Comme dans tous les métiers, le monde agricole n’échappe pas aux petits ou gros malheurs qui nous tombent dessus sans prévenir. En agriculture, lorsque survient un accident, une maladie ou un décès, les proches sont affectés, mais l’organisation de l’entreprise est aussi perturbée. Le Coopérateur agricole a rencontré des producteurs qui ont vécu des épreuves. Ils vous racontent comment ils s’en sont sortis.



Le 13 décembre 1995, vers 23 h Pascal Lemire revient d’une réunion. À quelques lieux de chez lui, un sérieux accident bloque la circulation. Il s’engage dans la voie de gauche pour accéder à un rang qui lui permettra de contourner l’embouteillage. Il remarque au passage qu’un des véhicules impliqués ressemble à celui de sa femme. Il s’arrête, descend de l’auto et marche vers les lieux quand, rapidement, des amis viennent à sa rencontre et, le tenant bien par les épaules, lui annoncent l’affreuse nouvelle : sa femme est morte.

L’histoire de Pascal est connue de plusieurs parce qu’elle est bouleversante (voir reportage dans l’édition de novembre-décembre 2004). La question qu’on se pose est : comment un jeune homme d’à peine 30 ans peut-il survivre à tant d’événements en quelques mois : la maladie de sa fille de quatre ans qui doit être régulièrement hospitalisée, le malheur de son autre fille, celle-là âgée de cinq ans, qui s’est fait littéralement passer sur le corps par la roue arrière du tracteur et, finalement, la mort de sa femme? Sans compter que, pendant l’hospitalisation de ses deux filles, son fils de sept ans se casse une jambe.

Pascal dit en avoir manqué des bouts, mais, assurément, ses quatre enfants l’ont aidé à ne pas sombrer dans le désespoir. « Je ne vous dis pas que je n’ai pas craqué, je l’ai fait, mais avec de l’aide j’ai passé au travers. »

Pour éviter bien des embûches s’ajoutant à la charge émotive du décès, Pascal se félicite d’avoir eu un testament formel. « Quand nous possédons une entreprise en société et qu’un des propriétaires décède, tous les comptes bancaires sont gelés.

Programme d’aide aux sinistrés de votre coop agricole
Plusieurs coopératives du réseau de La Coop fédérée ont mis sur pied un programme d’aide aux sinistrés pour leurs membres. Ce programme diffère d’une coopérative à l’autre et se caractérise, entre autres, par un don en argent, un prêt de main-d’œuvre ou des escomptes pour la reconstruction du bâtiment. Certaines ont un programme bien défini, d’autres moins, mais la plupart se font un devoir d’aider d’une façon ou d’une autre.


La poursuite des activités devient compliquée. Dans notre cas, nos papiers étaient clairs, ç’a accéléré le règlement. »

Par contre, la vie avec quatre jeunes enfants, sans maman, n’est pas toujours facile – au moment de l’accident, le plus vieux avait huit ans et la plus jeune, trois ans. Chacun a eu sa réaction, des réactions de tristesse ou de colère, selon l’âge. Évidemment, Pascal doit embaucher une « nounou » pour s’occuper d’eux et voir aux travaux de la maison. « Je sais maintenant que ça vaut cher le travail d’une femme à la maison. »

Sorti plus fort de cette expérience, le jeune homme, aujourd’hui âgé de 39 ans, recommande à tout producteur de s’exercer à accepter l’aide, même sans catastrophe. « On est orgueilleux. On pense souvent qu’on peut tout faire seul. Dans des circonstances aussi difficiles, il est impossible de s’en sortir sans être épaulé. »

Sur le plan de l’aide, Pascal sait de quoi il parle. L’accident de sa femme ayant été diffusé rapidement dans les médias, cinq hommes, des voisins et des amis, se sont rendus chez lui le lendemain matin pour faire la traite.

« Pendant six semaines, je n’ai rien fait sur la ferme. Les premiers jours, mon beau-frère a géré l’ensemble des travaux. Par la suite, mon employé a pris la relève. »

La même générosité des producteurs s’est exprimée en 2002 alors que son étable, y compris tout le troupeau, est rasée par les flammes. On lui donne des embryons de haute génétique, prête des mères porteuses pour refaire son troupeau et fournit de la main-d’œuvre pour reconstruire le bâtiment. « Pour mieux accepter cette générosité, on m’a expliqué que je n’ai pas à me sentir redevable envers les personnes qui m’ont aidé, parce qu’un jour je rendrai la pareille à quelqu’un d’autre. »

Fort heureusement, Pascal n’a pas connu que des malheurs dans sa vie.

Deux ans après le décès de sa femme, il fait construire une maison et démolit l’ancienne. Une jeune femme vient chez lui pour acheter son vieux bois. Comme il le lui donne, cette dernière lui confectionne un bel arrangement floral qu’elle fixe elle-même au mur de la nouvelle demeure. Lorsqu’elle lui demande si sa femme aimera, il répond : « Vous, aimez-vous ça? » Chantal Blanchette n’a plus jamais quitté cette maison, et deux autres bambins se sont ajoutés à la famille.

Ne rien laisser au hasard
Marika Trépanier, notaire à La Coop fédérée
Si vous êtes propriétaire unique de votre entreprise, il est essentiel de rédiger un testament contenant l’ensemble de vos dernières volontés, dont notamment la nomination de votre ou de vos héritiers ainsi que la nomination du liquidateur qui sera responsable de procéder au règlement de votre succession. À défaut de testament, vous aurez ce qu’on appelle une succession légale, c’est-à-dire que ce sont alors les dispositions du Code civil du Québec qui déterminent qui sont vos héritiers et dans quelle proportion ces derniers hériteront, ce qui ne correspond peut-être pas à vos volontés. Par exemple, si vous avez un conjoint et des enfants, le Code civil du Québec prévoit que le conjoint hérite du tiers de votre succession et que les enfants héritent des deux tiers. En conséquence, en procédant à la rédaction d’un testament, vous vous assurez que le règlement de votre succession soit fait selon vos dernières volontés.

Il vous faut aussi un mandat donné en prévision de l’inaptitude. De la sorte, en cas d’incapacité intellectuelle, c’est-à-dire si vous tombez soudainement dans un coma ou êtes atteint d’Alzheimer, la personne que vous aurez choisie s’occupera de gérer vos biens. À défaut, une personne sera nommée par une assemblée de parents, d’alliés et d’amis, composé d’un minimum de cinq personnes parmi votre conjoint, vos enfants, frères, sœurs ou amis, qui choisira l’administrateur de vos biens. Cette rencontre se tient devant un notaire ou un greffier de la Cour. Un conseil de tutelle, formée de trois personnes, verra ensuite à surveiller l’administration du curateur nommé par ladite assemblée.

Si vous êtes en société ou en compagnie, un contrat de société ou une convention entre actionnaires devrait être rédigé au moment de la création de l’entreprise. Habituellement, ces conventions sont dotées de clauses prévoyant les scénarios susceptibles de se produire : décès, invalidité physique, incapacité intellectuelle, etc. Toutefois, cela ne couvre nullement vos biens personnels. Il vous faut donc également rédiger, dans un tel cas, un testament et un mandant donné en prévision de l’inaptitude pour couvrir l’administration, en cas d’inaptitude, ou la dévolution, en cas de décès, de vos biens personnels.

Si vous avez des doutes sur vos arrangements, consultez votre notaire.






En 1992, Maryse et Martin attendent leur premier enfant. Comme tous les couples, c’est un événement extraordinaire. Tout tourne autour de ce petit être qui tantôt éblouira, tantôt inquiétera ses parents. Il vient au monde le 11 avril et s’appelle Mathieu. Mathieu est un enfant plutôt rondelet qui aime bien manger et n’est pas pressé de parler et de marcher. Mais les parents ne s’inquiètent pas outre mesure. Il fait toutefois des crises d’épilepsie, ce qui les amène à consulter un médecin, qui les réfère à l’hôpital Sainte-Justine, à Montréal. C’est là qu’ils apprennent que Mathieu, alors âgé de deux ans, souffre d’une déficience intellectuelle, moyenne à sévère.

« C’est comme si tout s’arrêtait…», raconte le couple encore ému, se rappelant ce moment comme si c’était hier. « Ensuite, viennent les pleurs, la colère, le pourquoi-nous », souligne Maryse en inspirant comme pour retenir une émotion.

Martin a un frère handicapé en raison d’une erreur médicale à la naissance. C’est peut-être ce qui l’aide à mieux vivre avec la déficience de son fils. Quant à Maryse : « J’ai de la misère à accepter sa différence… »

Huit ans après la naissance de Mathieu, naît une petite fille, Justine. Cette dernière, adorable et pétante de santé, fait du bien au couple. Par contre, tous deux avouent vivre toujours d’espoir pour leur fils. Des espoirs qui se transforment continuellement en deuil : le deuil de le voir jouer au hockey, le deuil qu’il prenne la relève de la ferme...

Maryse et Martin tentent d’offrir la meilleure qualité de vie à leur garçon. Il a quatre ans lorsqu’ils l’inscrivent au programme de la Fondation Pinocchios. Un programme qui permet à l’enfant d’améliorer sa condition par des exercices stimulants du point de vue sensoriel, moteur et intellectuel.

Le hic, c’est que les exercices sont astreignants. Maryse veut suivre le programme à la lettre mais n’y parvient pas toujours. Les gens qui l’aident se tannent devant l’exigence du travail et Mathieu n’est pas toujours d’humeur à se faire imposé cette discipline. Devant l’incapacité de la mère à aller jusqu’au bout, la culpabilité s’installe. Surmenée, elle doit arrêter le traitement.

Elle fera d’autres démarches pouvant l’aider à se développer, dont les traitements selon la méthode Tomatis qui améliore le langage, l’ostéopathie qu’elle ne peut poursuivre parce que Mathieu ne veut pas se faire toucher la tête et, plus récemment, l’oxygénothérapie (chambres hyperbar). Cette dernière approche, selon un article de la revue Québec Science paru en mars 1999, « consiste à augmenter la quantité d’oxygène dans les tissus en l’administrant à une pression supérieure à la pression normale atmosphérique ». Depuis que deux enfants atteints de paralysie cérébrale ont séjourné dans une chambre hyperbar, la demande afflue.

Maintenant âgé de douze ans, Mathieu va à l’école spécialisée. L’été, il fréquente le camp de jour. Toutefois, il n’aime pas beaucoup socialiser. Il préfère, par-dessus tout, être à la maison.

Les différents traitements accordés à cet enfant ont coûté près de 10 000 $, sans compter les frais et le temps de déplacement. Les coûts ne s’arrêtent pas là : l’achat de bicyclettes adaptées, les traitements chez le dentiste qui sont plus onéreux parce que Mathieu réagit mal à cette intrusion dans sa bouche, les semelles adaptées à un problème de cheville, le gardiennage de répit dans des centres spécialisés, etc. Maryse et Martin disent comme d’autres parents d’enfants handicapés : « Nous n’avons pas beaucoup de soutien des organismes gouvernementaux. »

Dans toute cette affaire, l’entreprise laitière de 140 têtes dont 50 vaches sont en lactation, n’a pas été négligée. Martin l’exploite avec son frère François et son père Dollard. Lorsqu’il a à s’absenter pour les traitements de Mathieu ou autres choses, il n’a pas de problème de relève.

Outre les coûts et les exigences, en temps et en énergie, les frictions qu’un enfant handicapé occasionne dans un couple sont considérables. Des statistiques démontrent d’ailleurs que les risques d’aboutir à une séparation de couple sont très élevés. Maryse et Martin n’y échappent pas. De fait, Martin n’est pas toujours d’accord avec les décisions de Maryse quant aux traitements qu’elle fait suivre à l’enfant. Il voit Mathieu heureux à la maison à jouer à des jeux vidéo ou avec sa petite sœur, il se demande parfois si les nombreux efforts déployés en valent la peine. Par contre, les deux s’accordent quand l’objectif est d’aider Mathieu à développer le plus d’autonomie possible pour le jour où ils ne seront plus là pour l’aimer, le cajoler, le dorloter…

Conseils de Pierrette Desrosiers, psychologue du travail et productrice laitière
Quand arrive un événement qui désorganise, notre système a le réflexe de se mettre en branle pour s’adapter à cette nouvelle situation. Selon qu’on a, ou non, les ressources nécessaires pour y faire face et selon notre expérience de vie, les stratégies utilisées peuvent être constructives (réorganisation de notre travail, diminution des attentes, acceptation de ce qu’on ne peut changer, investissement dans autre chose de positif) ou au contraire très nuisibles (consommation excessive, négation de la réalité, agressivité, décisions impulsives).

Ce qu’il est bon de faire : Ce qu’il ne faut pas faire :
- Redéfinir ses valeurs (qu’est-ce qui est vraiment important dans ma vie à présent?) et revoir ses priorités en fonction de ses nouvelles valeurs.

- Dresser une liste de toutes les ressources à notre disposition (main-d’œuvre, soutien moral, ressources financières, capacités physiques et psychologiques, etc.)

- Être conscient de notre vulnérabilité et s’assurer de l’objectivité et de la compétence des conseillers qui nous entourent.

- Investir dans nos relations familiales et sociales.

- Apprendre à se donner du temps, se faire plaisir quotidiennement (lire un livre, prendre un bain, parler à un ami…).

- Consulter un professionnel si nécessaire : psychologue, conseiller financier, notaire, etc.

- Changer ce qu’on peut changer et accepter ce qu’on ne peut pas changer (faire des deuils).
- Fuir dans la consommation
(drogues, alcool, médicaments, dépenses excessives)

- Travailler sans cesse pour oublier

- Nier la réalité

- S’isoler, se refermer

- Devenir rigide et contrôlant

- Se couper de ses émotions

- Se punir : cesser de faire ce que l’on aimait,
abandonner nos passions, nos loisirs

- Dépenser son énergie dans des choses inutiles ou non importantes pour soi, s’éparpiller

- Prendre des décisions importantes en situation de crise (par exemple, vendre l’entreprise).






Par une belle journée ensoleillée du 14 août 1973, Gilles Proulx, producteur laitier, se promet plusieurs bonnes heures à faire de l’ensilage. Il s’attelle tôt à la tâche et travaille avec empressement. À 15h40 de l’après midi, il veut aller au devant d’un visiteur en descendant du tracteur par l’arrière. Mauvaise manœuvre : son pantalon se tortille dans le PTO et sa jambe droite se fait complètement brisée. Résultat : amputation de la jambe à quatre pouces sous le genou.

« Le visiteur est vite venu m’informer du drame, raconte Aline Lavoie, l’épouse du producteur, mais il ne voulait pas que j’aille voir. » Aline s’est quand même empressé d’appeler l’ambulance et d’aller le rejoindre pour lui porter secours.

Quant à la réaction du blessé : « J’ai demandé au créateur de sauver mon genou. » Il faut dire que Gilles Proulx ne se questionne pas longtemps sur le pourquoi des choses. Il cherche plutôt des solutions pour vivre le mieux possible avec les événements qui surviennent.

La période de convalescence dure presque un an. « J’ai passé 90 jours à l’hôpital de Rimouski, raconte-t-il. Puis, pendant trois mois, j’y suis retourné régulièrement pour des traitements. Au printemps 1974, je me rends à Montréal pour trois semaines de réadaptation et, enfin, pour l’installation de ma prothèse. »

Pendant ce temps, les travaux de la ferme sont pris en charge par Aline et Denis Proulx, un des frères du producteur, aidés d’un employé en périodes de pointe. Les quatre enfants du couple étaient trop jeunes pour prendre une partie de la besogne, le plus vieux n’avait que 8 ans et la plus jeune, 8 mois.

Quand Gilles est en mesure de reprendre les travaux de la ferme, il adapte son environnement en fonction de son handicap. Il bâtit une nouvelle étable à stabulation libre et installe un salon de traite. « Ça me permettait de rester debout pour faire mon travail et de ne pas avoir à transporter les chaudières de lait. À l’époque, l’étable n’était pas munie d’un lactoduc », explique-t-il. D’ailleurs, ce projet d’étable, il l’avait en tête avant même que le drame survienne.

Avec l’aide de son beau-frère, il patente un épandeur à engrais minéraux à la mesure des efforts qu’il peut fournir. Plus tard, il conçoit un râteau pour ramasser les roches, et ce, avant qu’il en existe sur le marché.

En 1994, les efforts que tous les membres de la famille ont déployés les conduisent à la médaille d’or de l’Ordre national du mérite agricole.

Cet accident a fait en sorte que leurs fils ont dû commencer à travailler très jeunes. « Yves, le deuxième de la famille, faisait de l’ensilage à 12 ans et Pierre manœuvrait la faucheuse motorisée dès l’âge de 13 ans », précise le couple. Les garçons sont maintenant copropriétaires de l’entreprise comptant 176 têtes, dont 70 vaches en lactation, et la plus jeune des filles, Johanne, s’y joindra sous peu. Pendant ce temps, Aline et Gilles se préparent à la retraite.

Besoin de main-d’oeuvre ?
Vous avez besoin de main-d’œuvre temporaire?

Vous pouvez en obtenir en appelant au Centre de main-d’œuvre agricole de votre Fédération régionale de l’UPA. Cet organisme recrute, sélectionne et voit au placement des travailleurs.





Jacques Lemieux, producteur laitier, ovin et acéricole à L’Isle-Verte, est âgé de 47 ans quand il observe que les doigts de sa main gauche manquent de coordination au moment de tourner un écrou. Au printemps 1998, devant une mine un peu mal en point, sa femme, Francine Lévesque, infirmière de formation, lui conseille de consulter un médecin. Après quelques tests, le verdict est rendu : c’est le Parkinson.

Cette affection, qui évolue lentement, se manifeste entre autres par des tremblements, une rigidité des muscles, une difficulté à maîtriser la motricité fine qui entraîne une lenteur dans les mouvements, des pertes d’équilibre et un affaiblissement de la voix. Toutefois, avec les médicaments, plusieurs de ces inconvénients sont suffisamment contrôlés pour offrir une certaine qualité de vie.

Jacques accueille le diagnostic comme si on lui apprenait qu’il a la grippe. « Ce n’est qu’en sortant de la pharmacie avec une panoplie de médicaments que je réalise ce qui m’arrive. » Francine, quant à elle, a beaucoup de mal à l’accepter et elle doit consulter. « Parmi les difficultés que j’ai eu à affronter, il y eut celle d’apprendre à vivre quotidiennement avec Jacques dans la maison, raconte-t-elle. Ce qui était un changement radical dans nos habitudes de vie, parce que mon mari était très actif dans différentes organisations, notamment agricoles, et travaillait toujours sur plein de projets. » En plus, elle avait tendance à prendre le malheur de son mari sur ses épaules et à s’occuper de lui à outrance. Jusqu’au jour où il lui dit : « Je suis assez vieux pour m’occuper de moi. Je vais à mon rythme et si j’ai besoin de toi, je te le dirai. »

Jacques, pour sa part, a eu une réaction qu’on pourrait presque qualifier de sage : il a décidé de se joindre à la Société Parkinson du Bas-Saint-Laurent car, dit-il, l’important est de ne pas s’isoler. Il faut dire qu’il connaissait Claude Rivard, producteur laitier à Causapscal qui avait été diagnostiqué de la même affection quelques mois auparavant. Fortement engagé en agriculture, Claude Rivard était, notamment, président de la Fédération des producteurs de lait et du Syndicat des producteurs laitiers du Bas-Saint-Laurent quand il a appris la nouvelle.

Claude Rivard

« On n’accepte jamais la maladie, exprime l’ancien président de la Fédération, mais on apprend à vivre avec. C’est plus facile lorsqu’on est plusieurs à se soutenir. » C’est pourquoi il a fondé, avec quelques autres personnes atteintes, la section du Bas-Saint-Laurent de la Société Parkinson. Il a également occupé la présidence de la Société, au niveau provincial, pendant trois ans.

Les Lemieux aussi ont senti ce besoin de s’engager au sein de la Société du Bas-St-Laurent, en siégeant au conseil d’administration. Jacques en est d’ailleurs président et agit à titre d’administrateur sur le plan provincial. Avec leurs amis Rivard, ils organisent plusieurs activités, dont des campagnes de levée de fonds pour soutenir la recherche.

La maladie et le chambardement émotif qu’elle occasionne n’ont toutefois pas arrêté les vaches de manger et de produire du lait à la ferme des Lemieux. Ils avaient déjà un employé mais ont dû embaucher encore pour pallier l’absence de Jacques. Les quatre enfants, deux filles et deux garçons, étaient trop jeunes pour assumer une plus grande part des travaux. Fort heureusement, ce producteur laitier détenait une assurance salaire.

Plus tard, Jacques et Francine ont fait affaire avec Carrefour agricole Bas-Saint-Laurent pour préparer le transfert de la ferme à leurs deux fils. Un transfert qui, en fonction des circonstances, s’effectuera plus tôt que prévu. Pierre et Alain ont aujourd’hui 25 et 22 ans. Ils sont engagés à part entière dans l’entreprise. (Voir reportage dans l’édition d’avril 2004).

Cette histoire a quand même des conséquences positives. Jacques et Francine sont plus unis que jamais et profitent de la vie. Vous devriez les voir ensemble, on croirait un jeune couple nouvellement marié. Pour preuve, à la fin de l’entrevue qu’ils ont accordée au Coopérateur, Jacques a déclaré en regardant Francine affectueusement : « Je me sens dix fois plus amoureux de ma femme que le jour où je l’ai rencontrée. »

Pour ce qui est de Claude Rivard, il a dû vendre sa ferme. Avec son épouse, Lise Desmarais, il exploite maintenant un gîte, le Gîte des Tilleuls, où ensemble ils accueillent des gens de partout. Lors de l’entrevue téléphonique, Lise et Claude avaient reçu des Hollandais, des Français et des Allemands durant la semaine. Après avoir visité le monde en tant que président de la Fédération des producteurs de lait du Québec, Claude Rivard reçoit maintenant le monde chez lui.

Le Registre personnel de votre coopérative funéraire
La Fédération des coopératives funéraires du Québec a produit une brochure à l’intention des membres de ses coopératives. Cette brochure, appelé « Registre personnel », est un bon outil pour faciliter la tâche de vos proches en cas d’inaptitude ou de décès parce que vous pouvez y consigner vos renseignements personnels, vos documents financiers (propriétés immeubles, emprunts personnels), vos documents légaux ainsi que vos volontés concernant vos dispositions funéraires. Pour connaître la coopérative funéraire la plus près de chez vous, consultez le site Internet de la Fédération : www.fcfq.qc.ca






L’année 1999 a été plutôt mouvementée pour Jean-Paul Poirier : construction d’un nouveau bâtiment, achat d’une nouvelle terre et rénovation d’un bâtiment existant. Tout cela pour établir ses deux fils. Simultanément, son plus vieux, Daniel, acquiert des animaux, du quota et de l’équipement d’une ferme voisine. Sans crier gare, après quelques mois de fonctionnement à ce rythme, Jean-Paul craque. Diagnostic : dépression.

Trois mois à réussir à peine à lever le petit doigt sans retourner au lit pour récupérer l’énergie dépensée. Pour un homme de 49 ans, très engagé à titre de président de sa coopérative agricole et vice-président de sa caisse populaire, le diagnostic est dur à avaler.
Contraint, il doit lâcher prise et s’appuyer sur sa conjointe, Céline Bonin, ses fils, Daniel et Marco, et son frère Gaétan pour prendre l’entière responsabilité des travaux de la ferme. Heureusement, Jean-Paul avait une assurance salaire, ce qui financièrement facilitait l’embauche d’un homme supplémentaire.

Subitement, après trois mois de repos, Jean-Paul se sent beaucoup mieux. Ce qui est relativement court pour remonter d’une dépression, dit-il. Il remarque, cependant, que ce retour à la vie coïncide avec la fin de la construction du nouveau bâtiment. Premier son de cloche : « Probablement que cette nouvelle construction me stressait beaucoup plus que je ne le croyais », confie-t-il.

En 2001, le couple décide de céder la maison à Daniel, qui avait la responsabilité du troupeau, et aménage au village de Saint-Damase dans la maison paternelle. « J’avais pensé m’acheter une maison près de la ferme, mais un ami, ayant vécu cette expérience, me l’a déconseillé », commente humblement le producteur.

Aujourd’hui, Jean-Paul est toujours en partie propriétaire de l’entreprise avec Céline et ses deux fils.

Le 12 septembre 2004, la Ferme Cyjohn participait à la Journée portes ouvertes à la ferme, où les Poirier accueillaient les visiteurs dans une toute nouvelle étable ultramoderne. Dans cette nouvelle bâtisse, le troupeau de Daniel et sa conjointe, qu’ils exploitaient sur une ferme voisine, est rapatrié. Bref, pour ce qui est de l’entreprise, les affaires vont bien.

Avec le recul, l’homme a compris que plusieurs changements entrepris presque simultanément entraînent un excès de travail et, par conséquent, du stress et de la fatigue. Aussi, l’augmentation du taux d’endettement, quand on n’a pas contracté de nouvelles dettes depuis longtemps, peut occasionner de l’anxiété : « Je suis passé de 20 % d’endettement à 50 %. » Il remarque, en outre, qu’il demeure un peu fragile, même si sa santé est relativement bonne, mais qu’il a développé à travers cette expérience une plus grande confiance en lui.

Soyez bien assurés
Denis Roy, trésorier et directeur des finances et des technologies à l’UPA

Depuis 1982, l’Union des producteurs agricoles ainsi que La Coop fédérée ont mis sur pied un programme, appelé SécuriTerre, qui vous permet d’avoir des plans d’assurances adaptés à vos besoins, et maintenus à des prix compétitifs. Si vous doutez que votre couverture soit convenable, vous pouvez communiquer avec votre fédération régionale de l’UPA, qui vous mettra en contact avec le représentant de Desjardins de votre région.



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