À moins que vous ne donniez à forfait la pulvérisation de vos champs, vous devrez maintenant composer avec les nouvelles règles du Code de gestion des pesticides. En voici les faits saillants.!



Le 3 avril 2003 entrait en vigueur le nouveau Code de gestion des pesticides et le règlement modifiant le règlement sur les permis et les certificats pour la vente et l’utilisation des pesticides datant du 23 avril 1997. En tant que producteur, vous n’étiez pas ou très peu touché par ces dispositions. Les gens de la ville et quelques-uns d’entre vous ont pu constater, l’an passé, lorsque vous vous êtes présentés chez votre détaillant, que le fameux engrais avec herbicides tuant toutes ces herbes qui dévastaient et enlaidissaient votre magnifique gazon n’était maintenant plus disponible. À partir du 3 avril 2004, les détaillants ne pouvaient vendre de pesticides imprégnés ou mélangés à de l’engrais destiné aux pelouses. Ainsi, à moins que vous n’ayez appliqué un herbicide seul, vous deviez maintenant cohabiter avec cette fameuse fleur jaune, le pissenlit, qui ornait tout votre parterre. C’était là la phase II du règlement qui en comporte en tout cinq à raison d’une nouvelle phase introduite chaque année.


Et hop le tourbillon, suivez la vague!
Le 3 avril 2005 s’amorçait la phase III du Code de gestion des pesticides. C’est là que se corsent les règles du jeu pour les producteurs agricoles. De nouvelles normes s’appliqueront à quiconque veut se procurer, utiliser et entreposer un pesticide.

Dès cette année, les agriculteurs dont le nom de famille commence par les lettres A à D devront avoir obtenu leur certificat de producteur agricole de la catégorie s’appliquant à votre production (voir le tableau). Vous deviez en avoir fait la demande auprès du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs après avoir réussi l’examen prévu à cette fin.

La Société de formation à distance des commissions scolaires du Québec (SOFAD), l’UPA ainsi que les commissions scolaires ont organisé, l’hiver dernier, des formations afin de faciliter la réussite de l’examen. La formation n’est pas obligatoire mais très conseillée. Ceux d’entre vous qui avez suivi le cours Utilisation rationnelle des pesticides, offert depuis 1990, n’aurez pas pour le moment à refaire d’examen pour obtenir votre certificat. Quant aux autres, votre sursis s’échelonnera sur deux ans. Les gens dont le nom de famille commence par les lettres E à L devront avoir obtenu leur certificat pour le 3 avril 2006, et ceux dont le nom commence par les lettres M à Z, pour le 3 avril 2007. Toutes les entreprises agricoles appliquant des pesticides devront avoir au moins un propriétaire ou un employé ayant un certificat en poche pour le 3 avril 2007. Le certificat sera valide pour une période de cinq ans.

Vous pourriez Être exempté du certificat si :
1) Votre entreprise ne devait pas faire l’objet d’une vérification cette année;
2) Votre relève ou votre employé possède un tel certificat. Celui-ci devient donc superviseur des applications et doit être disponible sur la ferme en tout temps lorsque vous préparez ou appliquez vos pesticides;
3) Vous faites appliquer vos pesticides par un forfaitaire.


Sachez garder vos distances
Tout comme pour l’application de purin ou de tout autre engrais, des distances minimales devront êtres gardées des cours d’eau ou prises d’eau de consommation humaine pendant la préparation et l’application des pesticides. Ainsi, la préparation de la bouillie devra se faire à plus de 30 mètres d’un cours d’eau et d’un puits (de surface ou souterrain). Cette distance s’élève à 100 mètres dans le cas d’un réseau d’aqueduc de plus de 75 mètres cubes par jour ou d’une installation de captage d’eau embouteillée.

L’application du produit se fera à un mètre d’un fossé ou d’un cours d’eau dont l’aire totale d’écoulement est de deux mètres carrés et moins, et à trois mètres si celui-ci a plus de deux mètres carrés. On calcule l’aire totale d’écoulement d’un cours d’eau en multipliant la hauteur moyenne de celui-ci par sa largeur moyenne. La distance d’éloignement se mesure à partir du haut du talus, dans le cas d’un fossé, et à la ligne naturelle des hautes eaux dans le cas d’un cours d’eau. Une distance de 30 mètres sera aussi gardée de tout puits souterrain et de surface et de 100 mètres des installations de captage d’eau. Le pulvérisateur devra aussi être en bon état de fonctionnement.


Votre entrepôt de pesticides est-il conforme?
Dès cette année, fini l’entreposage des pesticides dans un coin du hangar à machinerie où il fait froid et humide. Il est interdit de les conserver dans un endroit où le gel, l’eau et le soleil seraient susceptibles d’altérer la composition du produit, du contenant ou son étiquette. Par le fait même, tout inventaire de plus de 100 litres ou 100 kilogrammes de pesticides conservés plus de 15 jours devra être placé dans un aménagement étanche, sur un plancher, une plate-forme ou dans un bassin, pouvant retenir 110 % de la totalité du plus gros contenant.

Afin de faire cesser toute fuite ou tout déversement, lors de la manutention et de la pulvérisation des pesticides, des équipements (pelle, baril, balai) ainsi que du matériel absorbant devront être disponibles à l’entrepôt. Une pelle sera aussi placée sur le pulvérisateur, ce qui permettra de creuser une tranchée qui ralentira l’écoulement de la bouillie lors d’un déversement au champ. À l’extérieur, sur le côté de la porte d’entrée de l’entrepôt, vous devrez y apposer une affiche indiquant les numéros de téléphone d’urgence des organismes suivants :
• Centre antipoison;
• Police et service des incendies;
• Urgences environnement Québec;
• Direction régionale du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs;
• Centre d’information et d’urgence de Transport Canada.

Ainsi, dorénavant, pour pouvoir acheter et appliquer tout pesticide de classe 1 à 3, vous devrez avoir à portée de la main, en tout temps, votre certificat du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs ou être sous la supervision du titulaire d’un tel certificat ou donner à contrat la pulvérisation de vos pesticides.

Les distances séparatrices lors de la préparation et de l’application seront surveillées. Il faudra maintenant sortir la faucheuse pour entretenir le bord des cours d’eau. Les pesticides devront être conservés de façon sécuritaire dans des endroits où aucune fuite ne devra être ignorée.

Tel est le prix à payer pour préserver l’environnement. Pour plus d’information, veuillez communiquer avec votre Direction régionale du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs.

*L’auteur est technicien en protection des cultures au Secteur des productions végétales de La Coop fédérée.




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