Avant d’être mis en marché, les hybrides et cultivars que sélectionne La Coop fédérée à sa Ferme Techno Champs sont soumis à une batterie de tests qui permettent d’en maximiser le potentiel. En bout de ligne, on cherche à identifier les cultures les plus avantageuses pour les producteurs agricoles québécois. Pour en savoir davantage, Le Coopérateur agricole s’est penché sur les travaux de Valérie Chabot, professionnelle de recherche et responsable des essais de régie.



« Je travaille pour les producteurs, exprime la jeune agronome. En fonction des exigences de leurs marchés, je dois identifier les meilleures conditions pour produire une culture donnée, puis formuler les recommandations appropriées pour chaque cultivar ou hybride mis sur le marché et dont se serviront les experts-conseils du réseau CO-OP. »

Hybrides de maïs, cultivars de céréales, soya, plantes fourragères, les essais réalisés sont nombreux. Et les questions aussi. Est-il préférable d’appliquer les engrais à la volée, par fractionnement ou en mélange avec un herbicide? Comment le maïs réagit-il à l’Hyper P? À quel dosage un produit de protection donne-t-il les meilleurs résultats? À quel taux de semis un soya est-il plus productif? Quels sont les meilleurs traitements de semences? Quelle régie de culture améliore la tolérance de l’orge à la fusariose? Quels sont les insectes qui causent le plus de tort et comment les éliminer? Bref, la tâche n’est pas mince.

Professionnelle de recherche à la Ferme Techno Champs, Valérie Chabot a complété un baccalauréat en agriculture et une maîtrise en malherbologie à l’Université Laval. Elle est membre du Comité céréales et de la Commission de phytoprotection du Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ). Elle est aussi membre de la Société de protection des plantes du Québec (SPPQ).

De plus, pour évaluer un cultivar ou un hybride à sa juste valeur, il est nécessaire de regarder plus d’une variable à la fois. « Dans le cas du blé, par exemple, je peux tester deux modes de fertilisation en fonction du rendement qu’ils procureront, explique Valérie. Une régie conventionnelle et une régie à potentiel optimum. Et afin de prendre une décision éclairée quant au choix d’une régie particulière, je dois aussi considérer la verse, le pourcentage de protéine et le poids spécifique, de même que les coûts et les revenus supplémentaires que le mode de régie entraîne. Une régie qui procure à un cultivar de blé un fort rendement, mais qui laisse le taux de protéine et le poids spécifique en deçà des seuils convenables, ne constitue pas une bonne affaire pour le producteur visant, par exemple, le marché de l’alimentation humaine. Il est donc inutile de poursuivre dans cette voie. »

« Je sème également du soya à des espacements de 15 ou 30 pouces entre chaque rang dans un sol lourd ou léger afin de vérifier quels seront les effets sur le rendement, poursuit la professionnelle de recherche. Le maïs fait aussi l’objet de nombreux essais de fertilisation pour déterminer laquelle est la plus efficace et respectueuse de l’environnement. »

Pour s’assurer que les résultats ne sont pas le fruit du hasard, les tests sont effectués pendant au moins trois ans en miniparcelles sur les divers sites de la ferme de recherche. On met également à profit des sites externes ailleurs au Québec pour mieux évaluer les comportements des cultivars sous différents climats.

La responsable des essais de régie doit en plus s’adapter aux nouvelles tendances du marché. Depuis quel- ques années, elle procède à des évaluations de cultivars en semis direct dans différents types de sol pour tenter d’établir des cotes d’adaptabilité pour chacun d’eux.

L’évaluation des cultivars en développement tels que le lin, le canola, le pois sec et le pois d’ensilage fait aussi partie des mandats de la ferme de recherche. À l’occasion, Valérie évalue des cultivars développés par des semenciers d’Europe ou de l’Ouest canadien dont les caractéristiques peuvent s’avérer intéressantes pour les producteurs québécois.

Enfin, elle collabore avec différents fabricants d’intrants et le Centre de recherche sur les grains inc. (CEROM) afin d’évaluer l’efficacité de certains produits phytosanitaires agissant par exemple contre la fusariose de l’épi chez le blé et l’orge.

Une fois toutes ces variables évaluées, et que les meilleurs modes de régie ont été déterminés, on passe à l’étape des essais dans des conditions réelles de culture chez des producteurs collaborateurs. C’est alors que Gilbert Brault, spécialiste en développement au Secteur des productions végétales de La Coop fédérée, entre en jeu. Nous nous entretiendrons avec lui dans une prochaine édition du Coopérateur agricole.

Pour connaître l’inventaire des semences disponibles à votre coopérative, consultez le Guide de semences céréalières et fourragères 2005 et le Guide soya et maïs Elite 2005 disponibles auprès de votre expert-conseil.




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