La Coop fédérée lance un centre d’expérimentation sur la cochette en croissance. Ce genre de recherche aussi complète ne se fait nulle part ailleurs et le besoin est grand, affirme Yan Martel Kennes, coordonnateur des activités de recherche aux productions animales à La Coop fédérée.



L'objectif de cette station expérimentale, explique le coordonnateur de recherche, est d’identifier et de valider les besoins nutritionnels optimaux des jeunes truies et de produire des cochettes plus performantes et donc plus rentables. Les améliorations visées sont, entre autres, la longévité, la prolificité, la capacité laitière, la qualité des membres et l’âge à la première saillie. Un volet particulier portera sur la truie chinoise Youna (lignée sino-européenne) commercialisée par notre filiale Sogéporc. Pour ce faire, des tests alimentaires sont effectués pendant la phase de croissance, soit de 6 à 120 kg. Ensuite la carrière reproductrice des sujets est évaluée en élevage commercial.

D’où vient le besoin de cette recherche?
D’une part, répond Yan Martel Kennes, au cours des dernières années, plusieurs efforts ont été déployés pour améliorer la productivité des truies, notamment du point de vue de la régie, de l’alimentation, du statut sanitaire et de la génétique. Or, sur ce dernier point, particulièrement, la truie a beaucoup évolué, insiste-t-il. Il est donc nécessaire maintenant de caractériser les besoins nutritionnels de la truie pendant la phase de croissance pour mieux exploiter son nouveau potentiel génétique.

Yan Martel Kennes, coodonnateur des activités de recherche à La Coop fédérée.

D’autres part, poursuit le jeune coordonnateur en recherche, dans la littérature on retrouve très peu de résultats d’expérimentations faites sur la cochette en croissance. S’il en existe, ils ne sont pas rendus publiques par leur instigateur. Par contre, chez le bovin, il a été démontré que l’alimentation de la génisse a un effet sur les performances futures de la vache. De ce fait, l’équipe de recherche des productions animales de La Coop fédérée est convaincue que l’alimentation de la cochette pendant ce stade aura un impact sur les performances reproductives des truies et seront donc plus rentables.

Ce programme de recherche, tient à préciser le spécialiste, est basé sur l’hypothèse que la période de croissance mène, dans certains cas, à une restriction de l’expression du potentiel génétique des truies à haute productivité durant leur carrière.

Bien que le réseau CO-OP fasse cavalier seul dans ce projet, il travaille en étroite collaboration, en échangeant de l’information, avec Cooperative Research Farms (CRF), dont elle est membre, et INZO, une coopérative française aussi membre de CRF.

David Guillou, nutritionniste chez INZO : « À l’heure du développement de génétique supérieure, telle que la truie chinoise, il est difficile de croire que peu de données existent sur les besoins nutritionnels et la reproduction de la truie. » M. Guillou souligne que les quelques informations qu’ils possèdent en France proviennent d’Agriculture Canada et datent déjà de quelques années. « Nos fermes n’ont pas l’ampleur suffisante pour mettre sur pied ce genre de projet, nous sommes donc intéressés par l’approche de La Coop fédérée. »

La recherche est réalisée à la ferme de Lyne Robitaille et Pierre Drouin, située à Adstock, près de Thetford Mines. Seize silos sont nécessaires pour faire l’essai de différents traitements alimentaires.

Marquis Roy, expert en nutrition porcine à La Coop fédérée et coordonnateur du comité de recherche en production porcine à CRF, confirme que CRF a des besoins sur le plan de la recherche sur la cochette. C’est donc un projet majeur pour La Coop fédérée? « Oui, répond-il, c’est un projet très innovateur et la possibilité de l’effectuer à l’intérieur de notre réseau coopératif québécois est un grand avantage. »

Le projet se trame depuis un an à La Coop fédérée. La première étape fondamentale de cette démarche était de trouver une ferme où réaliser les essais, c’est-à-dire un site stricte sur le plan de la biosécurité, des bâtiments de bonne qualité, une zone où l’approvisionnement et la vente des cochettes se font facilement et des producteurs minutieux.

La Ferme Pierline, propriété de Lynne Robitaille et Pierre Drouin, située à Adstock, près de Thetford Mines, répondait parfaitement à ces critères. Le couple, tous deux bacheliers en agronomie, cherchait d’ailleurs de nouveaux défis à relever : « Nous avons accepté de participer à ce projet en raison du sérieux que démontrait La Coop fédérée à investir dans ce type de recherche. »

Véronique Chabot, professionnelle de recherche, est responsable de la station de recherche sur la cochette.

Leur entreprise, qui compte environ 1000 places porc, accueille les cochettes à 6 kg de poids vif. La période de croissance se poursuivra jusqu’au poids de la vente à 115-120 kg. Le troupeau est géré en rotation et 76 cochettes sont reçues aux deux semaines. Les premières cochettes en expérimentation sont arrivées à la ferme le 20 décembre dernier.

La Coop fédérée a investi pour adapter les bâtiments de la ferme à ses besoins expérimentaux. Elle y a installé, entre autres, quatre unités d’alimentation automatique qui, grâce à des puces électroniques, enregistrent le comportement alimentaire des cochettes. « Cet équipement, venu de Hollande, est à la fine pointe de la technologie », raconte Yan Martel Kennes. La Coop a aussi érigé 13 silos portant le nombre total à 16, pour avoir la capacité d’expérimenter plusieurs traitements alimentaires à chaque phase de croissance.

Le travail d’expérimentation est supervisé par Véronique Chabot, agronome et M.Sc., une professionnelle de recherche qualifiée et possédant une bonne connaissance de l’alimentation et de la nutrition porcine. « J’étais auparavant au service de la formulation à La Coop fédérée, raconte-t-elle. Étant aussi détentrice d’une maîtrise en reproduction dans le porc, ce projet m’intéresse beaucoup. »

Marquis Roy, expert en nutrition porcine
à La Coop fédérée.

Pour assurer la cueillette de données et le suivi des truies durant toute leur carrière reproductive, l’équipe de recherche a retenu deux maternités commerciales, situées dans la même région que la Ferme Pierline. « Cette étape est cruciale, commente Yan Martel Kennes, car c’est le moment où nous verrons les résultats de nos différents essais. »

La ferme Ghyslain Gagné, de Saint-Frédéric de Beauce et la ferme Amoporc, propriété de Jimmy Blais située à Saint-Magloire, sont les deux maternités avec lesquelles La Coop fédérée travaillera à contrat pour recueillir les données des truies en production. Elles comptent chacune plus de 500 truies.

Et comment les producteurs de porc du réseau de La Coop fédérée bénéficieront de cette nouvelle activité? « Les résultats des essais expérimentaux seront utilisés dans nos programmes alimentaires pour les cochettes en croissance du réseau Sogéporc, affirme Yan Martel Kennes. Ainsi, conclut le coordonnateur de cette recherche, les producteurs qui utilisent notre génétique auront une longueur d’avance sur les autres, soit de meilleures reproductrices afin de maximiser la rentabilité de leurs élevages. »





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