Vos plans de fertilisation sont réalisés en fonction des valeurs moyennes de référence. Mais comment savoir si ces données de référence sont représentatives de vos engrais de ferme puisque plusieurs facteurs, tels que la régie d’alimentation ou la génétique du troupeau, en font varier la valeur fertilisante? Sachant que vos rendements dépendent en partie des fertilisants que vous appliquez pour vos cultures, il vaudrait la peine de faire analyser vos fumiers pour mieux les connaître.



Quand et comment?
Dans la plupart des cas, il est recommandé de procéder à l’échantillonnage durant les périodes d’épandage. Effectivement, il est plus facile d’obtenir un échantillon représentatif de cette façon que d’échantillonner à même la structure d’entreposage.


Cas des fumiers solides
Dans le cas des fumiers solides, les prélèvements peuvent être faits lors du chargement de l’épandeur. Pour avoir un résultat représentatif de la production annuelle, on recommande de prendre un minimum de trois échantillons dans l’année, chaque échantillon étant constitué d’un minimum de cinq prélèvements. Par exemple, si vous épandez une partie de vos fumiers au printemps, une autre après une coupe de foin et finalement, le reste à l’automne, vous aurez à prendre un échantillon par période d’épandage (pour un total de trois). À chaque période d’épandage, vous devrez prendre un minimum de cinq prélèvements (environ 500 ml), que vous pourrez laisser dans une chaudière à l’abri du soleil. Vous pourrez ainsi constituer votre échantillon après avoir bien brassé le contenu de votre chaudière et l’avoir versé dans un contenant reconnu par le laboratoire d’analyse.


Cas des fumiers liquides
Les fumiers liquides peuvent être prélevés de deux façons. Soit que vous les préleviez à même le dessus de l’équipement d’épandage en utilisant une tige d’échantillonnage, soit, encore mieux, que vous utilisiez une valve soudée au coude de la pompe à lisier. Il est important de les prélever peu de temps après l’arrêt du système de pompage. Comme dans le cas des fumiers solides, on recommande de prendre un minimum de trois échantillons, constitués d’un minimum de cinq prélèvements chacun. Par exemple, dans le cas d’un producteur épandant les deux tiers de sa fosse au printemps et le dernier tiers à l’automne, il devra constituer deux échantillons au printemps et un à l’automne.


Cas des entre-prises à plusieurs cycles d’élevage par année (poulets, dindons, veaux de grain, etc.)
Dans le cas des entreprises à plusieurs cycles d’élevage par année, on recommande d’échantillonner les fumiers à la sortie des bâtiments. Dans ce cas, le nombre devrait être de deux à six échantillons par site d’exploitation, dont au moins un par bâtiment et au maximum un par période d’élevage. Pour mieux comprendre, prenons l’exemple suivant : une entreprise ayant un seul site d’exploitation, sur lequel se trouvent trois bâtiments. Cette entreprise devra prendre un échantillon par bâtiment et ces échantillons devront être pris lors de période d’élevages différentes.

Dans tous les cas, l’échantillon est constitué de plusieurs prélèvements récupérés dans un contenant mis à la disposition par le laboratoire d’analyse et conservé au congélateur jusqu’à son envoi au laboratoire.


De combien de fumier je dispose?
Faire analyser les engrais de ferme est une chose, mais cela doit absolument être accompagné de la caractérisation du volume. Dans les cas où c’est possible, on peut peser quelques épandeurs afin de déterminer la masse moyenne d’un voyage et ainsi, compter le nombre total de voyages effectués pour connaître la production annuelle.

Sinon, on peut mesurer le volume de l’épandeur et ainsi, estimer le volume occupé par le fumier dans l’épandeur. Dans ce cas, il faudra aussi déterminer la densité du fumier pour évaluer la masse totale produite annuellement. Il est facile de calculer la densité en utilisant une chaudière (20 litres) qu’on pèsera vide, puis, remplie d’eau afin d’obtenir le poids de l’eau. On fera la même chose avec le fumier (rempli à ras bord mais non compacté). On obtiendra ainsi la densité en divisant le poids du fumier par le poids de l’eau. Toutes ces informations pourront être consignées dans un registre d’épandage, à chaque année, ce qui permettra d’évaluer de façon beaucoup plus juste la production annuelle des engrais de ferme.


Conclusion
Pour faire un plan de fertilisation qui correspond au mieux aux besoins des cultures et aux objectifs du producteur, la quantité et la valeur fertilisante des engrais de ferme utilisés sont des informations essentielles. Précisons que pour obtenir une meilleure représentativité des résultats d’analyse, on suggère de prendre la moyenne d’un minimum de deux années d’analyses. En terminant, rappelons que le Règlement sur les exploitations agricoles (REA) stipule que « l’exploitant d’un lieu d’élevage doit, au moins une fois par année, faire analyser la teneur fertilisante des déjections animales qui y sont produites et qui sont épandues sur des parcelles cultivées ». (Article 28)

Référence : Protocoles d’échantillonnage des engrais de ferme, Période transitoire, Charges fertilisantes des effluents d’élevage, CRAAQ, mars 2003

* L’auteure est experte-conseil en agroenvironnement à La Coop fédérée.




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