Les producteurs de porcs qui travaillent avec le réseau CO-OP ont fait le bon choix. Les aliments distribués par l’ensemble des coopératives sont à l’origine des performances exceptionnelles qu’ils obtiennent du côté environnemental. Grâce à ces résultats, ils sont en meilleure position pour se conformer aux exigences qu’impose le REA (Règlement sur les exploitations agricoles).

Depuis maintenant près de dix ans, le réseau coopératif québécois a commencé son travail de réduction des rejets en phosphore (P) en production porcine. À l’origine, des travaux de recherche ont été menés chez CRF. Plusieurs projets ont été conduits afin de bien définir les besoins des porcs et comprendre l’interaction potentielle entre le P et les autres nutriments présents dans l’aliment. Les résultats obtenus ont été graduellement implantés dans les aliments commerciaux et validés à l’aide de tests effectués au FRAPP (Ferme de Recherche et d’Application en Production porcine, de La Coop fédérée, située au Québec).

Aujourd’hui, les résultats obtenus par les producteurs utilisateurs des produits CO-OP le confirment, les efforts portent fruit.

Le tableau 1 montre la moyenne des rejets en P par porc. Ils sont calculés à l’aide des données issues de la compilation AGREPP 04 regroupant les performances des porcs entre le 1er janvier et le 31 décembre 2003. Plus de 810 000 porcs ont été utilisés pour produire ces données.

Tableau 1:
Rejets en P par porc (entre 20 et 107 kg de poids vif)
Source
AGREPP 04
CREAQ (valeur référence)
Rejets (g/porc)
453
633

Les producteurs, qui travaillent avec ces aliments et qui suivent les recommandations CO-OP, rejettent en moyenne 28 % moins de P par porc que la valeur de référence utilisée provenant du Centre de références économiques en agriculture du Québec (CREAQ).

Outre les basses teneurs en P des aliments utilisés, les excellentes performances techniques obtenues par ces porcs sont aussi à l’origine de ces résultats (voir le reportage dans l’édition de novembre-décembre 2004). Mentionnons aussi que plus de 95 % des aliments porcs distribués dans le réseau CO-OP contiennent de la phytase ajoutée, une enzyme qui permet aux porcs de mieux utiliser le P apporté par les céréales.

Tableau 2 :
Répartition des élevages selon les rejets en P/porc
Rejets (g/porc)
% des élevages
- de 400
47
- de 500
85
- de 600
93
+ de 650
2

Tableau 3 :
Comparaison des rejets réels et estimés (kg)

Rejets en P
Rejets en P2O5
Réels
1359
3089
CRÉAQ
1899
4393
Différence
540
1231

Le tableau 2 nous montre la répartition des élevages qui composent ce groupe. On y voit que près de 50 % des élevages ont des rejets inférieurs à 400 g/porc, ce qui est excellent. Quand on y pense, il y a dix ans, les rejets étaient supérieurs à 1,2 kg/porc, que de chemin parcouru! On y voit aussi que plus de 90 % des élevages ont des rejets en P inférieurs à la valeur proposée par le CREAQ, là aussi la donnée impressionne.

Pour des producteurs qui mettent en marché 3000 porcs par année, la différence au niveau des rejets est majeure. Le tableau 3 nous donne les rejets réels produits par cette ferme et ceux qui lui seraient attribués si la valeur CREAQ est utilisée.

Sachant qu’à moyen terme il faudra que chaque ferme ait à sa disposition toutes les superficies nécessaires à l’épandage de ses lisiers (et de son contenu en P), il est primordial pour chaque entreprise de réduire au minimum ses rejets. Celles qui ont opté pour l’utilisation des programmes alimentaires et de régie CO-OP ont fait le bon choix.


*L’auteur est responsable, nutrition porc, au Secteur des productions animales de La Coop fédérée.




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