La saison de culture 2005 arrive à grands pas, mais êtes-vous conforme au Règlement sur les exploitations agricoles (REA)? Vous avez fait faire votre bilan du phosphore, mais n’avez toujours pas votre plan agroenvironnemental de fertilisation (PAEF)? Vous avez déjà obtenu un PAEF, mais n’avez jamais fait faire de mise à jour annuelle? Ou encore, vous êtes producteur de grandes cultures, vous n’avez pas d’animaux, pas de fumiers à gérer et n’avez toujours pas de PAEF? L’article qui suit répondra à vos interrogations.

Depuis le 15 juin 2002, plusieurs entreprises agricoles sont visées par l’article 22 du REA qui stipule que « L’épandage de matières fertilisantes n’est permis que pour fertiliser le sol d’une parcelle en culture. Il ne peut être fait qu’en conformité d’un plan agroenvironnemental de fertilisation (…) » Le REA précise que les entreprises suivantes doivent établir un PAEF :

• Les exploitants de lieux d’élevage sur fumier liquide ainsi que ceux de lieux d’élevage avec gestion sur fumier solide dont la production annuelle de phosphore (P205) est supérieure à 1 600 kg.

• Les exploitants de lieux d’épandage (de fumiers ou d’engrais minéraux) dont la superficie cumulative est supérieure à 15 ha, exclusion faite des superficies en prairies et pâturage. Dans les cas de productions maraîchères ou de fruits, la superficie cumulative est réduite à 5 ha.

L’obligation de détenir un PAEF était soumise à un échéancier, qui dépendait de la quantité de phosphore produite annuellement par l’entreprise, du mode de gestion des fumiers, de la superficie en culture ou du type de culture produite. Toutefois, depuis le 1er avril 2004, tous les exploitants visés par cet article doivent détenir un PAEF.


PAEF, suivi de fin de saison, mise à jour du PAEF
Pour certains, ces termes peuvent prêter à confusion. Un plan agroenvironnemental de fertilisation (PAEF) est, comme son nom l’indique, un plan de fertilisation complet, auquel on ajoute une description notamment de l’entreprise, du cheptel, des superficies en culture, du calcul de la production de fumier ou lisier ainsi qu’un diagnostic agroenvironnemental de l’entreprise. En somme, ce document regroupe l’ensemble de vos recommandations en matières fertilisantes pour l’année prévue. Après la saison de culture, un agronome doit faire un suivi des recommandations que l’on retrouve au PAEF (article 25 du REA). Ce suivi consiste à passer en revue la saison terminée et à noter les changements effectués, par exemple les cultures réalisées ou l’épandage des fumiers à l’aide du registre d’épandage. Finalement, avant de commencer chaque saison, le PAEF doit être mis à jour. Cette mise à jour consiste principalement en un document regroupant vos nouvelles recommandations en fertilisation ainsi que tout changement relatif à votre entreprise, s’il y a lieu (nombre d’animaux, superficies en culture, etc.)


Mon PAEF à la coop?
Plusieurs coopératives sont dotées d’un service en agroenvironnement. Ces services sont rendus par les experts-conseils et les différentes étapes liées à la réalisation du PAEF sont faites avec la collaboration de tous. Les différents experts-conseils qui travaillent avec un producteur, que ce soit sur le plan des semences, de la moulée ou de l’agroenvironnement, échangent des informations afin d’offrir un service adapté aux besoins du client et conforme à la réglementation, et ce, tout en ayant une vision globale de l’entreprise. Les producteurs bénéficient d’un service personnalisé, effectué par une personne qui connaît leur entreprise, leurs besoins et leur historique.

Prenons le cas d’un producteur de grandes cultures qui n’utilise que des engrais minéraux (aucun fumier). Lors de la réalisation de son PAEF, les experts-conseils élaboreront un plan de fertilisation qui tiendra compte, entre autres, de ses rendements, des hybrides qu’il aura choisis et de ses habitudes de travail, de façon à fournir au producteur un outil de travail utile, tout en s’assurant de sa conformité au REA.

Dans un autre cas, afin de valider le rejet réel en phosphore d’un troupeau, les différents intervenants à la coopérative pourraient discuter de la ration utilisée par ce troupeau ainsi que de la régie du producteur afin d’obtenir un diagnostic des plus complets.

Les coopératives travaillent à l’aide d’un logiciel de fertilisation leur permettant, entre autres, de réaliser des PAEF. Ce logiciel exclusif sert autant à la création d’une partie du dossier client servant à réaliser des PAEF qu’au calcul servant à formuler les engrais minéraux.

En résumé, un producteur qui choisit l’agroenvironnement avec sa coopérative profite des connaissances de chacun de ses experts-conseils. Que ce soit par l’entremise de son expert-conseil en productions végétales, animales ou en agroenvironnement, il obtiendra toute l’information dont il a besoin, de même que les services qui s’y rattachent.


* L’auteure est experte-conseil en agroenvironnement à La Coop fédérée.




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