Bien que, de nos jours, plusieurs gros troupeaux soient élevés en stabulation libre, Jean-Paul Petitclerc et son fils Réjean, de Saint-Basile de Portneuf, ont choisi, à l’instar d’autres éleveurs, de loger en stabulation entravée leurs 100 vaches en lactation. Avec une production moyenne de 11 250 kg de lait par vache par année et des sujets qui se distinguent aux expositions, Le Coopérateur a voulu connaître leurs façons de faire.



D'abord, les Petitclerc misent sur une génétique qu’ils développent depuis plus de 40 ans. Dès 1962, les premiers sujets Holstein de race pure arrivaient à la ferme et, 10 ans plus tard, tout le troupeau était enregistré. Pour développer ce troupeau à haut potentiel génétique, ils ont toujours opté pour des taureaux forts, autant en conformation qu’en production de lait. Leur but : avoir de bonnes productrices, doublées d’une bonne conformation et assurées d’une longue durée de vie. Mentionnons que l’âge moyen du troupeau est de 4 ans et 8 mois.

Carole Raymond, la conjointe de Réjean, est très active à la ferme et occupe les fonctions d’administratrice à La Coop Pont-Rouge.

Les Petitclerc ont été coiffés deux fois du titre Maître éleveur.

Plusieurs de leurs vaches ont d’ailleurs été couronnées, telles que Brent Picotine (Ex 2E 7*), nommée quatre fois Grande championne en 1987, et Mattador Malouna (T.B. 88 11*), récipiendaire du titre All Canadian en 1987. Même de nos jours, plusieurs transplantations embryonnaires sont pratiquées sur les descendantes de ces deux vaches. S’ajoutent à la liste des sujets primés, des vaches issues d’autres familles, telles que Storm Amy (Ex), désignée All Canadian de réserve en 2001 et Lindy Saphir (Ex 3*), toujours très performante aux expositions.

Pour soutenir une génétique de haut niveau, ces producteurs, coiffés deux fois du titre Maître éleveur (en 1987 et 2001), offrent une alimentation adaptée aux performances du troupeau. Ils alimentent par RTM avec deux groupes. « L’élément fondamental pour eux, c’est la sécurité de la ration au niveau de la fibre, parce qu’elle procure une bonne santé des pieds et des membres », précise Martin Grenier, expert-conseil à La Coop Pont-Rouge. Ainsi, trois points d’élevage sont constamment dans leur mire : une bonne génétique, une alimentation adaptée à de hautes performances et à une longue durée de vie et un suivi rigoureux du troupeau.


Pourquoi la stabulation entravée?
Deux facteurs importants incitent les Petitclerc à élever leurs vaches en stabulation entravée. Le premier est de répondre au besoin commercial de l’entreprise – vente de sujets et d’embryons. Considérer des vaches bien alignées dans leurs stalles est beaucoup plus pratique pour les visiteurs que de les observer dans un enclos en stabulation libre. Plus pratique du point de vue de l’accessibilité à l’animal, mais aussi sur le plan de la propreté. « Les vaches demeurent plus propres, du moins au niveau des pattes, quand elles sont dans leur stalle », précise Réjean.

Un autre élément important est la flexibilité qu’elle offre à faire une régie individuelle du troupeau plutôt qu’une régie de groupe. Ainsi, une vache qui a besoin d’un soin particulier est plus facile à traiter quand elle est attachée.

Réjean renchérit avec l’avantage sanitaire. Il soutient, à cet effet, qu’un animal qui loge à différents endroits dans le salon de traite est beaucoup plus susceptible d’attraper des maladies, comme le piétin d’Italie ou la mammite, par rapport à celui qui demeure toujours dans sa stalle.

Il y a plus de 40 ans que Jean-Paul Petitclerc développe un troupeau à haut statut génétique. Une passion qu’il a su transmettre à ses enfants et petits-enfants.

Quant au père, pour qui la ligne de conduite a toujours été de rentabiliser chaque dollar investi, il prend en compte le coût plus élevé d’une étable à stabulation libre : « Un bâtiment dans lequel l’espace réservé aux animaux doit être plus grand, où il doit y avoir une salle d’attente et une salle de traite, coûte plus cher à construire et plus cher à chauffer. »

Finalement, les Petitclerc préfèrent voir leurs vaches attachées, parce que les plus âgées n’ont jamais été libres. Ces vaches n’auraient pas le réflexe de jouer des coudes pour se frayer un passage jusqu’aux mangeoires. Ce que les plus jeunes – élevées en stabulation libre – ont appris à faire.

Par ailleurs, les besoins en main-d’œuvre ne sont pas plus importants. Réjean estime qu’avec les nouvelles trayeuses qu’on retrouve sur le marché et la possibilité d’installer des rails pour les transporter plus aisément, le travail se fait presque aussi rapidement qu’au salon de traite.

« Si nous avions 150 vaches, nous penserions peut-être à loger nos vaches en stabulation libre, reconnaît Réjean. Par contre, on garderait toujours nos vaches d’expositions attachées. »

Forcez-vous la production? « Non, répond le paternel, nous ne sommes pas des Américains. Quand nous avons une bonne productrice facile à travailler, nous tenons à la garder le plus longtemps possible. » En forçant la production, les pis et les membres ont tendance à s’affaiblir plus rapidement, estiment le père et son fils.

Dans le même ordre d’idées, ces producteurs ne visent pas à ce que leurs vaches fassent 40 kg de lait à leur première lactation. « On préfère qu’elles fassent moins de lait, ça les force moins. De toute façon, on sait qu’elles produiront près de 60 kg vers l’âge de 5 à 6 ans », ajoute Réjean.

Le troupeau est logé dans un bâtiment pouvant accueillir 120 vaches. Il a été construit en 1975, après que le feu eut détruit la vieille étable. En 2003, les propriétaires ont construit une étable à taures à stabulation libre. Annexée au bâtiment principal, elle peut accueillir 120 têtes. Une autre pièce attenante sert à loger les vaches en préparation et vêlage ainsi que les veaux de 0 à 6 mois et en pouponnière.

Les agrandissements des dernières années permettront d’intégrer les deux fils de Réjean dans l’entreprise : Maxime, 18 ans, qui terminera bientôt sa formation en agriculture et Dominic, 14 ans, aussi mordu de l’élevage que les autres membres de la famille. Carole Raymond, la conjointe de Réjean et administratrice à La Coop Pont-Rouge, est aussi très active dans l’entreprise. Elle collabore à la traite tous les jours et assume l’entière responsabilité de la comptabilité. Jean-Paul est l’expert au champ et Monique Richard, son épouse, fait sa part dans l’aménagement paysager de l’entreprise.

Avez-vous d’autres projets d’expansion? « Non », répond Réjean sans hésitation. « Je considère qu’avec un seul employé à l’année, nous sommes très peu de travailleurs par rapport à l’ampleur de l’entreprise. » Ainsi, une autre génération est attendue pour reprendre le flambeau, et la Ferme Petitclerc poursuivra sa tradition d’éleveurs passionnés des vaches.

Troupeau et rendement
Troupeau total : 280 têtes – 100 vaches en lactation
Classification : 7 Excellentes, 70 Très Bonnes et 36 Bonnes Plus
Production moyenne de lait par vache par année : 11 250 kg
3,8 % de gras; 3,25 % de protéine
MCR : 240-242-246



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