rapidement lorsqu’elles sont couvertes de moulée », ajoute Norbert.

L’objectif est toujours de réduire le gaspillage du liquide autrement acheminé dans la fosse et augmentant la quantité de lisier. En pouponnière, toutefois, l’utilisation de suces est favorable parce que la vidange de la fosse sous les lattes se fait par flushing, ce qui nécessite un peu plus de liquide pour un meilleur écoulement vers la préfosse.

Martin Harton ajoute que les porcs en engraissement sont alimentés avec le programme Ambition. Une alimentation multiphase, en cinq phases, qui fournit la protéine et les minéraux nécessaires selon le stade d’engraissement des porcs. Ce programme alimentaire contribue à réduire les rejets en azote et phosphore dans l’environnement.

De plus, toutes les moulées de la ferme contiennent de la phytase, un enzyme qui facilite l’absorption du phosphore par le porc.

Selon l’expert-conseil, tous les principes d’une bonne régie sont respectés à la Ferme Saint-Noël, ce qui en fait une entreprise qui a bien réussi au cours des dernières années. De fait, Norbert, Angèle et Mathieu sont constamment à la recherche de solutions pour améliorer les éléments qui ne sont pas à point dans leur élevage malgré que les performances du troupeau se situent au-dessus de la moyenne dans la maternité et la pouponnière.

Les constants efforts déployés à la Ferme Saint-Noël en font certainement une entreprise progressive et les propriétaires se démarquent par un désir de se surpasser. Le respect de l’environnement est une question qui leur tient à cœur et sera toujours placé très haut sur la liste des priorités.




Alimentation du troupeau
Au stade des saillies : On sert de la moulée ProliGest
13 % PB à volonté, complétée par du Pro-Truie jusqu’à la saillie.

En gestation : Les truies sont alimentées manuellement deux fois par jour avec de la moulée ProliGest 13 % PB. « Le fait d’alimenter manuellement, explique la Narcissienne, permet de savoir au jour le jour si les truies se nourrissent bien. » Trois semaines avant la mise bas, les producteurs offrent une plus grande quantité de moulée.

En mise bas : Avant de mettre bas, les truies reçoivent quatre repas par jour de moulée Proli Lactation HD 18 %, complétée par du Pro-Truie pour obtenir des porcelets plus gros. « Avec quatre repas par jour, commente Angèle Nadeau, les truies sont moins constipées et ça les prépare à manger plus lorsqu’elles seront en lactation. »

En pouponnière : Les porcelets sont sevrés à 18,5 jours d’âge et pèsent en moyenne 7 kg. Mentionnons que la Ferme Saint-Noël figure parmi les Pros du sevrage, un programme de La Coop fédérée qui certifie que les porcelets ont obtenu en moyenne un poids de 6 kg à 15 jours d’âge au sevrage. « Au moment du sevrage, nous laissons les porcelets dans la cage de mise bas pendant quelques jours, informe la productrice. De la sorte, le stress de cette étape est moins élevé. » Ainsi, l’apprentissage à l’alimentation se fait avec la moulée Poupon + jusqu’à ce que les porcelets mangent bien. Ensuite, on leur donne de la Biberon. Lorsqu’ils sont transférés en pouponnière, ils reçoivent de la moulée Exquise jusqu’à ce qu’ils atteignent 15 kg de poids. Après quoi, ils sont nourris avec la Prestige 1.

En engraissement : À 63 jours d’âge et à un poids d’entrée de 29 kg, ils sont alimentés avec le programme Ambition, un programme alimentaire multiphase, à cinq phases, qui fournit le taux de protéine nécessaire en fonction du stade d’engraissement.




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