L’engouement pour la canneberge ne démord pas. À preuve, le nombre d’acres en culture de ce petit fruit indigène de la famille des éricacées, tout comme le bleuet et le rhododendron, est passé de 984 acres en 1996 à 3 324 acres en 2004. L’Association des producteurs de canneberges du Québec (APCQ) compte aujourd’hui 40 producteurs alors qu’elle n’en recensait que quinze il y a huit ans et deux en 1991. Quant au volume de fruits récoltés, il est passé de 7,4 millions de livres en 1996 à 56,7 millions de livres en 2003.



Au Québec, la transformation de la canne-berge s’est développée au même rythme que la production. Les utilisations se multiplient et les consommateurs en redemandent : canneberges en jus, fraîches, congelées, séchées, confites, en sauce, biologiques. Les propriétés nutraceutiques, antibiotiques et diurétiques qu’on lui attribue ne sont pas étrangères à la croissance phénoménale des ventes de ce petit fruit. On dit que les Canadiens en consomment six fois plus qu’il y a 30 ans. De plus, la canne-berge fait l’objet de plusieurs études. En Colombie-Britannique, au Pacific Agri-Food Research Center, on se penche sur la capacité de certains extraits du fruit à lutter contre les pathogènes qui touchent les élevages de bovins et de volailles. D’autres études, ailleurs au pays, tentent de déterminer si les extraits de canne-berges pourraient aider au traitement du cancer du sein et de la prostate.

La superficie totale en culture en Amérique du Nord oscille entre 40 et 45 000 acres avec pour principaux foyers de production le Wisconsin (de loin le plus important), le Massachusetts, le New Jersey, le Québec et la Colombie-Britannique. Le Massachusetts est cependant en déclin en raison du climat légèrement trop chaud et de l’augmentation du coût des terres et de la main-d’œuvre. En revanche, la production est en hausse au Québec et en Colombie-Britannique. Le Canada est le deuxième producteur mondial de canneberges (12 %) derrière les États-Unis qui, à eux seuls, en produisent 85 %. Au Canada, la Colombie-Britannique domine avec 75 % de la production. Le Québec suit avec 18 %. Viennent ensuite le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve.

« Saint-Louis-de-Blandford, dans les Bois-Francs, et quelque 20 kilomètres à la ronde, est une région tout particulièrement propice à cette culture », explique Camille Dubois, conseiller en production de canneberges pour les coopératives des Bois-Francs, des Appalaches et de Parisville. « La canneberge apprécie un climat frais et un sol sablonneux sur couche d’argile, explique-t-il. Les terres actuellement utilisées dans cette région, en partie constituées de tourbières où elle pousse naturellement, ont longtemps été laissées à l’abandon parce qu’elles ne convenaient pas au maïs ou au soya. Personne n’en voulait. » Certains visionnaires, comme Marc Bieler, ont sauté sur l’occasion. Ce producteur et transformateur de Manseau, dans les Bois-Francs, croit d’ailleurs que la production de canneberges dépassera d’ici peu, en valeur à la ferme, celle de la pomme.

Le Coopérateur agricole a rencontré trois producteurs passionnés qui voient se défiler devant eux un avenir des plus juteux…



Sébastien Bélanger, 27 ans, et sa conjointe Christine Lamontagne se sont lancés tête baissée dans la production de canneberges en 1999, à Saint-Louis-de-Blandford, dans les Bois-Francs. Natif de Saint-Pierre-Baptiste, Sébastien se destine d’abord à prendre la relève de la ferme porcine familiale. Une exploitation de 300 truies avec engraissement, dont il détient 20 % des parts, et que ses parents, Ginette Fréchette et Réjean Bélanger, administrateur à la SCA des Appalaches, ont récemment fait agrandir pour lui permettre aussi d’en vivre.

À l’époque, les parents de Sébastien cherchaient à diversifier les activités de la ferme qui compte en plus une érablière dont près de 30 000 entailles seront en production l’an prochain.

Quelque 130 acres de canneberges seront en production au printemps prochain. Sébastien et Christine acheminent les fruits de leur récolte chez des transformateurs qui les commercialisent séchés ou congelés.

C’est au printemps 1998 alors qu’il visite l’exploitation de Martin Lemoine, un producteur et transformateur de canneberges chez qui Christine travaille, que Sébastien se découvre un faible pour cette production. Les événements se succèdent depuis à un rythme endiablé.
Au printemps suivant, en 1999, avec l’aide financière de ses parents, il commence l’excavation des trois champs de dix acres achetés à Saint-Louis-de-Blandford. Il faut savoir que les coûts d’implantation varient entre 20 et 35 000 dollars l’acre et que les champs n’entrent en production qu’à partir de la troisième année. Ainsi, des boutures, ou vignes, mises en terre au printemps 2005 à l’aide d’une herse à disques à raison d’une tonne et demie à l’acre, produiront des fruits à l’automne 2007.

Au moment de l’entrevue, en juin dernier, le jeune producteur avait déjà une centaine d’acres d’implantés et 30 acres supplémentaires étaient en préparation pour le printemps prochain.

Chaque automne, Sébastien récolte ses canneberges par inondation des bassins de culture. Il les expédie chez Fruits d’Or, propriété de Martin Lemoine, l’un des trois transformateurs établis au Québec, qui les commercialise séchées ou congelées.

« Puisque le marché des fruits frais est en forte croissance, j’aimerais éventuellement développer, avec mon acheteur, la récolte à sec sur environ le quart de mes champs, fait savoir Sébastien. Cette technique se fait à l’aide d’un appareil qui à la fois détache et aspire le fruit. Si elle est moins dommageable pour le fruit, elle est en revanche plus coûteuse et plus dure pour le plant. De nouveaux appareils en développement pourraient bientôt remédier à la situation. »

Le jeune entrepreneur est persuadé que la culture de canneberges a encore beaucoup de potentiel, « d’autant plus, dit-il, que l’industrie, par l’entremise de l’APCQ, cherche à promouvoir encore plus le produit et ses qualités ». Sébastien ne compte d’ailleurs pas s’arrêter là. Il mijote des projets de développement qui pourraient se concrétiser grâce à des partenariats avec d’autres producteurs de canneberges de la région. L’un d’entre eux s’est déjà réalisé. Le couple vient, en effet, de s’associer à un producteur de canneberges biologiques.




Technologue en génie civil de formation, Jacques Boivin vend les parts qu’il possède dans un bureau d’ingénieur de Québec en 1993. Après quelques années à l’emploi d’une société d’État, l’entrepreneur qui sommeille en lui refait surface. En 1995, alors à la recherche d’une deuxième carrière, un ami lui propose de visiter des fermes de production de canneberges de la région de Saint-Louis-de-Blandford, notamment celles de Marc Bieler et de Pierre Fortier, l’actuel président de l’Association des producteurs de canneberges du Québec. Il en devient aussitôt passionné et constate de plus que l’aménagement des terres nécessite de nombreux travaux de génie civil, un environnement dans lequel il se sent tout à fait à l’aise.

Jacques Boivin récolte ses canneberges par inondation des bassins de culture. À l’atocatière, on sélectionne les variétés en fonction du rendement. De façon générale, on récolte de 20 à 25 000 livres de fruits à l’acre.

Jacques fait l’acquisition d’une terre en février 1996, tire lui-même tous les plans nécessaires et commence à s’installer dès le printemps. Son fils, Jean-Philippe, qui a complété un DEC en sciences humaines dans la région de Québec, s’est inscrit au cégep de Victoriaville en agriculture, option production végétale, pour une période de trois ans.
Le père et le fils joignent leurs expertises complémentaires et amorcent le développement de la ferme. Conrad Boivin, le frère de Jacques, comptable et homme d’affaires, est associé à la ferme, fournit une part du financement et règle la comptabilité de l’atocatière.

Canneberges Boivin possède 100 acres de canneberges et 5 acres dont la production débutera l’an prochain.

« L’automne 2003 a été une année exceptionnelle, exprime Jacques. Nous avons récolté 30 000 livres de canneberges à l’acre, alors que la moyenne se situe généralement entre
20 et 25 000 livres à l’acre. » Toute la production des Boivin est expédiée chez Canneberges Atoca, propriété de Marc Bieler, où elle sera séchée ou transformée en concentrés.

Jean-Philippe, 26 ans, très engagé dans
les opérations quotidiennes de la ferme,
sera bientôt associé dans l’entreprise.

Les variétés cultivées à l’atocatière sont la Ben Lear, la Bergman et la Stevens. Ces variétés sont plus ou moins hâtives. Le principal critère de sélection est le rendement. Pour cette raison, la Stevens est la plus populaire, d’autant plus qu’elle produit un gros fruit qui convient parfaitement à la production de jus où se destine 80 % de la récolte québécoise et canadienne.

Les champs de l’atocatière sont aménagés sur trois niveaux différents afin d’assurer le recyclage et la bonne circulation de l’eau. Un lac de captage, situé au niveau le plus bas, récupère par pompage l’eau résultant de la fonte des neiges et l’eau de drainage après l’irrigation des champs. L’eau du lac de captage est ensuite pompée jusqu’à un autre lac situé au niveau le plus élevé des terres. Les champs en culture, que l’on retrouve au niveau intermédiaire, sont irrigués ou inondés par gravité, lors de la récolte à partir de ce lac. L’inondation par gravité est beaucoup moins coûteuse et beaucoup plus rapide que par pompage. Pour irriguer un acre de canneberges, il faut en drainer dix.

À ce jour, l’investissement total se monte à 4,5 millions $. Les Boivin souhaitent mettre en production 25 acres supplémentaires et aménager une nouvelle réserve d’eau.


Marc Bieler est un pionnier de la culture de la canneberge au Québec. Son entreprise, l’une des plus importantes en Amérique du Nord, exploite 880 acres dont 130 aux États-Unis. Son objectif : cultiver 1 000 acres.

Au début des années 1980, Marc Bieler est pomiculteur et acériculteur à Dunham, dans les Cantons-de-l’Est. Certains clients des États-Unis qui lui achètent à l’époque du jus de pommes, réclament des mélanges contenant du jus de canneberge. Il se met alors à la recherche d’un fournisseur. Lié à la coopérative Ocean Spray, le seul producteur au Québec, Charles Larocque, le petit-fils du tout premier producteur de canneberges au Canada, n’est pas autorisé à lui en vendre. Marc Bieler décide donc lui-même d’en produire. La culture l’enthousiasme à ce point qu’il se déleste de ses premières activités pour se concentrer dans cette nouvelle avenue plus que prometteuse. Après avoir vendu verger et érablière, il fait l’acquisition de terres à Saint-Louis-de-Blandford. Il débute avec une superficie de 30 acres. Pour écouler sa récolte, il approche des transformateurs et de gros emballeurs de marques privées aux États-Unis. Toutefois, n’ayant pas de contrôle sur le prix et ne souhaitant plus dépendre des transformateurs qui refusent parfois en tout ou en partie son produit, Marc Bieler se lance dans la transformation vers la fin des années 1980 tout en poursuivant la culture du fruit.

L’entrepreneur exploite aujourd’hui deux entreprises. Canneberges Bieler inc., qui compte présentement 750 acres en culture au Québec – avec pour objectif d’atteindre 1 000 acres – et 130 acres dans l’état de New York. Des champs de canneberges aussi loin que porte le regard. Avec son directeur des opérations, l’agronome Michel Paquet, il prend soin de visiter chacune des parcelles en culture pour en évaluer l’état et, si nécessaire, apporter les correctifs appropriés. L’autre entreprise de Marc Bieler, Canneberges Atoka, est la première à s’être consacrée à la transformation au Québec. Les deux entreprises qu’il a fondées figurent parmi les plus importantes en Amérique du Nord.

L’usine de transformation de Marc Bieler, Canneberges Atoka, conditionne et transforme, annuellement, 25 millions de livres de canneberges.

Situées à Manseau, dans les Bois-Francs, les infrastructures de transformation impressionnent. Vingt-cinq millions de livres de canneberges y transitent annuellement pour produire du jus et des concentrés (74 %), des canneberges séchées (20 %), fraîches (3 %) et congelées (3 %). « La moitié de l’approvisionnement de notre usine provient de la ferme Canneberges Bieler inc., précise l’homme d’affaires. L’autre moitié est issue de producteurs du Québec, du Nouveau-Brunswick et des États-Unis. » Ses produits trouvent preneur au Canada, aux États-Unis et en Europe. Avec plus de 100 employés, les deux entreprises constituent un apport économique régional très important.

Avant d’être traités, les fruits qui parviennent à l’usine Canneberges Atoca sont d’abord triés, nettoyés, puis légèrement séchés pour éliminer le surplus d’eau. Des normes de qualité sévères sont appliquées. On évalue la couleur des fruits en déterminant le taux d’anthocyane qu’ils contiennent. L’anthocyane est le pigment donnant aux fruits la coloration rouge pourpre. On détermine aussi l’indice Brix qui indique le taux de sucre, de même que le contenu en acide kinique pour connaître la teneur en vrai jus.

Pour améliorer la culture et la transformation de la canneberge, Marc Bieler collabore à plusieurs projets de recherche. Avec l’Université Laval, il a mis au point une récolteuse que l’on suspend au-dessus des bassins de culture pour accélérer la récolte et minimiser les dommages causés aux fruits.

Avec le Centre de recherche et de développement sur les aliments, à Saint-Hyacinthe, l’entrepreneur se penche sur la façon de tirer le plus de jus possible du fruit et de produire une canneberge séchée de plus haute qualité.

Du sable, appliqué sur les surfaces en culture en février alors que la glace abrite les plants, recouvrira au printemps les stolons (supports des tiges florales) pour en améliorer l’enracinement et combler les dénivellations du terrain.

Marc Bieler siège au conseil de l’Association des producteurs de canneberges du Québec ainsi qu’au Cranberry Institute, un organisme basé au Massachusetts qui regroupe des producteurs et transformateurs du Canada et des États-Unis. Le Cranberry Institute informe les producteurs des derniers développements du milieu, appuie des projets de recherche et participe activement à la promotion du produit.

Avec un prix d’environ 0,47 $ la livre en 2003, un acre de canneberges, à raison d’un rendement moyen de 22 500 livres à l’acre, rapportait plus de 10 000 $. Et la demande ne cesse de croître. « La culture de la canneberge a encore beaucoup d’avenir », assure Marc Bieler.



Cultiver la canneberge


La canneberge préfère les sols acides (pH de 4,5 à 5,5). Les terres noires, le sable et les tourbières sur couche d’argile lui conviennent très bien. Préalablement nivelées et drainées, les surfaces à cultiver sont divisées en bassins de un à deux hectares et cernés de digues. L’accès à une importante source d’eau est primordial, et ce, pour l’irrigation, quasi quotidienne, la glaciation qui permet de faire hiberner les plants l’hiver, et pour la récolte par inondation des bassins. Une atocatière nécessite de 13 à 16 000 mètres cubes d’eau à l’hectare dont 60 à 75 % est recyclée grâce à des lacs de captage et d’ingénieux systèmes de pompage.

L’implantation se fait à l’aide de boutures enfouies à l’aide d’une herse à disques à raison de 2 à 3 000 livres à l’acre. Ces boutures produisent des stolons sur lesquels poussent les tiges florales. Du sable, appliqué en février alors que la glace abrite les plants, recouvrira au printemps les stolons pour en améliorer l’enracinement et combler les dénivellations du terrain. « Chaque tige fournit environ quatre fleurs, indique Camille Dubois, expert-conseil en production de canneberges pour le réseau coopératif, ce qui fait de 1 000 à 1 200 fleurs par pied carré de plants de canneberges. Cependant, une tige ne donnera qu’un ou deux fruits. S’ils sont bien implantés et bien entretenus, les plants seront productifs pour plusieurs dizaines d’années. »

La fertilisation joue un rôle de premier plan dans la gestion d’une atocatière. « L’azote assure le développement végétatif, le phosphore permet la production des fleurs et des fruits, et la potasse aide à la maturité des fruits, poursuit Camille Dubois qui a un œil sur plus de 65 % de la production québécoise. L’engrais organo-minéral Hyper P, une source de phosphore protégé d’une mousse de tourbe, est de plus en plus utilisé, car il diminue la fixation du phosphore par l’aluminium et le fer, deux éléments qu’on retrouve en quantité élevée dans les sols acides. » En 2004, la quasi-totalité des nouvelles plantations dans la région des Bois-Francs se sont tournées vers cet engrais.

Sans abeilles ni bourdons, pas de fruits. « C’est de la main-d’œuvre à bon marché, lance à la blague Jacques Boivin, propriétaire de l’atocatière Canneberges Boivin. « Les bourdons sauvages sont les pollinisateurs par excellence pour la canneberge, mais il est difficile d’en contrôler le nombre, fait remarquer Camille Dubois.

Les abeilles sont peu attirées par la fleur de canneberge en raison de son faible contenu en nectar et en pollen. Il est donc nécessaire d’installer des ruches, une à l’acre, durant la période de pollinisation, soit du 15 juin au 15 juillet, pour assurer une bonne nouaison. »

La lutte aux mauvaises herbes et aux insectes (pyrale, tordeuse, anneleur, arpenteuse, fausse légionnaire) est évidemment nécessaire durant la saison de croissance.
La récolte par inondation ou à sec se fait en septembre et octobre. Par inondation, les fruits sont détachés des plants à l’aide d’une batteuse. Puisqu’ils flottent,
ils sont aspirés, puis nettoyés et séchés avant d’être entreposés. Les rendements moyens oscillent entre 20 et 25 000 livres à l’acre.

Comment produit-on la canneberge blanche qui permet de fabriquer le jus que l’on trouve depuis peu sur le marché? Avant d’être rouge la canneberge est blanche, il suffit de la récolter au moment voulu, tout simplement.

Les producteurs québécois ont trois principaux débouchés pour leur récolte : Canneberges Atoca, propriété de Marc Bieler; Fruits d’Or, propriété de Martin Lemoine et La Maison Bergevin, propriété de Marie-Claude Bergevin, où est expédiée 70 % de la production québécoise. Le reste est acheminé à des entreprises américaines au moment de la récolte.

(Adapté de : La culture des canneberges, La Coop fédérée)

Pour plus d’information sur la canneberge

L’Association des producteurs de canneberges du Québec
898, Principale
Notre-Dame-de-Lourdes (Québec) G0S 1T0
Téléphone : (819) 385-1053
Télécopieur : (819) 385-1054

Centre d’interprétation de la canneberge
80, rue Principale, C.P. 140
Saint-Louis-de-Blandford (Québec) G0Z 1B0
Téléphone : (819) 364-5112
Télécopieur : (819) 364-2781
Courriel : cic@boisfrancs.qc.ca
www.canneberge.qc.ca

The Cranberry Institute
www.cranberryinstitute.org



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