Avec une production annuelle de plus de deux millions de kilos de chair, la Société coopérative agricole de Saint-Damase possède le plus important complexe d’élevage de dindons lourds du réseau CO-OP.



En 1998, la Société coopérative agricole de Saint-Damase s’est portée acquéreur d’un important complexe d’élevage de dindons. Situé à l’Ange-Gardien, le complexe compte trois sites regroupant en tout 11 bâtiments dont deux pouponnières. On y élève des dindons lourds de 15 kilos à 118 jours d’âge.

La SCA de Saint-Damase et Comax, coopérative agricole ont toutes deux été, au cours des années 90, actionnaires du Comptoir agricole de Saint-Hyacinthe, une meunerie qui approvisionne plusieurs producteurs de volailles de la région. Après quelques années de gestion commune, Comax rachetait les parts de la SCA. Les liquidités dégagées lors de la transaction ont permis à la coopérative de Saint-Damase de faire l’acquisition du complexe d’élevage qui s’avérait une bonne occasion d’affaires.

Christian Poirier utilise le logiciel Optichair, conçu par La Coop fédérée, pour gérer le troupeau de dindons et effectuer des calculs de rentabilité. Le programme alimentaire est élaboré par La Coop fédérée et comprend six phases en fonction du stade de croissance des oiseaux. La conversion alimentaire des élevages varie entre 2,25 et 2,30. La taux de mortalité et le taux de condamnation à l’abattoir sont de l’ordre de 2 % chacun.

Sur le site 1, on retrouve deux poulaillers de deux étages chacun. Gérés en mode tout plein tout vide, les bâtiments permettent, au total, la production de 5700 dindons par année.

Le site 2 est composé de huit poulaillers d’un étage dont deux servent de pouponnières. Ces bâtiments sont gérés de façon continue. Chaque mois, en alternance, les pouponnières sont emplies d’un lot de 8400 dindonneaux. Les dindonneaux sont d’abord élevés en pouponnière jusqu’à l’âge de six semaines puis transférés dans les engraissements. Une pouponnière fournit deux engraissements. Dans le processus, deux semaines sont réservées pour les travaux de nettoyage et de désinfection des pouponnières. Enfin, le site 3 compte un seul poulailler de trois étages d’une capacité de 7000 dindons.

Puisque La Coop fédérée n’exploite pas de couvoir la SCA de Saint-Damase s’approvisionne auprès du couvoir Unik, de Saint-Grégoire.

Le complexe produit 140 000 dindons par année, soit environ deux millions de kilos de chair. À titre de comparaison, le Québec en entier en produit quelque 30 millions de kilos par année.

D’importantes améliorations ont été apportées aux infrastructures au fil des ans. Chaque bâtiment du complexe est maintenant doté d’un système de contrôle électronique de la ventilation et de la température.

Les installations d’élevage donnent de l’emploi à quatre personnes dont trois ont plus de 25 ans d’expérience dans le métier. Hector et Gisèle Lussier sont responsables du site 2 (ci-dessus). Réjean Bussière s’occupe du site 1 et François Demers, employé depuis un peu plus d’un an, s’affaire au site 3.

Une des pouponnières du site a été équipée d’un plancher chauffant (eau chaude et gaz naturel) qui assure un meilleur confort aux dindonneaux. « Il s’agit d’un investissement important mais rentable, assure Christian Poirier, expert-conseil à la SCA de Saint-Damase. La mortalité et la conversion alimentaire ont baissé, ce qui a permis de dégager deux sous de plus par kilo de chair produit. L’investissement sera entièrement payé en cinq ans. » Puisque les résultats sont concluants, la coopérative projette de munir la deuxième pouponnière d’un plancher chauffant.

Des entrées d’air et deux ventilateurs de 48 pouces de diamètre ont été ajoutés dans les six bâtiments d’engraissement du site 2. Ces nouveaux équipements serviront tout particulièrement en période de canicule.

Une génératrice stationnaire a été installée à chacun des sites de production. Une génératrice mobile est aussi disponible en cas de bris ou de besoins plus élevés en énergie.
Le site 2 compte sept puits d’approvisionnement en eau. Puisqu’elle est relativement basique (pH 8), Christian envisage d’installer un système qui acheminera l’eau à un réservoir central afin de pouvoir l’acidifier jusqu’à un pH d’environ 6,4. L’acidification de l’eau améliorera la conversion alimentaire. L’eau de tous les bâtiments du complexe est chlorée pour en assurer une plus grande salubrité.

Les oiseaux du complexe de la SCA de Saint-Damase sont abattus et transformés à l’usine Unidindon de Saint-Jean-Baptiste. Cette usine, certifiée HACCP, appartient à Olymel s.e.c. et Exceldor. Olymel se spécialise dans la transformation et la surtransformation des produits de dindons alors qu’Exceldor mise sur les produits frais.

Le site 2 du complexe d’élevage de dindons lourds de la SCA de Saint-Damase, ci-contre. Grâce au toit cathédral, les parquets (sans poteaux) se nettoient plus aisément après les 18 semaines d’élevage que nécessite un lot.

Pour redorer l’image du dindon et en accroître la consommation qui régressait année après année, une campagne publicitaire a été mise en branle en 2003. Elle est coordonnée et soutenue financièrement par la Fédération des producteurs de volaille, Olymel s.e.c., Exceldor, les meuniers et les couvoirs. Grâce à l’augmentation du montant prélevé sur chaque dindon abattu et à l’apport de sommes équivalentes provenant des abattoirs, les publicités ont misé sur la promotion des découpes de dindons et sur la qualité nutritionnelle de cette viande. « Cette campagne a eu des effets positifs sur la consommation, fait remarquer Christian Poirier, car les inventaires de viandes de dindons sont à leur niveau le plus bas depuis plusieurs années. »

Le complexe de la SCA de Saint-Damase est en voie d’obtenir l’accréditation du Programme de salubrité des aliments à la ferme mis sur pied par l’Office canadien de commercialisation du dindon. Il s’agit d’une procédure qui s’inspire en grande partie du Programme d’assurance de la salubrité des aliments à la ferme (PASAF) élaboré par les Producteurs de poulets du Canada et reconnu par l’Agence canadienne d’inspection des aliments. Dans le cadre de ce programme, une formation est offerte à tous les producteurs de volailles du Canada et chaque entreprise fait l’objet d’une procédure de contrôle pour s’assurer que les mesures exhaustives de biosécurité sont respectées.

Le site 1

Le but de l’exercice est de procurer une image de qualité au consommateur et le programme le permet, preuves à l’appui. « Grâce à des normes de qualité élevées, on espère aussi restreindre l’entrée de produits concurrents en provenance de l’étranger », ajoute Christian Poirier. On souhaite également que toute la chaîne de production, de la ferme à la table, soit soumise à une forme d’accréditation reconnue. La meunerie de la SCA de Saint-Damase est d’ailleurs déjà certifiée HACCP, une méthode d’assurance de la qualité acceptée mondialement.

« Puisque les producteurs sont déjà sensibilisés aux questions de biosécurité à la ferme, les nouvelles mesures n’entraînent pas de changements majeurs dans leur façon de faire, exprime Christian Poirier, et tous sont d’avis qu’il s’agit d’une bonne chose pour l’industrie. »




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