Cette année encore, une trentaine de producteurs et d’intervenants du secteur avicole du réseau CO-OP québécois se sont rendus à Atlanta dans le cadre de la International Poultry Exposition (IPE). Ce pèlerinage annuel aux États-Unis permet aux gens de l’industrie de se tenir au courant des dernières nouveautés tant du côté de la génétique des oiseaux que de l’équipement de ferme, d’abattage et de transformation ou encore des intrants alimentaires. C’est aussi une occasion de visiter des fermes et des installations de production, comme les couvoirs et les abattoirs, pour mieux comprendre les méthodes de production de nos voisins et le contexte dans lequel ils travaillent.

L’intérieur d’un des bâtiments d’élevage. Le parquet est subdivisé en plusieurs sections pour éviter que les poulets ne circulent à la grandeur du bâtiment.

Cette année, l’exposition s’est tenue du 26 au 28 janvier 2005 et comptait près de 825 exposants. Le nombre d’exposants a diminué au cours des dernières années. Des expositions d’envergure comparable se sont développées du côté européen et asiatique, avec pour conséquence que les gens de ces régions ne se déplacent plus à Atlanta. Les participants de cette année ont su tout de même tirer profit des fournisseurs présents pour répondre à leurs questions et s’informer des nouveautés de l’industrie avicole.

Le groupe du réseau CO-OP a été invité par l’entreprise Cobb-Vantress à faire une visite, dans la région immédiate d’Atlanta, d’un couvoir, d’un complexe d’élevage et d’un abattoir, tous propriété de Tyson.


Le couvoir
Au point de vue technique et équipement, le couvoir du sud des États-Unis n’est pas vraiment différent d’un couvoir québécois. Par contre, on n’y fait pas de sélection des poussins. Tous les poussins éclos vivants sont envoyés sur les fermes. Comme c’est un système intégré, le couvoir n’envoie pas deux ou trois pour cent de plus de poussins que le nombre commandé. Le nombre exact de poussins est comptabilisé. Les taux de mortalité durant l’élevage sont tous calculés sur une base réelle.


L’exploitation
Les bâtiments de la ferme visitée ont des murs ajourés avec rideau opaque (voir Les programmes de lumière… Pour y voir plus clair, Le Coopérateur agricole, janvier 2005). Donc, les gérants de ferme doivent composer avec la lumière du jour pour établir les périodes de noirceur. Les rideaux sont fermés pour le départ des poussins qui sont confinés à la moitié de la bâtisse pour les premiers jours. Par la suite, la hauteur des rideaux est ajustée en fonction de la température. Des ventilateurs font circuler l’air à la façon d’une ventilation tunnel.

L’International Poultry Exposition, tenue chaque année à Atlanta, rassemble plus de 825 exposants. En l’absence d’attrapeurs de poulets, certains producteurs utilisent un ramasse-poulets.

Les litières sont rarement trop humides, car le climat de la région est plutôt sec et le volume d’air nouveau apporté au bâtiment est important. La litière n’est pas totalement enlevée entre les lots. Seule la couche supérieure durcie sera enlevée à l’aide d’un petit tracteur. Certains producteurs vont utiliser la même litière durant une année complète en la faisant composter à l’intérieur du bâtiment durant le vide sanitaire. À la ferme visitée, la litière n’avait pas été changée depuis une dizaine d’années. Bien que les poussins n’avaient que quatre jours d’âge lors de notre visite, une forte odeur d’ammoniaque était déjà présente. Mais puisque la ventilation est importante, hiver comme été, ce n’est plus un problème dès que les rideaux s’ouvrent.

Le complexe visité est composé de 11 poulaillers, avec un inventaire de 215 000 poulets Cobb du même âge à plus ou moins cinq jours. Ceci est possible grâce à une organisation complète, du couvoir jusqu’à l’abattoir. De plus, la gestion de la biosécurité est efficace car il n’y a pas une grande différence d’âge entre les oiseaux d’un même complexe.


L’abattoir
L’abattoir qui a été visité est équipé de deux chaînes d’abattage, deux d’éviscération et sept de découpe et de désossement automatiques. Les employés de l’abattoir préconisent l’adaptation continue des équipements et sont toujours à l’affût des nouveautés. La structure qui supporte les lignes d’abattage et de transformation est démontable et ne comporte aucune soudure. La structure peut donc facilement se démonter pour modifier les équipements en place. Puisque 95 % des employés sont d’origine latino-américaine, les chefs d’équipe et contremaîtres doivent maîtriser l’espagnol pour maximiser la bonne communication.

Il est impressionnant aussi de voir le rythme d’entrée et de déchargement des remorques et des cages. Ces cages métalliques sont placées, à l’aide d’un chariot élévateur, sur un convoyeur à la fin duquel une bascule hydraulique leur permet de se vider. Chaque jour, 50 remorques sont ainsi déchargées pour un total de 1,3 million d’oiseaux par semaine.


*L’auteur est expert en nutrition avicole à La Coop fédérée.




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