Depuis que leurs vaches boivent une eau purifiée et qu’elles sont exposées à suffisamment de lumière, la consommation d’aliments et la production de lait ont monté en flèche. Pour Robert Allard et Sylvie Côté, de la ferme Champfleuri à Saint-Nicolas, cette nouvelle façon de faire, c’est le jour et la nuit.



Robert et Sylvie ont connu de sérieux problèmes de qualité d’eau. En effet, au début de 2003, une augmentation soudaine des cas d’acidose dans le troupeau influence à la baisse la consommation des vaches et détériore le ratio gras-protéine de leur lait. Le taux de gras du lait stagne autour de 4,28 % alors qu’il doit plutôt être de l’ordre de 5,2 % comme c’était le cas auparavant. De plus, le nombre de saillies par vache ne cesse de grimper et le compte de cellules leucocytaires est trop élevé. Les 52 vaches en lactation du troupeau peinent à produire 40 kilos de quota. Ils n’ont d’autre choix que de vendre une partie de leur droit de production ainsi que les moins bons sujets.

Après avoir longuement cherché l’origine de ces multiples problèmes, on se résout, en dernier recours, à faire analyser l’eau du puits de surface qui alimente à la fois la ferme et la résidence. Les résultats font bondir les propriétaires : l’eau est acide, dure et chargée de nitrates et de coliformes fécaux. On a mis le doigt sur le problème et il faut agir, et vite, mais comment? Il n’y a qu’une solution : traiter l’eau.

Un système de traitement doté d’une réserve de 7500 litres est installé en novembre 2003. Dès lors, le pH se rétablit, puis la dureté, les nitrates et les coliformes disparaissent. Résultat : la production de lait du troupeau se met rapidement à monter. Elle passe de 17,1 litres par vache en novembre 2003, à 20,6 litres par vache un mois plus tard, en décembre 2003, soit un bond de 20 %. Et le ratio gras-protéine est à nouveau dans les normes. L’acidose est maintenant chose du passé et les vaches consomment allègrement leur ration. « C’est un investissement de 20 000 $ qu’on a remboursé en six mois », fait savoir Robert.


Et la lumière fut
À la fin de 2004, quand l’expert-conseil de leur coopérative propose de mesurer le nombre de pieds-bougies1 auxquels leur troupeau de Jersey est exposé, Robert et Sylvie acceptent sans se douter que cette petite vérification haussera encore une fois radicalement la production du troupeau.

Les mesures de l’expert-conseil révèlent que les quelque 40 laitières Jersey en stabulation libre de l’élevage Champfleuri ne reçoivent que 0,1 pied-bougie au-dessus de l’allée d’alimentation, soit une exposition à la lumière à peu près nulle en comparaison avec les normes qui prescrivent une intensité variant entre 15 et 20 pieds-bougies.

Un système de traitement doté d’une réserve de 7500 litres est installé en novembre 2003. Dès lors, le pH se rétablit, puis la dureté, les nitrates et les
coliformes disparaissent.

Devant ce constat, Robert et Sylvie ne tardent pas à installer plusieurs tubes fluorescents dans l’étable. Le nombre de pieds-bougies passe ainsi de 0,1 à 20. L’effet sur les vaches est immédiat. Deux jours après l’installation des tubes, leur consommation de ration totale mélangée atteint des niveaux jusque-là inégalés. Lors du contrôle laitier de mars dernier, la production grimpe de 16 % pour atteindre 23,9 litres par vache par jour. La moyenne du troupeau est actuellement de 22,5 litres. Les vaches sont exposées à 13 heures de lumière par jour, soit de 6 h à 19 h. Au cours de l’automne et de l’hiver, elles en recevront 16.

C’est après avoir lu un article paru dans Le Coopérateur agricole2 qui traitait de l’importance de la photopériode dans les élevages laitiers que René Boisvert se procure un luxmètre pour mesurer l’éclairement lumineux dans les étables. « On se préoccupe toujours de l’alimentation, de la génétique et de la reproduction, explique le technologue au service de La Coop Seigneurie, mais rarement de l’air et de l’eau, et encore moins de la lumière. Ces trois éléments, qui sont rigoureusement contrôlés dans les élevages porcins et avicoles, sont à la base de la production. »

Robert et Sylvie ont racheté depuis le quota nécessaire pour combler la hausse de production enregistrée. Aujourd’hui, les 36 vaches en lactation produisent aisément 40 kilos de quota et le couple ne vend plus de sujets. « Si on en sort de l’étable, c’est parce que ça va trop bien », indique Robert. Le troupeau, dont le poids moyen des vaches est de 428 kilos, compte 1 Excellente, 11 Très Bonne et 22 Bonne Plus. La production est d’environ 6800 kilos et le nombre de saillie par vache se maintient à 1,8. Les choses vont si bien que Robert et Sylvie se sont fixé un objectif bien précis : produire d’ici quelques années 55 kilos
de quota avec 50 vaches.


1 La bougie étant l’unité d’éclairage correspondant à la lumière que projette à un pied de distance une bougie d’un pouce de diamètre.

2 L’article, écrit par Jean-Luc Laroche, spécialiste, nutrition des ruminants, recherche et développement de programmes à La Coop fédérée, est paru dans l’édition de novembre-décembre 2003 du Coopérateur agricole. Vous pouvez le consulter à l’adresse Internet suivante : www.lacoop.coop/cooperateur .




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