La phase naissance-sevrage
Durant cette phase, où les agneaux sont avec les mères, il est important de favoriser une consommation hâtive de concentrés et de fourrages, afin de transformer en ruminants ces agneaux qui, à la naissance, n’ont pratiquement qu’une caillette fonctionnelle. Pour ce faire, il est impératif que les agneaux puissent consommer de l’eau. Car au contact du lait, se forme la gouttière œsophagienne qui fera passer le lait directement à la caillette. L’eau, quant à elle, passera par le rumen. Elle est nécessaire à un bon établissement de la flore du rumen et en favorisera la prolifération. C’est cette flore qui assurera ultérieurement une bonne digestion de la fibre et des concentrés. Mais prenez garde, ce n’est pas parce que les brebis ont de l’eau que les agneaux en ont! Est-elle accessible?

L’eau favorisera aussi une consommation hâtive d’aliments solides, soit les fourrages et les concentrés. Plus la consommation de ces aliments est grande, moins le sevrage est stressant. Durant cette phase, la nouvelle moulée Ovation Pulp-0-20 ou l’Ovation 19 % sont des choix judicieux.


La coccidiose
Après le diagnostic de ce protozoaire chez vos agneaux, ou tout simplement en prévention, vous utilisez une moulée à agneaux médicamentée pour contrôler la coccidiose (sous recommandation de votre vétérinaire). Tout va bien, les agneaux ne démontrent pas de symptômes, les gains sont excellents et, un beau jour, c’est le sevrage. Sevrage égale stress!

Vos agneaux sont gardés dans un environnement favorable, il n’y a pas d’entassement excessif et ils passent d’une moulée médicamentée à un mélange grains et supplément. Mais il y a des précautions à prendre.

D’abord, il importe de choisir un supplément protéique qui convient aux grains et fourrages que vous utilisez. Ce supplément doit être complémentaire aux grains, doit combler les besoins en protéines et, surtout, assurer un apport adéquat en protéines non dégradables dans la ration. Le logiciel SynchrowWin, développé pour La Coop fédérée, permettra à votre expert-conseil d’identifier lequel vous convient le mieux.

Aussi importe-t-il d’avoir un ratio grains-supplément qui correspond aux besoins énergétiques et protéiques des agneaux en fonction de leur stade de croissance. Pour contrôler la coccidiose, il peut être avantageux qu’il soit médicamenté pour continuer de servir un mélange avec les mêmes niveaux de médication qu’avant le sevrage dans la moulée début agneaux.

Une ferme aux prises avec ce problème, qui sert une moulée Ovation médicamentée avant le sevrage et qui transfère à un mélange 3 pour 1 non médicamenté au sevrage, verra souvent apparaître des symptômes de coccidiose et une baisse marquée des performances.

Les coccidies sont opportunistes et en profitent pour frapper en période de stress; et le sevrage est le moment idéal pour elles. Alors, il est recommandé de garder la même moulée au moins une semaine après le sevrage ou d’introduire un mélange approprié de grains et de supplément médicamenté au moins une semaine avant le sevrage, pour éviter les sources de stress.

Votre vétérinaire vous conseillera sur le produit à utiliser et son dosage, car il n’y a aucun produit homologué au Canada. Une prescription est requise pour pouvoir acheter des moulées ou suppléments médicamentés, souvent fabriqués avec du Deccox, Bovatec ou Rumensin. Les résultats, à la suite de l’utilisation de coccidiostatiques dans un milieu favorable, sont excellents.


Les agnelles
Vous venez de sevrer un groupe d’agneaux, c’est maintenant le temps de choisir vos agnelles de remplacement. Vous pouvez baser votre choix sur plusieurs critères, comme ceux de la prolificité, de l’aptitude laitière, de la capacité de s’adapter aux changements de saison, etc. Mais du point de vue de l’alimentation, quelle devrait être la stratégie?

Tout d’abord, rappelons-nous que les agnelles seront mises à l’accouplement vers 8-9 mois d’âge, lorsqu’elles auront atteint 70 % de leur poids d’adulte. Donc, pour y arriver, il n’est pas nécessaire, ni recommandé, de favoriser une croissance maximale.

Prenons des brebis de 70 kg desquelles on sélectionne des agnelles de remplacement, qui pèsent autour de 22 kg au sevrage. Elles devront réaliser des gains journaliers de 130 grammes pour peser 49 kg à neuf mois, et être ainsi prêtes pour l’accouplement.

Pour y arriver, de bons fourrages (autour de 14 % de protéine), un peu de grains et des minéraux à libre choix font habituellement bien le travail. Si elles sont élevées au froid, l’ajout de concentrés peut être nécessaire. En tout temps, il est important de garder un œil sur la condition de chair (entre 3 et 3,5) et sur les gains réalisés pour ajuster la ration au besoin.

Des agnelles sélectionnées dans un parc d’agneaux lourds avec une alimentation forte en concentrés obtiendront un poids pour la saillie beaucoup trop tôt et seront trop grasses. Une déposition de gras dans la future glande mammaire entraînera une réduction subséquente du développement des cellules sécrétrices de lait.

La fertilité et la prolificité pourraient aussi être affectées à la baisse. De plus, le rumen risque d’être endommagé par l’acidose. Donc, l’alimentation des agnelles doit être modérée, et ce, à partir de trois mois ou 30 kg de poids vifs.


Les agneaux lourds
Vous avez de beaux agneaux issus d’un bon bélier et vous décidez de les finir en lourd. Tout d’abord, il est important d’avoir un environnement favorable, des lots uniformes et d’éviter l’entassement, source de stress.

Ensuite, il faudra les alimenter pour avoir une rentabilité maximale. Ceci signifie de produire des agneaux avec de bons GMQ et qui atteindront leur poids d’abattage très rapidement. Par exemple, si on a des agneaux de 25 kg au sevrage et que le poids de vente désiré est de 50 kg, il faudra 62 jours avec un GMQ de 400 grammes ou 83 jours avec un GMQ de 300 grammes! Nous avons donc des agneaux prêts à être vendus entre quatre et cinq mois d’âge.

Pour arriver à ces résultats, une alimentation adéquate est de rigueur. L’utilisation de RTM avec des proportions spécifiques de fourrages et de concentrés est l’idéal. Cependant, en raison de l’investissement nécessaire à ce mode d’alimentation (silo, mélangeur), la majorité des fermes utilisent la moulée (ou une proportion de grains et supplément) servie à volonté, avec un fourrage de qualité intermédiaire (foin sec à 12 % de protéine). Les agneaux consomment autour de 80 % de concentrés. Selon la génétique et les résultats obtenus, il faut adapter le programme alimentaire.

Les proportions de grains et supplément à respecter sont très importantes pour avoir de bons taux de gain, mais surtout une bonne conversion alimentaire (kg d’aliments nécessaires pour faire un kg de gain) et un coût/kg de gain produit le plus faible possible.
Des agneaux qui passent d’une moulée début 19 % à un mélange de grains et de supplément non adaptés (5 pour 1) occasionneront des gains inférieurs et un coût/kg de gain supérieur. Avec des pesées régulières et des agneaux regroupés par strates de poids, l’utilisation des concentrés est optimale.

Quelle est la conversion alimentaire moyenne de vos agneaux? Combien vous coûte un kilo de gain? Pour arriver à d’excellents résultats, il faut d’abord savoir d’où on part et se donner des objectifs à atteindre.

Une entreprise dont le troupeau est affecté par la coccidiose achète, sous la recommandation de son vétérinaire, une moulée médicamentée pour ses agneaux, effectue un sevrage à 60 jours et transfère ensuite à un mélange de grains et supplément de 5:1 non médicamentés. Après réflexion, le choix du supplément est adapté au grain utilisé, un coccidiostatique y est ajouté et les quantités servies sont ajustées, passant de la début 19 % à un mélange orge : supplément de 3:1 (sevrage - 30 kg), 4:1 (30 à 40 kg) et 5:1 (40 kg et +) graduellement. En plus d’utiliser un supplément plus coûteux, il faut en servir plus! Quel sera l’impact sur le coût/kg de gain? Si dans la situation de départ il y a beaucoup de variation dans les résultats et que la coccidiose en est en partie responsable, le simple fait de choisir un supplément adapté sera bénéfique. Si les agneaux ne consommaient pas assez de protéine ou si celle-ci était trop dégradable, l’utilisation du supplément serait loin d’être optimale. Le ratio protéine-énergie a une grande influence sur les taux de gain et la qualité de la carcasse.


Nouvelle gamme
Dans le but de bien répondre aux besoins des agneaux lourds en croissance, le réseau CO-OP a lancé, en septembre 2004, une nouvelle gamme de suppléments Ovation dont certains sont adaptés aux grains à la ferme pour faire de l’agneau lourd. De plus, certains de ces suppléments contiennent une bonne source de fibres digestibles. Pourquoi? Parce qu’en plus de stimuler la consommation volontaire de matière sèche, ces fibres sont une source d’énergie moins acidifiante au rumen que les grains.

Par exemple, pour une ferme qui utilise de l’orge, le supplément se doit d’être à plus haute teneur en protéine non dégradable pour complémenter l’orge qui en contient peu. Dans cette situation, le nouveau Pulp-Ovation 3755 est recommandé. Pour une ferme qui utilise du maïs grain, la protéine du supplément doit être plus dégradable. Le tout nouveau Pulp-Ovation 38 serait un excellent choix, car il contient également des fibres digestibles.

Il ne faut pas oublier que ces agneaux ont des besoins importants en minéraux. Les suppléments de la gamme Ovation sont, pour cette raison, très minéralisés. Ils contiennent tous du sélénium organique qui favorise le maintien d’un bon système immunitaire. Lorsque servis en quantité suffisante, ils rencontreront les besoins en minéraux dans la plupart des situations.

Le tout nouveau Bloc Ovation 15-5, aussi avec sélénium organique, devrait tout de même être servi à libre choix en guise de sécurité. Moins les quantités de suppléments servis seront élevées, plus la consommation va augmenter, et vice versa.


L’été s’en vient… les pâturages
Il y a de moins en moins de producteurs qui utilisent les pâturages dans leur régie d’alimentation. Pour plusieurs, c’est un choix de régie, mais pour d’autres, ce sont les résultats décevants lors de l’entrée des animaux à l’automne qui les ont fait délaisser cette pratique. Pourquoi? Parce qu’après avoir aménagé plusieurs parcelles, avoir rendu l’eau accessible en tout temps, avoir fourni des minéraux à libre choix, etc., nombre de producteurs ont constaté, lors de l’entrée à l’automne, que les animaux étaient en condition de chair insuffisante, que le nombre de brebis avortées était supérieur à la normale et que la mortalité des agneaux est plus élevée chez les brebis qui ont pâturé. Bref, des résultats très décevants.


Les parasites
Il existe plusieurs parasites que l’on retrouve dans les pâturages et ceux-ci font des dommages considérables, allant de la perte de poids à la baisse du système immunitaire, en passant par la production de lait inférieure et une quantité moindre de viande produite. Que faire? Si on décide de faire pâturer, il faut penser prévention et vermifuge. Comme l’utilisation systématique de vermifuge peut amener une résistance aux produits antiparasitaires, il faut d’abord essayer de développer des stratégies de prévention, et ensuite procéder aux traitements lorsque nécessaire. Un dépistage régulier, par analyse de fumier, est un facteur clé dans la lutte contre les parasites. Faire des rotations de pâturage et déplacer des animaux vermifugés de 24 à 48 heures après le traitement dans un autre pâturage sain sont deux exemples de prévention.

Par contre, comme le cycle de reproduction des parasites est continu, il faut parfois vermifuger souvent. Selon le niveau d’infestation, des rappels seront nécessaires toutes les trois à six semaines. Par exemple, vous sortez vos animaux le 20 mai et vous voulez faire des traitements antiparasitaires aux pâturages. Vous pourriez donc traiter vers la fin juin, au début août et lors de la rentrée à l’automne. Il est très important de traiter au minimum un mois avant l’agnelage si des animaux vont aux pâturages et sont parasités, afin de leur permettre de renforcer leur système immunitaire et de préparer un colostrum de qualité.

Plusieurs produits sont disponibles auprès de votre vétérinaire pour effectuer des traitements antiparasitaires. Le réseau CO-OP commercialise le VERDICT, un vermifuge à base de Fenbendazole (Safe-Guard) qui contrôle certains parasites internes. Il faut un diagnostic et une prescription de votre vétérinaire pour pouvoir utiliser ce produit, car il n’est actuellement pas homologué pour les ovins. Disponible en sac de 40 kg, il doit être servi, de façon générale, à raison d’environ un kilo par 225 kg de poids (selon la recommandation du vétérinaire), ou un sac de 40 kg pour 150 brebis de 60 kg. Il suffit tout
simplement d’aller au champ, de développer une routine de quelques jours en faisant des tas de grains ici et là pour que les animaux s’approchent et consomment tous en même temps. Une fois ceci bien maîtrisé, vous mélangez dans les bonnes proportions le vermifuge VERDICT avec votre grain, et faites le même nombre de tas. Le traitement se fait avec une dose unique, avec un rappel dans trois à six semaines. Lors de la rentrée à l’automne, l’utilisation d’un vermifuge qui contrôle à la fois les parasites internes et externes est préférable et recommandée. Parlez-en à votre vétérinaire.


Conclusion
La force d’une chaîne sera toujours égale à sa maille la plus faible, vous connaissez tous cette expression. Pour n’importe quel producteur ovin, l’identifier au sein de son entreprise et y travailler est un pas dans la bonne direction. Cet article et celui paru en janvier vous permettront peut-être de la trouver et de la renforcer afin d’améliorer votre efficacité. Pour plus d’information, contactez votre expert-conseil, il a les outils pour vous aider!


* L’auteur est expert-conseil, ruminants, région Bas-Saint-Laurent, à La Coop fédérée.




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