La variation de poids que présentent les porcelets à la sortie du site 2 est une cause majeure de la variation de poids que présenteront ces mêmes animaux au moment de les envoyer à l’abattoir. À cause de cette variabilité, il faut plusieurs expéditions pour vider le bâtiment en fin d’élevage, ce qui augmente les coûts de transport du lot vers l’abattoir. Il peut aussi y avoir un allongement de la durée de présence moyenne du groupe de porcs dans le bâtiment si on attend les retardataires, ou alors une augmentation du nombre de porcs expédiés sous le poids cible si on ne peut les attendre. Dans le premier cas, il y a réduction du nombre de lots produits par année dans le bâtiment et augmentation des frais fixes par porc.

Si des pratiques alimentaires en site 2 permettent de réduire l’hétérogénéité des porcelets à la fin du site 2, il est important de les mettre en application. La rentabilité de cette étape sera probablement améliorée et les effets positifs seront aussi transférés en site 3.

Pour réduire la différence de poids entre les porcelets au moment de leur sortie de la pouponnière, il est recommandé de modifier légèrement le programme alimentaire distribué aux différentes classes de poids tout au long de la période. Ainsi, les porcelets les plus légers reçoivent une quantité plus élevée du premier et du deuxième aliment, ce qui les favorise et leur permet de faire du rattrapage de poids en cours de présence en pouponnière par rapport aux plus lourds. Ils arrivent à la fin de la période pouponnière avec un poids plus élevé par rapport à la situation où ils auraient reçu un programme non modifié. Ce poids final est plus près de celui du groupe des plus lourds.

Des essais menés dans nos fermes de recherche démontrent que cette pratique est bénéfique. Dans un de ces tests, les porcelets légers ayant reçu plus du premier (+ 40 %) et du second aliment (+ 30 %) sont sortis plus lourds (+ 3,5 %) que ceux ayant reçu le programme standard (voir le tableau). Leur consommation et leur gain moyen quotidien ont été améliorés (+ 3,1 % et + 4,4 %) par rapport à ceux des petits ayant reçu le programme régulier, ce qui a réduit l’écart de poids avec le groupe des plus lourds en fin de site 2 (-2,93 kg vs -3,60 kg).



Du côté de la conversion alimentaire, les effets ont été très faibles (1,5 %).

Les charges alimentaires par porc ont été augmentées à la suite de la distribution des quantités plus élevées d’aliments 1 et 2 puisque ceux-ci sont plus chers à l’achat. Il en coûte 0,63 $ de plus par porcelet pour utiliser le programme alimentaire modifié. Par contre, les porcelets l’ayant reçu ont une valeur supérieure puisqu’ils sont plus lourds à la fin. La plus-value amenée par le programme modifié est de 0,73 $ (par rapport aux légers ayant reçu le programme régulier) et cette valeur est supérieure aux charges alimentaires qu’elle a occasionnées.

Il n’y a donc pas de doute, la modification du programme alimentaire pour l’adapter au poids d’entrée des porcelets en site 2 amène des effets positifs sur l’homogénéité des porcelets à la sortie. Cette correction produit des lots de porcelets plus homogènes et n’occasionne pas de perte économique à la pouponnière.

À la fin de la période pouponnière, le surplus de poids des petits porcelets ayant reçu le programme modifié par rapport à ceux ayant reçu le programme régulier est de 0,67 kg.

De nombreuses études ont démontré que plus les porcelets sont lourds à l’arrivée en site 3, plus leur croissance est rapide pendant les périodes qui suivent. Dans ce cas, il est facile de penser qu’ils atteindront leur poids d’abattage plus rapidement.

Il semble y avoir accord entre celles qui ont analysé l’impact du poids en fin de site 2 sur le poids en fin de site 3, le rapport est de 2,5 à 3 pour 1. Dans notre cas, le 0,67 kg se transformera en surplus de poids de 1,67 à 2,01 kg au moment du vidage du bâtiment d’engraissement. Plus de kilogrammes de poids à vendre chez les petits du lot, c’est une situation qui améliore la rentabilité de l’élevage.

Il n’y a donc pas de doute, les pratiques alimentaires appliquées en site 2 aux porcelets les plus légers à l’arrivée peuvent améliorer leurs performances techniques et économiques, et ce, autant en pouponnière qu’en engraissement.

À vous d’en profiter!


*L’auteur est expert en nutrition porcine à La Coop fédérée.




Retour



Copyright © 2014 La Coop fédérée | Tous droits réservés