Produire un volume suffisant de sirop d’érable par entaille, afin de rentabiliser adéquatement ses investissements, représente tout un défi pour l’acériculteur d’aujourd’hui. Celui-ci doit composer avec plusieurs variables dont la principale est, bien évidemment, dame Nature. Les périodes de gel et de dégel du printemps jouent un rôle fort important dans le nombre et le volume des coulées. De récents travaux de recherche suggèrent que l’acériculteur peut influencer, par ses bons soins donnés à la forêt, le rendement de son érablière.

L’acériculteur doit adopter des pratiques d’entaillage respectueuses du peuplement et élaborer un plan d’aménagement forestier favorisant un taux de croissance élevé et une amélioration de la vigueur des arbres en général. Ces deux éléments sont à la base du rendement. Un arbre en santé cicatrise rapidement et laisse une blessure occupant moins de volume dans l’arbre. Un taux de croissance élevé permet de recouvrir rapidement une zone cicatrisée avec du nouveau bois. Pour l’acériculteur, il en résulte un taux élevé d’entailles effectuées dans du bois sain, ce qui est gage d’un bon rendement à court, moyen et long terme, et ce, en autant que dame Nature collabore.

Améliorer le peuplement n’est pas facile en soi, car l’érablière est un milieu écologique très fragile et il faut être conscient que toute intervention mal planifiée pourrait avoir des conséquences sur plusieurs décennies. De là l’importance de planifier un aménagement forestier respectueux de l'érablière, avec des spécialistes de la forêt. Évidemment, pour un acériculteur, cela peut paraître difficile à accepter, car qui dit aménagement dit arbres à couper. Chaque entaille, à ses yeux, produit un rendement annuel. Il faut avoir plutôt une vue d’ensemble du peuplement et mesurer le rendement par unité de surface.

Les spécialistes de la forêt ont développé un mode d’aménagement spécifique aux érablières appelé « aménagement acérico-forestier ». Ce type d’aménagement tient compte de l’objectif principal de l’acériculture, soit un bon rendement en sève, mais aussi du prélèvement des intérêts (le bois) que produit le capital forêt. En aménageant son érablière selon les règles de l'art, on s’assure ainsi de la pérennité du peuplement tout en bénéficiant d’un rendement soutenu.

L’aménagement de type acérico-forestier favorise :
• La présence d’arbres de tous âges. La création de petites trouées favorise la croissance des jeunes arbres;
• La présence d’espèces compagnes dans une proportion de plus ou moins 15 %. Les espèces compagnes favorisent le recyclage des éléments nutritifs;
• L’amélioration de la vigueur et de la santé du peuplement par l'abattage des arbres de mauvaise qualité en priorité;
• Un revenu optimisé provenant du boisé. En plus de la sève, l’acériculteur peut tirer un revenu du bois récolté tous les 15 ans environ, lors du renouvellement de sa tubulure.

Rien de nouveau dans tout cela, car les chercheurs, inspirés par certains acériculteurs ayant toujours mis en application ces principes, ont conclu du bien-fondé de ces pratiques.

À vous de l’essayer avec l’aide d’un professionnel de la forêt lors du prochain renouvellement de votre tubulure ou de l’agrandissement de votre exploitation. Vous vous assurerez d’un bon rendement et vous pourrez ainsi léguer une forêt de qualité à vos successeurs, car n’oublions pas que l’homme passe et la forêt demeure.




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