Le Centre québécois d’expertise en production porcine (CQEPP), situé à La Pocatière, offre à l’industrie un élevage porcin, doté d’installations de haut niveau et enregistrant des résultats performants, pour recevoir des stagiaires et réaliser des travaux d’expérimentation, de développement et de transfert technologique. Cette entreprise, qui favorise les besoins en environnement, a beaucoup à offrir. Reste à l’industrie d’en profiter!



Le Centre québécois d’expertise en production porcine (CQEPP), situé à La Pocatière, offre à l’industrie un élevage porcin, doté d’installations de haut niveau et enregistrant des résultats performants, pour recevoir des stagiaires et réaliser des travaux d’expérimentation, de développement et de transfert technologique. Cette entreprise, qui favorise les besoins en environnement, a beaucoup à offrir. Reste à l’industrie d’en profiter!

Hervé Bernier, responsable des projets en innovation technologique pour le CQEPP,
présente l’échangeur de chaleur qui a été testé au Centre d’expertise. Cette technologie, conçue par l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA), contribue à réduire les coûts de chauffage et à améliorer la qualité de l’air ambiant.

Le CQEPP a été fondé au début de l’année 2000 sous forme de coopérative de solidarité, composée de plusieurs partenaires, notamment Groupe Dynaco et l’ITA de La Pocatière. « Il est né d’un besoin d’avoir au Québec une ferme, qui possède la flexibilité d’accueillir des stagiaires et des visiteurs, munie d’infrastructures diversifiées et qui pratique des méthodes de production variées et à la fine pointe », explique Rémi Faucher, directeur général de Groupe Dynaco et président du CQEPP.

Le Centre d’expertise est autosuffi-sant dans tous ses secteurs d’activité. Sur le plan de la production, il assume les dépenses grâce à la vente de ses porcs. En ce qui a trait aux programmes de stages, la maison d’enseignement défraie les dépenses liées à cette activité. Pour les projets de développement de technologies, les entreprises ou organisations qui commandent des travaux assument aussi les coûts qui y sont reliés.

Étant donné les différentes missions du CQEPP, les entreprises qui font affaires avec lui tirent un double avantage de leur présence dans cet établissement : avoir accès à une ferme adaptée aux besoins en expérimentation et développement de technologies ou méthodes d’élevage, et offrir une visibilité à leurs produits en raison du grand nombre de stagiaires et visiteurs qui passent à la ferme. « Une entreprise qui fait tester une nouvelle technologie au CQEPP peut même offrir à son client de venir voir son produit en opération dans un lieu réel », fait remarquer Rémi Faucher, convaincu des nombreux avantages à tirer de ces installations.

Mentionnons qu’en 2003, pas moins de 770 stagiaires et visiteurs ont parcouru les lieux, malgré que le troupeau soit assaini et les règles de biosécurité, très strictes.


Portrait de l’élevage
L’élevage du CQEPP regroupe une maternité d’une capacité de 125 truies, deux pouponnières de 168 places chacune ainsi qu’une chambre tampon et un engraissement pouvant accueillir 840 porcs répartis dans cinq chambres, dont une sur litière et quatre sur plancher semi-latté. Différents systèmes de ventilation sont en place : naturelle avec panneaux et avec ballons, à extraction basse, conventionnelle et hybride. En mise bas, deux types de cage sont utilisés.

Karl Boulet, gérant des ventes à Groupe Dynaco; David Bélanger, directeur-gérant du CQEPP; Rémi Faucher, directeur général, Groupe Dynaco et président du CQEPP; Jean-Guy Leclerc, directeur de l’enseignement à l’ITA de La Pocatière; Hervé Bernier, responsable de l’innovation technologique à l’ITA de La Pocatière et Pierre Roy, producteur, 1er vice-président du Syndicat des producteurs de porcs de la Côte-Sud et membre du conseil d’administration du CQEPP.

« L’élevage est conduit en bande aux trois semaines », précise David Bélanger, directeur-gérant de la ferme qui y travaille avec une employée à mi-temps. D’ailleurs, ce jeune gérant est fier de la productivité enregistrée en maternité, soit 28 porcelets sevrés par truie productive. Le CQEPP se retrouve ainsi au premeir rang de l’AGREPP pour l’année 2003. « Compte tenu des dérangements que le troupeau subit par la venue des stagiaires et des nombreux visiteurs, et des possibilités de maladies que cela peut entraîner, obtenir de tels résultats est extraordinaire », souligne-t-il.

Toutes les truies, de type F1, proviennent de la ferme Agral, un multiplicateur du réseau Sogéporc. Par ailleurs, le CQEPP a été la première ferme à accueillir des truies chinoises Youna.

Sur le plan de l’environnement, toutes les techniques reconnues sont mises en place. Karl Boulet, gérant des ventes à Groupe Dynaco qui dessert le Centre d’expertise nous les énumère. « Nous utilisons des moulées ajoutées de phytase, ce qui diminue les rejets de phosphore de 25 à 35 %. Nous offrons aussi l’alimentation multiphase, dont trois phases en pouponnière et six phases en engraissement. Rappelons que cette façon d’alimenter permet d’offrir la quantité de nutriments nécessaire en fonction du stade d’engraissement de l’animal. Les installations sont dotées de trémies abreuvoirs et bols économiseurs d’eau pour éviter les pertes et réduire les volumes de lisier. »

Depuis le printemps 2000, poursuit M. Boulet, l’épandage se fait avec rampes basses et pendillards pour épandre le lisier. Évidemment, la ferme est dotée d’un PAEF en bonne et due forme. Les bâtiments sont entourés d’un écran boisé et les différents systèmes de ventilation permettent de réduire la diffusion de gaz dans l’atmos-phère. Enfin, l’entreprise est munie d’un congélateur pour entreposer les animaux morts.


Amenez-en des projets
À ce jour, plusieurs technologies ont été mises à l’épreuve en situation réelle au CQEPP telles q’un échangeur de chaleur, conçu par l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA). « Le but de cette technologie est de réduire les coûts de chauffage et d’améliorer la qualité de l’air ambiant », explique Daniel-Yves Martin, chef de projet à l’IRDA.

« Le CQEPP est un lieu adapté à ce genre de travaux, ajoute M. Martin, parce que le personnel connaît bien les protocoles de recherche et la rigueur que la collecte de données exige. »

On y a aussi vérifié les avantages d’utiliser des trémies sèches en pouponnière par rapport à l’utilisation des trémies abreuvoirs. Un mandat qui avait été donné par le Centre de développement du porc du Québec inc. (CDPQ). « C’est un endroit fiable pour faire du transfert de technologie et des suivis d’équipement, commente Robert Fillion, responsable du secteur technique d’élevages au CDPQ. Nous recommandons d’ailleurs le CQEPP aux gens qui ont de tels besoins. »

Karl Boulet, gérant des ventes à Groupe Dynaco et conseiller pour l’élevage du CQEPP; David Bélanger, directeur-gérant du CQEPP et Rémi Faucher, directeur général, Groupe Dynaco et président du CQEPP. L’organisme s’est classé au premier rang de l’AGREPP en 2003.

Il y a quelques années, La Coop fédérée avait fait tester l’offre de suppléments lactés sur la prise de poids des porcelets. Cette expérimentation avait donné naissance au nouveau Biolac, un produit commercialisé dans le réseau CO-OP. « Les employés du CQEPP sont minutieux à recueillir les données et les installations sont bien adaptées à ce genre de travaux, raconte Marquis Roy, spécialiste en nutrition porcine à La Coop fédérée. Nous avons donc été pleinement satisfaits de leur service. »

Deux systèmes de traitement de lisier seront bientôt testés, soit le F3L, commandé par Groupe Dynaco et le Bioseg, dont l’initiateur est Premier Tech. « Les installations sont sur le point d’être complétées, précise Hervé Bernier, ingénieur, responsable de l’innovation technologique à l’ITA de La Pocatière et des projets avec le CQEPP. « Nous allons évaluer les deux systèmes de traitement et procéder à leur amélioration pour atteindre les objectifs établis par les deux entreprises. » Par nos travaux, poursuit-il, nous visons toujours à rendre le produit commercialisable et financièrement accessible pour les entreprises agricoles.

Mentionnons que M. Bernier est à la disposition des entreprises pour les aider à préciser leur besoin et pour coordonner leur projet. Il peut notamment les diriger pour obtenir du financement. Il est une ressource précieuse pour faire le lien entre le CQEPP et l’industrie.

« Pour les producteurs, intervient Pierre Roy du Syndicat des producteurs de porcs de la Côte-Sud et membre du conseil d’administration du CQEPP, il est essentiel d’avoir un lieu où se développent de nouvelles techniques ou technologies, car c’est souvent la recherche qui a fait augmenter nos rendements. Par ailleurs, il est utile d’avoir accès à des résultats d’expérimentation et de comparaison entre différents modèles quand vient le temps d’acheter un équipement coûteux. On peut ainsi faire un choix plus éclairé. »

« Par ses différents concepts d’élevage, ses infrastructures de pointe et ses règles strictes de biosécurité, le CQEPP est une très bonne vitrine pour faire du transfert technologique », soutient Claude Miville, directeur recherche et développement à la Fédération des producteurs de porc du Québec.

Avec ces installations on ne peut plus adaptées, Rémi Faucher lance un appel à l’industrie pour qu’elle utilise davantage ce lieu unique en son genre. « Nous sommes à leur service », répète-t-il.


Les programmes de stage
Le CQEPP peut accueillir des étudiants de niveaux secondaire, collégial et universitaire pour une expérience de travail dans un lieu réel. Actuellement, l’ITA de La Pocatière fait appel à ses services pour les stages de ses étudiants. Selon Jean-Guy Leclerc, directeur de l’enseignement à ce collège, il pourrait y avoir davantage de programmes : « Nous pouvons nous adapter à différentes formules, explique-t-il, comme proposer à l’ensemble des producteurs de porc un stage pratique pour leurs nouveaux employés qui n’ont pas toujours la connaissance et l’expé-rience du secteur. »

Le directeur de l’enseignement y voit aussi une occasion de recruter auprès des jeunes chômeurs, âgés de 15 à 24 ans, en leur offrant une formation pour combler la pénurie de main-d’œuvre qui fait rage dans le secteur du porc. « Les besoins sont réels et les installations pour mettre des programmes en place existent, pourquoi ne pas en profiter? », lance M. Leclerc.

Pour avoir vu passer plusieurs étudiants à la ferme, David Bélanger estime qu’un tel stage dans un élevage réel donne l’heure juste à ceux qui comptent travailler dans ce secteur. « Il y a beaucoup de jeunes qui ont connu une mauvaise expérience sur une ferme porcine, en raison de leur manque de formation ou toute autre cause, et qui ont laissé tomber leur désir d’y travailler. » Selon lui, faire un stage au préalable leur donne un élément de comparaison et des outils pour s’ajuster à ce qui pourrait mieux leur convenir, sans abandonner le secteur.

En somme, cette ferme d’élevage, mise sur pied sous forme de coopérative, offre des installations modernes de production, représentant bien la réalité des fermes québécoises et permettant une flexibilité pour répondre à divers projets d’expérimentation. Le troupeau, de haute qualité génétique (Sogéporc), est élevé dans un environnement à hauts standards sanitaires et géré efficacement pour atteindre des performances remarquables.

Résultats techniques
En maternité
Nombre de porcelets sevrés par truie productive :
28
Nombre de nés totaux par portée : 12,67
% de fertilité : 87,15 %
 
En pouponnière
% de mortalité :
1,6
Gain moyen quotidien standardisé 5-20 kg : 416
Conversion alimentaire standardisé 5-20 kg : 1,42
 
En engraissement
Gain moyen quotidien standardisé 20-107 kg :
876
% de mortalité : 2,46



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