Sylvain Lambert de la Ferme Syma, située à Sainte-Élisabeth dans Lanaudière, ne s’est jamais demandé s’il devait ou non produire beaucoup de lait : « Pour lui, tant qu’à traire une vache, aussi bien la traire avec un pis plein », lance Philippe Charlebois, expert-conseil à la coopérative Profid’Or. Résultat : son troupeau a obtenu la troisième position provinciale au classement du PATLQ pour la race Holstein, avec une production moyenne de lait de 13 497 kg par vache par lactation en 2004.

Propriétaire de la ferme paternelle depuis 1993, ce jeune homme âgé de 39 ans est conscient qu’une production aussi élevée exige énormément de travail. Mais pour lui, ça va de soi.

Ce serait contre sa nature de ne pas faire le nécessaire pour tirer le maximum de ses 52 vaches en lactation pour produire 65 kg/jour de matières grasses. « Je dois passer beaucoup de temps à l’étable parce que chaque étape nécessite une attention particulière et, chez nous, l’équipe de travail n’est pas très grosse. »

En effet, Sylvain travaille à la ferme avec son père, André Lambert. Ce dernier soigne les animaux et effectue une grande part des travaux aux champs. Les trois filles de Sylvain, Stéphanie, 13 ans; Annabelle, 10 ans, et Alice, 7 ans, donnent aussi un coup de main à l’étable. Quant à sa conjointe, Josée Malo, elle est responsable de la comptabilité de l’entreprise, en plus d’exploiter un salon de coiffure à la maison et d’assumer son rôle de mère. Voilà des journées bien remplies pour tout le monde.

Bien que les rendements du troupeau se soient toujours maintenus assez élevés, à partir de 1997, la production s’est accrue graduellement pour atteindre des chiffres records. Cette évolution coïncide avec la construction d’une nouvelle étable et l’adoption de l’alimentation par RTM. C’est la deuxième fois que le troupeau enregistre de telles performances. En 2002, il s’était aussi classé troisième au Québec.


Comment faire beaucoup de lait?
Quand Le Coopérateur s’est rendu à la ferme, c’était la journée de la taille des sabots. « Je fais faire la taille deux fois par année », dit le producteur en soulignant les éléments importants pour le confort des animaux. Dans le bâtiment, les stalles sont amplement larges et toutes recouvertes de matelas. Le système de ventilation est naturel. Les lieux sont propres et les vaches sont calmes.

« Des améliorations, il en fait continuellement », ajoute Philippe, l’expert-conseil. Par exemple, il y a quelques années, il a investi dans le confort des génisses et des taures car
« c’est bien de s’occuper des vaches, justifie le producteur, mais il faut offrir autant de soins à nos futures productrices. »

De fait, les taures étaient logées dans la vieille étable. Très entassées, elles avaient souvent des problèmes de pattes. Pour leur donner un peu plus d’aisance, en 2001, Sylvain a fait construire une rallonge composée de six parcs.

Il a également réaménagé l’ancienne étable pour y loger confortablement les veaux et les vaches qui vêlent. « Le vêlage est une étape importante, insiste le producteur. Il faut réduire au minimum le stress qu’il occasionne aux animaux. » Ainsi, ils sont transférés dans cette section trois semaines avant le vêlage. Dans cette oasis de paix, Sylvain les prépare en augmentant leur ration et en y ajoutant une moulée prévêlage, le Transilac. Il porte aussi une attention continue après le vêlage, autant à la vache qu’au nouveau-né. On sait que les 10 premiers jours de la vie d’une génisse sont cruciaux pour sa carrière de productrice.

Ce lieu sert aussi d’infirmerie lorsqu’une vache a un problème de santé.

Le tarissement est une autre étape tenue à l’œil par les Lambert. « On met des tubes de tarissement à toutes les vaches pour éviter le développement de mammites. »

Une importante production de lait ne pouvant pas être dissociée d’une alimentation de premier choix, Sylvain Lambert s’applique à produire les meilleurs fourrages sur ses 57 hectares (140 acres) de terre. Il produit aussi son maïs. Ses superficies, autant en fourrages qu’en maïs, ne lui permettent pas d’être autosuffisant, mais il complète en s’approvisionnant chez d’autres producteurs.

Mentionnons que les programmes alimentaires sont développés par Profid’Or.

Au cours des derniers mois, Sylvain a dû porter une attention particulière aux composantes du lait parce que depuis novembre 2004, la Fédération exige que l’accent soit mis sur la production du gras plutôt que de la protéine. Ainsi, le ratio gras-protéine doit désormais atteindre 2,36. Sylvain a fait ajuster son programme alimentaire pour atteindre cette nouvelle cible. « Nous avons bien réussi, souligne-t-il. En novembre, notre ratio était de 2,50 et en trois mois, nous avons atteint l’objectif de 2,36. »

Parallèlement à toutes ces tâches minutieuses que Sylvain, accompagné de son équipe, effectue pour obtenir une production de lait maximale, il travaille à développer sa propre famille de vaches. Pour ce faire, il utilise la méthode de transplantation embryonnaire avec ses meilleurs sujets. Le jeune producteur compte aussi acheter de bonnes vaches quand l’occasion se présentera. « Bien que ce soit difficile de produire beaucoup de lait et avoir de belles vaches d’exposition, nous tentons de relever ce défi. »

Classification du troupeau : 1 Excellente,
12 Très Bonnes, 34 Bonnes Plus, 17 Bonnes. MCR : 296-264-302; 3,31 % de gras; 3,24 % de protéine.

Un défi qu’il relève assez bien puisqu’une génisse de son élevage, Syma Dundee Lilianne, qu’il possède en copropriété, a terminé première dans la classe génisse junior lors de la journée des jeunes éleveurs à l’exposition régionale de Berthierville, en juillet dernier. Elle a aussi récolté le prix de la championne de réserve lors de la journée champêtre de Joliette. La génisse était présentée par les filles de Sylvain.

Pour l’instant, c’est le seul projet que les Lambert mènent tout en visant, bien sûr, à maintenir leurs bonnes performances. « Au cours des cinq dernières années, explique le
producteur, le nombre de kg/jour est passé de 27 à 65 et le troupeau, de 65 à 130 têtes. Au prix qu’affiche le quota depuis quelques années, vous comprendrez qu’il vaut mieux rembourser nos dettes avant d’entreprendre tout autre projet important. »

Mentionnons que le coût d’alimentation à la Ferme Syma s’élève à 12,25 $ l’hectolitre. Considérant que la RTM se fait en un seul groupe, Sylvain Lambert se classe une fois de plus au rang des meilleurs au Québec, puisque le coût d’alimentation des 20 % supérieurs s’élève à 14,34 $, selon le rapport annuel 2004 du PATLQ.

D’autres records enregistrés à la Ferme Syma

Syma Rudolph Sarabel :
championne canadienne pour la protéine à 2 ans. MCR la plus élevée de tous les temps (en 2002). En 305 jours, elle a produit 19 006 kg de lait à 4,25 % de gras; 3,78 % de protéine; pour une MCR de 474-538-557.

Cette même année, elle a remporté le concours Futurité de La Coop fédérée, un concours qui met l’accent sur les performances de croissance des génisses d’élevage et la production de lait au premier veau.

Bayollaise Stardom Faby a enregistré 140 000 kg de lait à ce jour, et sa carrière de productrice n’est pas terminée.



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