La Société coopérative agricole des Bois-Francs a remporté, en février dernier, les grands honneurs de la troisième édition du concours de la Coopérative Étoile.



Pour Damien Lemire, qui entrait au conseil de la coopérative en 1993, et qui agit à titre de président depuis 2001, cette reconnaissance, dont il n’est pas peu fier, est l’occasion de faire le point et de constater tout le travail accompli. « On jette un œil derrière nous et on s’étonne », exprime-t-il avec une émotion palpable.

« Ce prix qu’a lancé La Coop fédérée en 2003 est excellent pour le réseau, croit pour sa part Robert Béliveau, directeur général de la SCA des Bois-Francs. Il stimule les coopératives à s’améliorer, à se dépasser. »

La coopérative est en nomination au Panthéon de la performance 2005, organisé par la Chambre de commerce des Bois-Francs, dans la catégorie moyenne et grande entreprise. Elle a été sélectionnée pour ses résultats de la dernière année, la qualité de ses produits et services, ses réalisations et son engagement dans le milieu. Les grands gagnants seront dévoilés le 25 mai prochain.

Que de chemin parcouru depuis le début des années 90 alors que la coopérative était au creux de la vague. En effet, encore quelques années à ce régime et c’en était fait de ce qui avait jadis été un fleuron du réseau CO-OP.

Pas question de baisser les bras, se sont alors exprimés d’une seule voix les membres du conseil d’administration à l’époque. L’entreprise n’avait d’autre choix que de redresser la barre et reprendre le leadership dans son milieu. Un changement de garde s’imposait. L’arrivée de Robert Béliveau à la direction de la coopérative a contribué à changer la donne. « C’est le chef d’orchestre qu’il nous fallait, assure Damien Lemire qui prend soin d’ajouter que le titre Étoile-Coop 2005 est d’abord une victoire d’équipe qui rejaillit sur tous les sociétaires et employés.

Sous la gouverne de Robert Béliveau, le chiffre d’affaires de l’entreprise passe de 39 millions de dollars en 1992 à 89 millions de dollars en 2004. Le nombre de sociétaires progresse de manière fulgurante. On compte aujourd’hui 895 membres réguliers et plus de 4000 membres auxiliaires, une catégorie qui, en 1997, était totalement inexistante. C’est à coup de 500 membres auxiliaires par année, soit près de deux par jour, et ce, depuis huit ans, que s’est constitué ce vaste réseau de clients issus principalement du milieu urbain. Située en bordure de Victoriaville, la coopérative des Bois-Francs a su, au fil des ans, créer des liens solides avec les gens de la ville et s’en attirer un grand respect. « L’entreprise est d’ailleurs reconnue comme un excellent citoyen corporatif », assure Stéphanie Trudel, conseillère en communication à la coopérative depuis 2001. Les dons et commandites distribués chaque année à de multiples entreprises dans des secteurs clés (agriculture, jeunesse, santé, lutte à la pauvreté, coopération) contribuent au maintien et au développement d’une nécessaire économie régionale.

Le centre de rénovation de la coopérative des Bois-Francs, à Victoriaville, comprenant une quincaillerie et un centre de jardinage, a été construit en 1997, puis agrandi en 2003. Il est aujourd’hui le plus important centre de ce type dans le réseau CO-OP. « En 1997, seulement 10 à 15 % du chiffre d’affaires du secteur de la quincaillerie était réalisé avec les membres, indique Robert Béliveau. Aujourd’hui, c’est plus de 70 %. L’accroissement important du nombre de membres auxiliaires, tant à Victoriaville, à Warwick qu’à St-Félix, explique notamment cette bonne performance.»

Il y a une décennie, les quelque 40 000 habitants de Victoriaville ignoraient à peu près tout de la coopérative des Bois-Francs. Aujourd’hui, un des principaux employeurs de la région, elle est sur toutes les bouches. La jeune conseillère en communication n’est d’ailleurs pas étrangère à ce succès. « Grâce à elle, nous avons organisé plusieurs événements et conférences de presse pour dire qui nous sommes, indique Damien Lemire. Et cela a contribué à éliminer l’écart entre ce qu’est la coopérative et la perception que les citoyens s’en faisaient. » Les festivités du 30e anniversaire de la coopérative, tenues en 2004, ont d’ailleurs eu un immense succès, et ce, tant en milieu urbain que rural. Plus de 5000 personnes étaient de la partie. Pour poursuivre sa lancée, la coopérative organise présentement une autre grande fête à laquelle seront conviés, en août prochain, les employés et sociétaires de la coopérative de même que les résidents de Victoriaville. « Il faut provoquer les occasions pour se rencontrer et expliquer ce qu’on a fait hier et ce qu’on fera demain, estime Robert Béliveau. On ne se contente pas de s’adapter et de réagir. »

C’est aussi par des outils de communication bien ciblés que la SCA des Bois-Francs contribue à accroître le sentiment d’appartenance de ses membres et usagers. Tous les membres réguliers reçoivent dix fois l’an le bulletin L’Express. On y traite notamment de vie coopérative, de techniques agricoles et d’environnement. Pour leur part, les membres auxiliaires reçoivent les faits saillants de l’exercice financier et, sur une base trimestrielle, Le Messager Coop qui fait état des engagements de la coopérative dans le milieu. « Les trop-perçus que dégage depuis plusieurs années la coopérative nous permettent de livrer la marchandise et de grandement accentuer notre présence au sein de la communauté », souligne le directeur général.

Concessionnaire des machineries agricoles New Holland depuis 1994, la coopérative des Bois-Francs possède également un centre du pneu pour automobiles et camionnettes, une station-service Sonic et un dépanneur.

« Il faut que les membres et les clients sentent qu’en faisant affaire avec la SCA des Bois-Francs, ils sont à la meilleure place », déclare celui qui a occupé pendant cinq ans le poste de président du Comité des directeurs généraux mis sur pied par La Coop fédérée et son réseau de coopératives affiliées.

La philosophie de la coopérative des Bois-Francs repose sur une série de valeurs – respect, honnêteté, créativité, transparence, persévérance, – qu’elle applique au quotidien dans toutes ses activités. Ces valeurs sont imbriquées dans tous les plans stratégiques qu’elle élabore. Elle possède aussi une mission, un code d’éthique, une vision à long terme de son développement et un slogan : Votre partenaire de confiance. « En matière de coopération, il faut être cohérent, souligne à titre d’exemple Robert Béliveau. Nous multiplions les projets d’intercoopération avec des coopératives du réseau de La Coop fédérée, tels que l’organisation de colloques ou l’exploitation de fermes porcines. Avec trois coopératives du réseau (Appalaches, Princeville et Pré-Vert), nous avons mis sur pied une démarche de développement d’entreprise au profit des sociétaires. Un document de réflexion stratégique permet aux producteurs de faire le point sur leur situation, d’identifier leurs forces et faiblesses puis de prendre des engagements pour atteindre les objectifs qu’ils se fixent. Toujours en matière d’intercoopération, poursuit Robert Béliveau, nous avons expliqué aux dirigeants de notre caisse Desjardins qu’en matière de besoins financiers, ils étaient « condamnés » à faire affaire avec nous. Bien sûr, l’offre de service que l’on nous propose doit demeurer compétitive. C’est le genre de relation qu’on veut avec nos membres.

En d’autres mots, si nous ne sommes pas fidèles aux coopératives avec lesquelles nous faisons affaire, comment pourrait-on espérer que nos membres le soient envers nous. »

Le service de grains de la coopérative manutentionne 25 000 tonnes de grains annuellement. Son centre des grains, situé à Victoriaville, dispose d’une capacité d’entreposage de 11 000 tonnes.

De là découle entre autres la décision des dirigeants de la coopérative des Bois-Francs d’implanter un programme de gestion de la loyauté qui s’est amorcé en 2004 et qui a fait l’objet d’une vaste consultation auprès des quelque 150 employés de la coopérative dont 50 % ont moins de 35 ans. L’exercice, qui est une initiative de la coopérative et qu’elle mène en collaboration avec Daniel Côté, de l’École des hautes études commerciales, a pour but de mériter la loyauté des membres et clients à l’endroit de la coopérative. Les employés de chacun des cinq secteurs d’activité de l’entreprise sont mis à contribution afin d’évaluer les services offerts, d’identifier les points à améliorer et de partager une vision claire du développement de l’entreprise, et ce, pour accroître la loyauté de ses usagers. Cette démarche vise également à ce que l’organisation développe sa loyauté envers ses employés et que ceux-ci soient persuadés qu’elle est l’entreprise au sein de laquelle ils peuvent se réaliser. »

L’accueil des nouveaux employés n’est pas pris à la légère : rencontre personnalisée, pochette d’information, visite des installations figurent au programme. Une formation appropriée fait aussi partie de leur parcours au sein de l’entreprise. Soulignons que la coopérative des Bois-Francs est la première coopérative du réseau CO-OP à participer à la formation Phil Les Trois piliers, dispensée par l’entremise de la Division de l’agrofourniture CO-OP/Sonic de La Coop fédérée.

Une partie de l’équipe des 20 experts-conseils en productions animales et végétales.

Les moyens de communication mis à la disposition des employés sont nombreux : bulletin info-coop, assemblée générale des employés, réunions d’équipe, atelier Kaizen, retraite de la force de vente des secteurs machinerie, quincaillerie, productions animales et végétales. Soulignons que le nombre d’experts-conseils en productions animales et végétales est passé de cinq en 1992 à vingt en 2005. Un tel accroissement témoigne d’une hausse sensible des activités des membres avec leur coopérative et des services toujours plus nombreux qui leur sont offerts. « Mon but, indique clairement Robert Béliveau, est que la coopérative possède la meilleure équipe d’intervenants agricoles dans le Centre-du-Québec. »

Les programmes de formation ne se limitent pas qu’aux employés. Grâce à une politique bien établie, le conseil d’administration participe, entre autres, au programme de formation des élus mis sur pied par La Coop fédérée. Le conseil compte quatre Commandeur, deux Compagnon et trois Membre. De plus, il est composé d’un bel amalgame de jeunesse et de sagesse. Trois membres sont dans la trentaine, trois dans la quarantaine, deux dans la cinquantaine et un dans la soixantaine. « Ça bouillonne d’idées, croyez-moi, lance le président Damien Lemire. Les possibilités d’affaires sont nombreuses, et il faut faire des choix qui ne sont pas toujours faciles. En discuter et prendre des décisions est exigeant, mais très motivant. »

« Remporter le prix Coop-Étoile 2005 vient confirmer le bien-fondé des décisions prises au fil des ans, exprime Damien Lemire qui souhaite également souligner l’œuvre de ses prédécesseurs. Nous avons été grandement touchés d’apprendre, lors du dévoilement des prix à la dernière assemblée générale de La Coop fédérée, que nos pairs estimaient que cette reconnaissance nous revenait. Ce prix, je tiens donc à le partager avec tous les employés et sociétaires de la coopérative des Bois-Francs. »

Le concours de la Coopérative Étoile
Lancé en 2003 par La Coop fédérée, le concours de la Coopérative Étoile a pour but de révéler les forces et réalisations des coopératives qui composent le réseau CO-OP. Réparties en trois grandes régions au Québec (Est, Centre, Ouest), les coopératives participantes sont jugées en fonction de trois critères et des points sont accordés à chacun des critères : gestion de l’entreprise (50 %), gestion de la vie associative (30 %) et gestion des ressources humaines (20 %). La SCA des Bois-Francs figure dans la région Ouest.



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