Gilbert Brault est spécialiste au développement au Secteur des productions végétales de La Coop fédérée. Son travail consiste essentiellement à identifier les croisements de lignées parentales de maïs qui permettent d’obtenir des hybrides performants qu’utiliseront les producteurs québécois. Nous l’avons rencontré pour qu’il nous explique ses tâches plus en détail.

« Notre mission est de devenir un des leaders du développement des semences de maïs dont la zone de maturité se situe entre 2 000 et 3 000 unités thermiques maïs (UTM), explique Gilbert Brault, et ce, au Québec et dans l’est de l’Ontario, puis ultérieurement dans les Maritimes et l’Ouest canadien. »

La Coop fédérée ne développe aucune lignée parentale de maïs. Elle conclut des ententes d’utilisation avec des entreprises américaines et européennes. Une fois les lignées identifiées, elle fait produire la semence hybride par des entreprises spécialisées au Canada, aux États-Unis, en Europe et au Chili.

Le processus d’évaluation commence en mini parcelles. Des parcelles de deux rangs, espacés de 30 pouces, sur sept mètres, comptant une centaine de grains, sont aménagées à Sainte-Rosalie, La Présentation et Saint-Augustin. Ces trois sites assurent l’évaluation de différentes zones de maturité. Chaque année, Gilbert Brault commande 500 hybrides différents en fonction des caractéristiques qu’il recherche et qu’il désire évaluer.

Les critères de sélection qui retiennent l’attention de Gilbert Brault sont nombreux : émergence, vigueur, floraison, tolérance aux maladies, humidité, poids spécifique, qualité des grains, hauteur du plan et de l’épi, verse des tiges et des racines, courbe de séchage au champ et rendement.

« Notre climat se situe entre les zones humides (de la côte atlantique de l’Europe) et semi-arides (du Midwest américain), où on y enregistre entre 2 000 et 3 000 UTM, poursuit Gilbert. Notre période végétative étant courte, il faut semer tôt et souvent dans des conditions humides. C’est d’ailleurs pourquoi, afin de maximiser le potentiel de rendement, on sème des hybrides pleine maturité en fonction de la zone. Aussi, puisqu’on se fait souvent prendre par les gelées d’automne, on se doit de travailler avec des hybrides à poids spécifique élevé. »

De ces essais, le spécialiste au développement retiendra une cinquantaine d’hybrides qui seront évalués en parcelles en plein champ (parcelles PEC) chez des producteurs collaborateurs. Quelque 30 000 grains de chacun des hybrides seront semés sur quatre à six sites. Trente-deux collaborateurs testeront les hybrides destinés à la production de maïs grain et huit autres se consacreront aux essais avec les hybrides utilisés pour produire de l’ensilage. La Coop fédérée teste environ 20 hybrides sur chacun des sites en fonction des UTM.

« Les commentaires des producteurs collaborateurs sont particulièrement utiles, ajoute-t-il. La capacité de battage, l’égrenage des épis lors de la récolte, de même que l’appréciation de la verse, de la qualité des racines et de la tige sont des observations que l’on pourrait difficilement faire sans leur aide. De plus, nombre d’entre eux possèdent des batteuses dotées de moniteur de rendement qui permet d’apprécier à la fois le rendement et le taux d’humidité du grain récolté. »

La troisième étape du processus d’évaluation se poursuit avec la sélection, annuellement, de cinq hybrides que l’on développera à des fins commerciales. Ces hybrides sont d’abord mis en démonstration dans de multiples parcelles du réseau des coopératives agricoles. Les résultats d’évaluation de ces parcelles, appelées X Démo, seront compilés dans la base de données de La Coop fédérée et à laquelle ont accès tous les experts-conseils du réseau CO-OP.

Précisons que des essais en mini parcelles sont aussi réalisés ailleurs dans le monde, notamment en Europe et aux États-Unis. Ces données sont compilées et partagées de façon confidentielle entre toutes les entreprises qui effectuent ce type d’études.

« Les semences de maïs hybrides que nous commercialiserons cette année sous la marque Elite ont donc fait l’objet de plusieurs années d’essais, fait savoir le spécialiste au développement. En général, il faut compter entre trois et cinq ans pour qu’un hybride se retrouve sur le marché. Dans un premier temps, ces nouvelles semences hybrides ne sont produites qu’en quantités limitées, ce qui permet de vérifier l’intérêt qu’elles suscitent avant de les produire à grande échelle. » Combien de temps un hybride reste-t-il sur le marché?
« Les hybrides commerciaux ont une durée de vie de trois à dix ans », indique-t-il.

Gilbert Brault consacre 80 % de son temps au développement d’hybrides de maïs. Pour le reste, il évalue entre autres l’efficacité des traitements de semences aux fongicides et aux insecticides qui enrobent les semences. Par exemple, l’insecticide Poncho aide à protéger les racines des attaques des insectes.

La Coop fédérée évalue aussi d’autres types de molécules qui pourraient être homologuées et s’avérer d’une grande utilité sous nos conditions climatiques.

Pour réaliser tout ce travail, Gilbert coordonne une équipe de trois personnes. L’agronome Claude Borduas est responsable des parcelles d’essais et deux stagiaires en poste durant l’été l’aident à amasser les données de divers essais.

Une fois que les nouveaux hybrides de maïs sont disponibles sur le marché, Gilbert Brault agit à titre de conseiller et de formateur auprès des experts-conseils du réseau CO-OP.

Il leur explique quelles sont les caractéristiques de ces hybrides et comment ceux-ci se comportent au champ sous différentes conditions : sol, zone de maturité, humidité, etc.

En plus des ententes convenues avec les entreprises productrices de lignées parentales, La Coop fédérée conclut des ententes d’utilisation de nouveaux gènes, tels que le Bt -Bacillus thurigiensis luttant contre la pyrale et la chrysomèle, le Liberty Link et le Roundup Ready. Trois gènes Bt, dont la propriété intellectuelle revient à des entreprises multinationales, sont disponibles sur le marché. Ces gènes appartiennent aux compagnies Monsanto, Syngenta et Dow AgroScience/Dupont. Le gène Liberty Link appartient à Bayer CropScience. Quant au gène RR 2, il est la propriété de Monsanto.

« La Coop fédérée n’est liée d’aucune façon à ces entreprises, précise Gilbert Brault. Il s’agit d’ententes qui nous assurent liberté et neutralité. »




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