Avec l’identification récente de la rouille asiatique du soya aux États-Unis et l’apparition des pucerons du soya depuis 2001 au Québec, il importe d’être prêt à contrer ces nouveaux ennemis.



Si on compare une application d’insecticide ou encore de fongicide par rapport à une application d’herbicide, on remarque que les techniques pour bien réussir le traitement sont très différentes. En effet, comme l’application d’herbicide en postlevée dans le soya se fait très tôt en saison (du stade prélevée jusqu’au stade trois feuilles trifoliolées), les exigences ne sont pas du tout les mêmes que pour l’application d’un fongicide ou d’un insecticide qui se fait plus tard en saison (plutôt aux stades R1 à R5 du soya, voir photos). On peut donc s’attendre à pulvériser en juillet ou en août. La cible est alors beaucoup plus difficile à atteindre en raison de la hauteur des plants, du feuillage beaucoup plus dense et de l’emplacement des ennemis qui se retrouvent au dos des feuilles. De plus, lorsqu’on applique un herbicide non sélectif de postlevée dans le soya comme le glyphosate, on doit porter une attention particulière à la dérive. Par contre, pour un fongicide ou un insecticide, le principal objectif sera de bien couvrir la surface entière des feuilles de soya. Nous verrons donc dans cet article les techniques les plus appropriées à l’utilisation de fongicide et d’insecticide.

Les facteurs les plus critiques qui procureront une bonne couverture du feuillage sont le choix et la disposition des buses sur la rampe et la bonne pression de pulvérisation. La buse contribue à régler le débit, à pulvériser le liquide en gouttelettes et à disperser les gouttes selon un profil bien défini.



Avec l’utilisation de fongicide et d’insecticide, une bonne couverture du feuillage est nécessaire afin d’atteindre l’insecte ou la maladie qui s’y trouve. On doit donc augmenter la pression et choisir une buse qui dispersera une fine gouttelette. Les manufacturiers recommandent des buses en fonction des usages prévus qui sont généralement en accord avec celles faisant appel à la finesse de pulvérisation. La finesse de pulvérisation d’une buse change lorsqu’on augmente la pression. Il est cependant préférable de suivre les recommandations du fabricant pour le niveau de pression devant être utilisé avec les différentes buses. Un niveau de pression trop bas ou trop élevé changera le patron d’arrosage de la buse et diminuera ainsi la qualité de couverture. Il vaut mieux changer les buses plutôt que d’utiliser des buses à des pressions pour lesquelles elles ne sont pas conçues. Il faut donc faire attention au type de buse que l’on choisit. Pour la pulvérisation de fongicide et d’insecticide, il est préférable d’utiliser une buse qui donnera des gouttelettes fines plutôt que moyennes ou grossières. Pour ce qui est de la disposition des buses sur la rampe, des essais récents ont démontré que la position avant/arrière serait à privilégier pour une meilleure couverture. Pour ce faire, la compagnie Teejet offre ce printemps un adaptateur appelé « duo » qui permet de disposer deux buses (une à l’avant et une à l’arrière de la rampe), séparées par un angle de 90 degrés (voir photo ci-dessous).

À mesure que le soya croît, les rangs se referment car le soya continue à former des branches et des feuilles jusqu’à ce qu’il atteigne sa maturité. Plus le soya devient dense, plus il est difficile d’atteindre les feuilles entières. La pression doit donc être élevée si on veut obtenir une bonne pénétration du produit. Une forte pression créera un effet de turbulence autour du plant et permettra aux gouttelettes de couvrir tout le feuillage, autant sur le dessus que sur le dessous.

Pour connaître le bon volume d’eau à la pulvérisation du produit de phytoprotection, référez-vous toujours à l’étiquette du produit spécifique. La plupart des étiquettes recommandent de 10 à 20 gallons d’eau par acre. Le volume d’eau apporté influence directement la surface du feuillage qui sera couverte. Un volume élevé d’eau est nécessaire pour obtenir le maximum de couverture. Pour obtenir une application uniforme dans le soya, un minimum de 20 gallons d’eau par acre permettra d’augmenter le nombre de gouttes disponibles pour couvrir le plant et la quantité de produit qui pénétrera dans le feuillage.

La vitesse d’avancement est aussi un important facteur dans la réussite d’une pulvérisation. Aujourd’hui, avec la machinerie de plus en plus performante, il est possible de couvrir une grande partie du champ dans un court laps de temps. La vitesse appropriée pour les applications d’herbicide n’est probablement pas la bonne pour une application de fongicide, la cible n’étant pas la même. Une vitesse d’avancement trop grande peut réduire la précision du dépôt de la matière chimique sur la cible. Ajuster la vitesse selon les buses utilisées, selon l’état des champs et la stabilité de la rampe. En aucun cas, on ne devrait tolérer des oscillations trop fortes de la rampe.

Enfin, pour être le plus efficace possible lors de vos pulvérisations de fongicide et d’insecticide, il y a cinq étapes importantes à réaliser :
1- Vérifier l’état du pulvérisateur et choisir les buses appropriées;
2- Obtenir, auprès de votre expert-conseil, les informations sur le parasite que vous voulez détruire ou maîtriser;
3- Dépister les champs aussi fréquemment que possible;
4- Faire une identification adéquate du ravageur;
5- Choisir le fongicide ou l’insecticide homologué qui vous convient et vérifier l’étiquette du produit.

Depuis plusieurs années déjà, le réseau CO-OP offre le service d’arrosage à forfait. Les pulvérisateurs du réseau CO-OP sont ajustés pour permettre une vitesse d’avancement plus rapide. De plus, la grande surface couverte par les rampes du pulvérisateur permet de diminuer le nombre de passages dans le champ, réduisant ainsi les pertes de rendement occasionnées par les ornières dans une culture où le stade de croissance est déjà avancé. Ces nouvelles pulvérisations de fongicide ou d’insecticide s’ajoutant à toutes les tâches inscrites à votre emploi du temps déjà très chargé peuvent devenir beaucoup plus simples en profitant du service d’arrosage à forfait qu’offre le réseau CO-OP. De cette façon, vous serez certain qu’une technologie à la fine pointe sera utilisée lors de la pulvérisation de vos champs et que vous gagnerez du temps.

Les 5 clés de succès
1. La hauteur habituelle de la rampe, lorsqu’on pulvérise des herbicides, se situe de 15 à 20 pouces du sol. Pour une pénétration maximale du fongicide au travers du feuillage, descendre la rampe le plus bas possible tout en maintenant un recouvrement de 30 % du patron de pulvérisation.

2. Utiliser les buses avant-arrière pour un maximum de recouvrement.

3. Les applications de fongicide nécessitent une haute pression 40 à 60 livres/pouce ou même plus, dépendamment de la buse choisie.

4. La plupart des applications d’herbicide se font à 10 gallons d’eau par acre. Pour les applications de fongicide, le volume d’eau devrait être augmenté à un minimum de 20 gallons par acre.

5. Pour un meilleur recouvrement, les fongicides nécessitent une buse qui disperse de fines gouttelettes. On parle de 200 à 350 microns comparativement à 400 microns pour la plupart des herbicides.


*L’auteure est expert en grandes cultures au Secteur des productions végétales de La Coop fédérée.




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