Luc Morin est un homme d’action qui a du flair pour les bonnes occasions d’affaires. Le développement de son entreprise, La Ferme Avicole B. Morin & Fils, en témoigne avec éloquence.

« Mon but, c’est de progresser », lance le producteur d’œufs de consommation de Saint-Bernard-de-Michaudville. Bien qu’il avoue ne pas avoir de plan d’affaires précis, Luc Morin sait pourtant exactement où il s’en va et ne néglige pas les détails. L’aviculteur possède la deuxième entreprise de ce type au Québec. Ses pondoirs, répartis sur deux sites, ont une capacité de 205 000 pondeuses.

Le Québec dénombre 109 producteurs d’œufs de consommation qui élèvent, au total, 3,5 millions de pondeuses. Le troupeau moyen compte entre 30 000 et 35 000 pondeuses.

En 2003, quand la possibilité d’acquérir une importante quantité de quota de poules pondeuses s’est présentée, Luc n’a pas hésité très longtemps. L’investissement qu’il allait faire lui permettrait d’ériger un lieu d’élevage pouvant abriter jusqu’à 100 000 pondeuses et qui serait équipé des toutes dernières technologies de production. Pour prendre connaissance des plus récents développements en matière de bâtiments avicoles, il effectue de multiples voyages en Europe et aux États-Unis. Son projet se concrétisera en 2004 avec l’aide d’ingénieurs et d’experts-conseils en production.

Avec ses 405 pieds sur 68, les dimensions du bâtiment sont pour le moins impressionnantes. D’ailleurs, pour gagner du temps dans leur déplacement, les huit employés de la ferme y circulent régulièrement à vélo. Le bâtiment et les équipements qu’il contient ont nécessité un investissement de trois millions $. Tout y est automatisé : alimentation, ventilation, éclairage, traitement du fumier et collecte des œufs. Quelque 420 ampoules à faible consommation d’énergie sont nécessaires pour éclairer les lieux et respecter le programme de lumière qui assurera l’obtention d’une ponte optimale. Sept batteries de cinq étages totalisent 12 600 cages de 24 pouces sur 24 chacune. Chaque poule dispose de 72 pouces carrés, soit largement plus que les dernières exigences en matière de bien-être animal.


Les anciens pondoirs, situés sur un autre site, à quelques kilomètres du nouveau bâtiment, ont également été mis aux normes de bien-être animal, un aspect de la production auquel Luc Morin accorde beaucoup d’importance. Afin que les pondeuses de ces bâtiments puissent aussi bénéficier de 72 pouces carrés d’espace, un certain nombre d’entre elles ont été transférées dans le nouveau pondoir.


L’environnement
Le nouveau bâtiment est actuellement dans une zone où l’on enregistre un surplus de fumier. « Pour surmonter cet obstacle, explique Luc Morin, je me suis équipé d’un séchoir qui permet de traiter toutes les déjections des oiseaux. » Des courroies situées sous chacune des rangées de cages acheminent le fumier au séchoir où il est déshydraté jusqu’à près de 90 % de matière sèche. Le bâtiment qui l’abrite jouxte le poulailler et mesure 206 pieds sur 21. C’est la chaleur des poules récupérée par le système de ventilation du bâtiment qui alimente le séchoir. Il n’y a donc là aucune perte d’énergie. Cet ingénieux procédé réduit en plus les odeurs à l’intérieur comme à l’extérieur du bâtiment et assure un contrôle efficace des mouches. D’une grande valeur fertilisante, les 1000 tonnes de fumier séché ainsi produites chaque année sont entreposées puis vendues à un centre de traitement de Bedford.

Sept batteries de cinq étages totalisent
12 600 cages de 24 pouces sur 24 chacune.

Le producteur élève en plus, annuellement, 100 000 poulettes qui, à 19 semaines d’âge, prennent la relève des pondeuses arrivées au terme de leur cycle de production de 52 semaines. Les autres oiseaux nécessaires au renouvellement de son troupeau sont, pour le moment, à 50 % élevés à forfait. Un vide sanitaire d’au moins sept jours est respecté entre les lots de pondeuses. « Mon prochain objectif, c’est d’être autosuffisant en poulettes d’élevage », indique celui pour qui les défis agrémentent le quotidien. Pour ce faire, Luc Morin convertira éventuellement deux des pondoirs situés sur le deuxième site de production. Une fois rénovés, ces bâtiments pourront accueillir et produire la totalité des poulettes d’élevage de l’entreprise.

La Ferme Avicole B. Morin & Fils consomme environ 90 tonnes de moulées par semaine. Les programmes alimentaires des poulettes et des pondeuses sont élaborés par le Comptoir Agricole de St-Hyacinthe, division de Comax, coopérative agricole. L’experte-conseil Maryse Labbé en assure le suivi. Les poules de race Hy-Line sont fournies par le couvoir provincial de La Coop fédérée.

Le bâtiment où sont entreposées les 1 000 tonnes de fumier séché produites par année.

Les œufs pondus dans chacune des batteries du nouveau bâtiment sont transportés jusqu’aux installations de préclassement et d’entreposage réfrigéré de la ferme, et ce, grâce à un convoyeur central de 500 pieds de long. Les œufs y sont ensuite ramassés trois à quatre fois par semaine par Nutri-Œuf, un poste de classement et de mirage de Saint-Hyacinthe qui est la propriété de 32 producteurs d’œufs, dont Luc Morin.

Au moment d’écrire ces lignes, le nouveau pondoir n’était pas rempli à capacité. « La politique nationale dans le secteur des œufs a alloué, le 26 décembre dernier, une augmentation de 3,5 % de la production, calculée sur les quotas détenus, en raison de l’accroissement de la consommation en œufs de table, précise toutefois Luc Morin. Cette décision me permettra de remplir mon bâtiment. »

Enfin, avec une relève nombreuse et grandissante (il a sept enfants), l’envergure de son entreprise permettra d’établir ceux et celles qui, comme lui, souhaiteront grandir dans l’œuf…

Ce n’est donc pas sans raison que le leitmotiv de Luc Morin est le suivant : « Toujours mieux équipé pour répondre au marché ».




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