Ensilage de maïs, sorgho, millet japonais, soya d’ensilage, Protéo-Mix, ray-grass, ce n’est pas le choix qui manque lorsque vient le temps de remplacer une luzernière.



Une fois le printemps arrivé, il est temps de faire le tour des luzernières avec votre expert-conseil pour évaluer les dommages que les conditions hivernales peuvent avoir causés. Que faire s’il y a beaucoup de dommages? Quelles sont les solutions pour produire un fourrage de remplacement abondant et de qualité pour alimenter les animaux?

L’ensilage de maïs
L’ensilage de maïs est sans contredit la première option à considérer s’il est possible de produire cette culture et de l’entreposer. De plus, les surplus peuvent être récoltés en maïs grain, ce qui permet de diminuer les pertes au minimum.

Il y a plusieurs avantages à alimenter les vaches laitières avec des rations à haute teneur en ensilage de maïs. Le premier est certes la simplicité : une seule récolte d’ensilage par saison. L’ensilage de maïs est normalement d’une qualité fourragère assez constante. En comparaison avec d’autres fourrages, l’ensilage de maïs est relativement facile à réussir grâce à sa période étendue de récolte.

De plus, les besoins en foin sec sont moins importants, ce qui est très compatible avec une situation de rareté et de prix élevé.

L’alimentation du troupeau est également simplifiée. On parle d’une plus grande stabilité nutritionnelle de l’ensilage de maïs (une même récolte tout au long de l’année versus plusieurs coupes), et c’est également un fourrage très appétant qui favorise la consommation, un facteur de réussite très important en production laitière. L’ensilage de maïs est une excellente source d’énergie, les besoins en concentrés énergétiques sont donc moins importants.

Il faut toutefois faire attention à ce que les avantages ne deviennent pas des inconvénients. Les rations élevées en ensilage de maïs sont très énergétiques et les prises de poids excessives sont plus probables en milieu et fin de lactation, ce qui peut être précurseur de plusieurs désordres métaboliques. De plus, l’ensilage de maïs n’est pas très riche en protéines, ce qui demande de plus grandes quantités de suppléments protéiques pour combler les besoins des vaches laitières.

Le sorgho
L’usage du sorgho au Québec se limite aux semis de mi-saison dans les zones de plus de 2500 UTM. Les exigences de cette culture sont semblables à celles du maïs ensilage. Le sorgho nécessite de la chaleur, mais ses besoins en eau sont relativement faibles, ce qui en fait une plante moins sensible à la sécheresse que le maïs. Son rendement est toutefois inférieur à celui du maïs, mais supérieur à celui des céréales de printemps. Les sorghos peuvent être pâturés, affouragés en vert ou ensilés. Comme ensilage, on doit prévoir deux coupes, soit :
1re coupe : 50 et 60 jours après le semis;
2e coupe : 35 à 40 jours après la 1re coupe.

Sous une telle régie, la teneur en protéines brutes varie de 13 à 17 %. Toutefois, attention à l’acide prussique pouvant empoisonner les ruminants qui s’en nourrissent. Les cas d’empoisonnement par l’acide prussique sont diminués si l’on prend les précautions suivantes : une hauteur de coupe minimum (70 cm), des niveaux de sodium et de soufre suffisamment élevés dans la ration et une attente d’au moins cinq jours après une gelée légère pour la paissance. Une forte gelée (-5°C), entraînant la mort du plant, diminue la teneur de cet acide à 0 ppm après la limite de cinq jours, quelle que soit la hauteur de la plante au moment du gel.

Le millet japonais
Le millet japonais est une plante de climat chaud qui a une zone d’adaptation similaire à celle du maïs fourrager.

Il peut être cultivé dans les sols où l’avoine peut être produite. Il peut être pâturé et utilisé comme fourrage vert et ensilage. Comme fourrage vert ou ensilage, la récolte s’effectue au stade 50-75 cm de hauteur et on peut compter sur deux ou trois regains selon le régime de coupe.

Soya d’ensilage mammouth III rr
Pour les zones de 2400 UTM et plus, ce soya, destiné à l’ensilage, produit un rendement élevé à l’hectare de matière sèche riche en protéines (voir tableau ci-dessous). C’est une variété Roundup Ready, donc facile à désherber et très compatible avec le semis direct. Ce soya peut être semé jusqu’à la fin du mois de juin. De plus, étant donné que la semence est relativement petite, il est économique à semer. Il s’adapte très bien à tous les types de sol. Cependant, ne pensez surtout pas à le récolter en grains, car il est trop tardif pour notre climat. On doit le faucher lorsque les premières gousses ont 2,5 cm, ce qui laisse une dizaine de jours pour le récolter. Pour maximiser la consommation d’ensilage de soya, la récolte doit être ensilée, car la production en balles rondes enrobées laisse plus de refus. Enfin, n’oubliez pas de l’inoculer avec le Coop-Sile II.

Protéo-Mix
Il s’agit d’un mélange de céréales et de pois destiné à produire un fourrage d’appoint haut en protéines. Il peut être utilisé en ensilage ou en balles rondes enrobées. Il offre un rendement élevé en protéines et est facile à semer.

Il peut être pâturé à condition de contrôler l’accès des animaux au champ.

La production d’un ensilage élevé en protéines dépend principalement du stade de coupe. Si on retarde le temps de coupe, on obtient plus de matière sèche avec un contenu plus bas en protéines. Une récolte au stade gonflement de la céréale (Zadoks 45 à 50) peut produire un ensilage avec un contenu de ± 18 % de protéines. Si la récolte est retardée, la protéine descend rapidement à 8 ou 10 % et la conservation (fermentation) devient plus difficile. Pour obtenir un rendement élevé, les mélanges Protéo-Mix doivent être semés tôt au printemps.

Les Protéo-Mix peuvent être utilisés comme plante-abri de semis puisque la récolte hâtive permet à la lumière de rejoindre les plantules de fourragères.

Le ray-grass
Le ray-grass est une graminée originaire d’Europe, d’Afrique et d’Asie. Au Québec, il faut considérer cette plante comme une annuelle compte tenu des conditions climatiques de l’hiver. Cette graminée s’établit rapidement et possède un système radiculaire peu profond, rendant cette culture sensible à la sécheresse. Le ray-grass peut être utilisé comme foin et ensilage.

Comme vous pouvez le constater, plusieurs options s’offrent à vous comme fourrages d’appoint. L’expert-conseil de votre coopérative saura vous conseiller pour choisir la solution la mieux adaptée à votre entreprise.




*L’auteur est expert en grandes cultures au Secteur des productions végétales de La Coop fédérée.




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