On en parle depuis plus d’un an, maintenant ça y est. Pour affronter la nouvelle donne des marchés et les exigences des consommateurs notamment sur le plan de la traçabilité, La Coop fédérée met en place la contractualisation coopérative. Denis Richard, président de La Coop fédérée, nous en parle.



Le Coopérateur agricole : M. Richard, qu’est-ce que la contractualisation coopérative et pourquoi avoir mis en place cette nouvelle façon de faire?

Denis Richard : Nous vivons dans un monde de plus en plus intégré. Il y a des joueurs très puissants capables d’aller chercher de meilleurs prix parce qu’ils contrôlent tout le processus de production. Ces joueurs nous rendent la vie difficile sur les marchés. Cette formidable efficacité, nous voulons la reproduire en mode coopératif. Pas au bénéfice d’actionnaires, mais au bénéfice de nos sociétaires. Nous allons donc mettre à la disposition de nos producteurs agricoles, qui veulent participer à la contractualisation, nos outils collectifs, soit nos abattoirs, notre génétique, notre expertise, nos meuneries, etc.

Le Coopérateur agricole : La contractualisation s’installera plus tard dans toutes les productions, et vous commencez par la production porcine. Dans ce secteur, est-ce que ce sera payant pour les producteurs?

Denis Richard : C’est le but de l’exercice! En raffinant nos produits, en assurant une traçabilité totale, en répondant de façon pointue aux exigences de plusieurs segments du marché, nous allons chercher un meilleur prix. En outre, cette coordination collective diminue les coûts de transaction et de production, et ce, au bénéfice des sociétaires.

Le Coopérateur agricole : Pouvez-vous donner quelques exemples de ce qui se trouve au cahier de charge pour produire du porc à la manière contractuelle?

Denis Richard : C’est un cahier de recettes qui assurera aux acheteurs l’intégrité du produit. Ce cahier s’impose parce que nous exportons dans 70 pays, dont le Japon et les États-Unis. Chaque pays a ses exigences subtiles et nuancées et c’est dans ces produits spécifiques que se trouve l’argent. Autrement dit, nous allons produire à des coûts de production de masse pour des marchés de créneau. D’où l’idée des cahiers de charge. C’est pourquoi il y aura un seul cahier de normes en partant, mais il y en aura plusieurs autres.

Le Coopérateur agricole : Est-ce que tous les producteurs de porcs du réseau de La Coop fédérée doivent s’y soumettre?

Denis Richard : Non, c’est sur une base volontaire. Nous pensons que dans un an, le nombre de porcs contractualisés représentera 3 à 4 % de la production totale du Québec.

Le Coopérateur agricole : Les produits issus de la contractualisation du réseau coopératif seront vendus sous le sceau « certifié coop ». Qu’est-ce que cette certification représente?

Denis Richard : Pour le consommateur, le sceau « certifié coop » indique que le produit qu’il achète est fait selon des normes spécifiques au réseau coopératif, notamment sur le plan de la salubrité, le respect de l’environnement et le bien-être animal. Et tous ces éléments de régie de production sont vérifiables.

Le Coopérateur agricole : Les producteurs, qui choisissent de faire de la contractualisation, auront-ils à modifier leurs façons de faire?

Denis Richard : Oui, parce qu’ils acceptent de vendre avant de produire plutôt que de produire et vendre après. Il y a une inversion de la chaîne de valeur et cette inversion nous permettra d’aller chercher de meilleurs prix sur le marché.

Le Coopérateur agricole : Est-ce que cette manière de faire peut entraver la mise en marché collective?

Denis Richard : Non. Toutes les procédures ont été mises en place de façon à respecter les conventions de mise en marché en vigueur actuellement. Tous les porcs, y compris ceux certifiés coop, continueront d’être vendus par l’entremise de l’encan électronique.




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