Michel Simard, producteur à Sainte-Edwidge, dans la MRC de Coaticook, a remporté le titre Ferme porcine de l’année 2005, catégorie finisseur. Sportif, âgé de 39 ans et père d’un garçon de 13 ans, il est aussi perfectionniste dans l’élevage de ses porcs que dans la pratique de ses sports. Très volubile, le nouveau lauréat nous parle fièrement de son métier.



À forfait avec la SCA de Disraeli, il ne travaille qu’en moyenne 30 heures par semaine dans sa porcherie de 2000 places.

Un des points forts de cet élevage de 2000 places en engraissement est la biosécurité.

Comment réussit-il ce tour de force? « Il est méticuleux, organisé et travaille vite », répond Francis Dubé, expert-conseil à la SCA de Disraeli. Le producteur explique pour sa part qu’au lieu d’investir pour prendre de l’expansion, il préfère raffiner ses techniques d’élevage, ce qui contribue à augmenter ses performances (voir le tableau des résultats technico-économiques à la page 37).

En plus, il entretient quotidiennement ses installations pour prévenir les bris ou les mauvais fonctionnements. « Je n’attends pas qu’une pièce brise avant de la réparer et rien ne tient avec de la broche. J’estime qu’en procédant de la sorte, ça coûte moins cher en bout de ligne », commente le producteur. Par exemple, lorsque l’expert-conseil remarque un jour que les trappes d’air n’ouvrent pas uniformément d’un bout à l’autre du bâtiment et qu’une partie des porcs manque d’aération, Michel ne tarde pas et règle le problème sur-le-champ.
Pour le reste du temps, ce jeune homme plein d’énergie s’adonne à la pêche, au baseball, au hockey, au ski alpin. Ce style de vie alliant le travail méticuleux et les activités sportives lui convient parfaitement. « Je ne vise pas nécessairement à faire plus d’argent. Je suis heureux comme ça et tant que ça ira bien, je vais continuer. »


Son histoire
En 1990, Michel achète l’entreprise de son oncle. Il est alors naisseur-finisseur et exploite un troupeau de 150 truies. En 1995, un incendie rase totalement le bâtiment. Le jeune producteur décide de reconstruire un engraissement. « Une maternité coûtait trop cher », précise-t-il.

Dès lors, il fonctionne à forfait avec une entreprise privée. Il optera plus tard pour le réseau CO-OP. « Depuis que je suis avec la coop de Disraeli, mes performances sont bien meilleures. L’approche est différente, elle ne pense pas juste à sa poche », lance spontanément le jeune homme aux yeux bleus et perçants.

Lentement mais sûrement, les performances de l’entreprise progressent. « Je me suis toujours donné des objectifs annuels mais sans trop savoir jusqu’où ça me mènerait. L’an passé, j’étais finaliste au concours de la Ferme porcine. Cette année, quand j’ai vu mes résultats, meilleurs que les précédents, j’étais assez confiant. »


Du peaufinage sur toute la ligne
Michel est très sévère sur la qualité des porcelets qu’il accueille chez lui. « Dès leur entrée, si l’un d’eux est trop chétif, ce qui n’arrive pas souvent, précise-t-il, je ne le garde pas et j’interviens rapidement en cas de maladie. Pas question de payer pour nourrir des animaux qui ne se rendront pas à l’abattoir. »

Autre détail de sa façon de faire, durant ses tournées biquotidiennes, il ajuste régulièrement les trémies pour éviter le gaspillage de moulée et s’assurer d’une alimentation régulière. Il nourrit ses porcs avec la gamme Prestige du réseau CO-OP, une moulée servie en six phases qui permet de réduire la quantité de phosphore dans les rejets.

L'entreprise de Michel Simard a été choisie par Sogéporc, le réseau de génétique porcine du mouvement coopératif agricole, pour évaluer les performances de différentes lignées terminales. Un silo à balance permettra d'évaluer avec précision la conversion alimentaire des animaux..

Le bâtiment compte deux sections de 1000 places. Chaque section est divisée en deux chambres. Pour éviter le transport de microbes entre les chambres, Michel accède à chacune des sections par des portes extérieures. Lors du passage d’une section à l’autre, il change toujours de vêtements et se lave les mains. De plus, chaque section est dotée de tous les équipements nécessaires à ses travaux – réfrigérateurs, balances, bâtons électriques, etc.

L’élevage est conduit en mode tout plein tout vide. Dernièrement, le producteur a fait l’acquisition d’un appareil de lavage et de désinfection. « Ç’a l’air de rien, mais l’utilisation plus précise de désinfectant fait en sorte qu’il reste moins de microbes dans le bâtiment, donc moins de risques de maladie », déclare le jeune Edwidgien. Perfectionniste, il ne confierait pas la tâche du nettoyage à un employé. « Je sais que ça ne serait pas fait à mon goût, et je craindrais la maladie. »

Toujours sur le plan de la biosécurité, son réfrigérateur pour animaux morts est installé loin du bâtiment. Il évite même que le camion passe dans sa cour lors du ramassage.

« À 90 %, son taux d’expédition dans la bonne strate de poids peut sembler faible à première vue », fait remarquer l’expert-conseil. Mais considérant que la conduite en tout plein tout vide entraîne l’envoi d’un certain nombre de porcs déclassés, ces résultats sont très satisfaisants. « Il faut préciser, ajoute l’expert-conseil, que les performances élevées obtenues par ce type de conduite compensent amplement la légère perte. »

Michel aime son métier, ce qui aide à déployer les efforts nécessaires pour obtenir de bonnes performances.

Puisqu’il s’agit d’une entreprise sans sol, son propriétaire doit prendre entente avec d’autres producteurs pour disposer du lisier. Une situation parfois inquiétante car, d’une entente à l’autre, il est tributaire de ses receveurs. « Je n’ai pas eu de problème jusqu’à maintenant, mes receveurs ont toujours renouvelé l’entente, dit-il. Mais pour me sécuriser, si un système de traitement à prix raisonnable était reconnu par le ministère de l’Environnement, je serais intéressé. »

Parmi les projets imminents, il compte refaire et couvrir son quai de chargement. « Ce sera plus confortable autant pour les porcs que pour le camionneur qui les ramasse », assure l’éleveur.

Soulignons que la Ferme Michel Simard s’est classée première aux résultats de l’AGREPP de l’Érable, qui regroupe trois coopératives fortement actives dans le porc : Bois-Francs, Appalaches et Disraeli. Il espère se retrouver au rang des 10 meilleurs sur le plan provincial, ce qui n’étonnerait pas son expert-conseil.

Autre point positif : sa qualité d’éleveur méticuleux et la stabilité du statut sanitaire de son élevage lui ont valu d’être choisi par Sogéporc, le réseau de génétique porcine du mouvement coopératif, pour évaluer les performances de différentes lignées terminales.

Manifestement, l’année 2005 s’annonce plutôt bonne et mouvementée en défis pour Michel Simard.

Résultats technico-économiques
GMQ :
859
Conversion alimentaire technique :
2,38
Mortalité :
1,33 %
Expédition dans la bonne strate de poids :
90,6 %
Indice 80-85 kg :
111,7
IEE :
216,3



Retour



Copyright © 2014 La Coop fédérée | Tous droits réservés