Dans la pratique, il y a autant de programmes de lumière, en intensité comme en durée d’éclairage, qu’il y a d’éleveurs de poulets de chair. Une situation légitime car chaque éleveur possède ses propres méthodes d’élevage et chaque bâtiment ou site d’élevage est unique.

Dans les pays chauds situés près de l’équateur, les éleveurs de poulets doivent composer avec la lumière du jour, car la majorité des bâtiments d’élevage ont des murs ajourés ou des murs en toiles translucides. Si, pour une période donnée de l’année, la durée du jour est de 14 heures (de lumière), l’éleveur ayant un bâtiment avec toile translucide ne pourra pas avoir plus de 10 heures de noirceur. Il doit donc tenir compte de la durée de lumière naturelle pour bâtir son programme de lumière selon les performances zootechniques que son bâtiment et sa régie lui permettent d’atteindre. Par contre, pour des bâtiments à murs opaques, la lumière étant fournie uniquement par l’éclairage artificiel, l’éleveur a le plein contrôle sur son programme lumineux.

Beaucoup de projets de recherche ont été faits au Canada pour développer des programmes lumineux efficaces et spécifiques aux bâtiments avec murs solides, donc opaques, comme les nôtres, mais qui peuvent aussi s’appliquer aux bâtiments avec des murs en toiles opaques. Une des particularités, dont on doit tenir compte dans le choix de nos programmes de lumière, c’est la génétique de nos oiseaux. Voyons ce qu’ont à dire deux sélectionneurs parmi les plus demandés au Québec.


La lumière selon Cobb
Avec la génétique des oiseaux d’aujourd’hui, la fréquence des problèmes de santé comme l’ascite, le syndrome de mort subite, la dischondroplasie tibiale ou le « spiking » peut diminuer grâce à un programme de lumière appliqué correctement.

Les programmes lumineux favorisent aussi le développement du système immunitaire, permettent d’atteindre des gains moyens quotidiens élevés et augmentent la viabilité du troupeau. La conversion alimentaire est aussi améliorée en partie grâce à cette meilleure viabilité. Toutefois, faites attention de ne pas être trop restrictif dans votre programme de lumière, c’est-à-dire de donner trop de noirceur, car on peut alors diminuer le gain moyen quotidien de nos poulets.

TABLEAU 1
Programme lumineux pour un GMQ de 55 grammes
Âge
(jour)
Durée lumière
(heures)
Durée noirceur
(heures)
Intensité lumineuse
(lux)
0
24
0
20 à 60
1
23
1
20 à 60
6 à 7
18
6
5 à 10
10 à 11
15
9
5 à 10
13 à 15
12
12
5 à 10
15 avant l'abattage
15
9
5 à 10
12 avant l'abattage
18
6
5 à 10
9 avant l'abattage
21
3
5 à 10
6 avant l'abattage
23
1
5 à 10
1 à 2 avant l'abattage
23
1
10 à 20


Aussi, plus on restreint les heures de lumière dans une journée, plus on restreint l’accès à l’eau et à l’alimentation. Les ajustements comme la hauteur des mangeoires et des abreuvoirs, la qualité de l’aliment servi, la composition nutritionnelle de l’aliment et la gestion des silos d’aliments, deviennent plus importants lorsque la durée de la période éclairée est restreinte. Le tableau 1 présente un programme lumineux qui convient aux élevages ayant un gain moyen quotidien de 55 grammes et plus par jour. Prêtez une attention particulière à l’intensité lumineuse et au fait que 24 à 48 heures avant la sortie des oiseaux, on augmente l’intensité de 5 à 10 lux pour préparer les oiseaux à l’attrapage.

TABLEAU 2
Programme lumineux pour un GMQ de 50 grammes
Âge
(jour)
Durée lumière
(heures)
Durée noirceur
(heures)
Intensité lumineuse
(lux)
0
24
0
20 à 60
1
23
1
20 à 60
7 à 8
18
6
5 à 10
11 à 12
15
9
5 à 10
15 avant l'abattage
18
6
5 à 10
12 avant l'abattage
20
4
5 à 10
9 avant l'abattage
21
3
5 à 10
6 avant l'abattage
23
1
5 à 10
1 à 2 avant l'abattage
23
1
10 à 20


La composition nutritionnelle des aliments est un facteur important pour atteindre les résultats visés et elle va de pair avec la régie pratiquée. Une concentration plus grande en certains nutriments et une formulation exacte des recettes d’aliments rendent possible l’atteinte de meilleures performances.

TABLEAU 3
Programme lumineux pour un GMQ de 45 grammes
Âge
(jour)
Durée lumière
(heures)
Durée noirceur
(heures)
Intensité lumineuse
(lux)
0
24
0
20 à 60
1
23
1
20 à 60
8
18
6
5 à 10
12 avant l'abattage
20
4
5 à 10
9 avant l'abattage
21
3
5 à 10
6 avant l'abattage
23
1
5 à 10
1 à 2 avant l'abattage
23
1
10 à 20


Le programme lumineux est adapté à la composition nutritionnelle car, comme on peut le constater aux tableaux 2 et 3, pour un gain moyen quotidien moins élevé (GMQ de 45 ou 50 grammes), le programme comportera plus d’heures de lumière comparativement au programme présenté au tableau 1. On pourrait avancer que le principe derrière ces programmes est qu’il faut donner plus de temps aux oiseaux pour consommer un aliment moins concentré, et que les autres paramètres de régie nécessitent que l’on stimule davantage la croissance des oiseaux en leur donnant plus de lumière.

TABLEAU 4
Programme lumineux de base proposé par Ross/Aviagen.
Âge des oiseaux
(jour)
Intensité lumineuse
Durée heures lumières/heures noirceur
(pied-chandelle)
(lux)
0à 7
3,0 à 4,0
30 à 40
23/1
8 à 28
1,0 à 1,5
10 à 15
20/4
29 avant l'abattage
0,3 à 0,5
3 à 5
23/1


La lumière selon Ross
Le poulet de génétique Ross est performant et Aviagen, la compagnie qui le produit et le distribue, propose un programme de base assez simple. Ce programme lumineux est efficace et constitue une base à laquelle on peut apporter des modifications selon notre régie et les performances de nos élevages.

Aviagen vante les mérites de sa sélection génétique basée sur une croissance soutenue combinée à des traits comme la bonne capacité cardio-vasculaire ainsi que des pattes fortes et saines. Cette sélection sévère permettrait un gain de poids élevé sans les problèmes généralement associés à une croissance rapide, comme le « spiking » ou l’ascite.

Comme on peut le constater au tableau 4, ce programme lumineux est modérément restrictif. Notez que l’intensité lumineuse durant la période de noirceur ne doit pas dépasser 0,4 lux (0,04 pied-chandelle) pour que les oiseaux la perçoivent réellement comme une noirceur totale.


Conclusion
Comme dans toutes les situations vécues sur une ferme où il faut prendre une décision de régie, on doit tenir compte de la situation actuelle de la ferme. Dans le cas présent, cela signifie que les programmes donnés en exemple ne sont pas « coulés dans le béton » et doivent être modifiés selon les performances zootechniques moyennes de la ferme, la génétique et le sexe des oiseaux en place, la régie pratiquée sur la ferme et les aliments utilisés.


* L’auteur est spécialiste en nutrition avicole à La Coop fédérée.




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