Les porcelets naissent sans aucune protection immunitaire. Ils sont donc mal équipés pour combattre les nombreux agents infectieux qu’ils rencontrent pendant les premiers jours. La prise de colostrum est donc importante pour la survie et la croissance normale du jeune porcelet.


Cet énoncé, on nous l’a souvent répété et nous le connaissons bien. Mais saviez-vous que la prise de colostrum a aussi une influence sur les capacités immunitaires des porcelets lors du sevrage? Des recherches françaises ont démontré que la quantité d’immunoglobulines ingérée dans les heures qui suivent la naissance influence le statut immunitaire du porcelet au moment du sevrage. Plus la quantité est élevée, meilleure est la protection contre les maladies.

Dans un contexte de retrait des antibiotiques utilisés comme facteur de croissance, toutes les pistes pour produire des animaux plus résistants aux maladies sont à considérer. Si la pathologie est récente et encore incontrôlable, tel le circovirus, il y a fort à parier que revenir à la base peut aider.

Comment peut-on intervenir pour produire des porcelets mieux protégés? D’abord, en connaissant ce qui influence la quantité et la qualité du colostrum produit.

Il faut savoir que la production totale de colostrum est indépendante de la taille de la portée. Elle n’augmente pas avec le nombre de porcelets. Cela veut donc dire que lorsque la prolificité augmente, la quantité d’immunoglobulines ingérée par porcelet après la naissance diminue. En effet, un individu de plus réduit la consommation de colostrum de 22 grammes en moyenne par porcelet.

Le poids individuel à la naissance influence la quantité de colostrum ingérée. Plus le poids est élevé, plus la quantité consommée est élevée; on parle d’une quantité supplémentaire de 26 grammes par 100 grammes de poids additionnel. Malheureusement, on sait que le poids à la naissance diminue avec l’augmentation de la taille de portée.


Nos porcelets issus de portées de grandes tailles seraient-ils moins bien protégés que ceux issus de portées moins nombreuses ? C’est ce que ces deux premiers éléments amènent à penser. Mais attention, pas question ici de remettre en question l’avantage économique de l’hyperprolificité. Il nous faut plutôt trouver des façons de contourner les désavantages qui l’accompagnent. Ainsi, certaines pratiques sont à remettre en question, et d’autres sont peut-être à préconiser.

En premier lieu, comme on sait que le gain de poids des porcelets pendant les derniers jours de gestation est de près de 100 grammes quotidiennement, il faut éviter le déclenchement trop hâtif de la mise bas, car cela prive les porcelets d’un surplus de poids nécessaire à la bonne prise du colostrum.


Aussi, on sait maintenant que la concentration en immunoglobulines du colostrum (sa qualité) diminue très rapidement après la naissance du premier porcelet (figure 1). Les résultats des travaux français indiquent une baisse de 16 à 38 % de la teneur en IgG (immunoglobuline) quatre heures après le début de la mise bas. Un porcelet qui naît tardivement reçoit donc un colostrum de moins bonne qualité et sera moins bien protégé. Des analyses d’échantillons sanguins prélevés à 24 heures démontrent une baisse d’IgG sériques (dans le sang) de 33 % chez les derniers-nés par rapport aux premiers-nés (pour une mise bas d’une durée de 3 heures). D’autres analyses sanguines démontrent une bonne corrélation entre les teneurs en IgG du sérum à 28 jours d’âge (moment du sevrage) et celles présentes à 24 heures (figure 2). Donc, en plus de mieux protéger les porcelets pendant la lactation et diminuer la mortalité de ceux-ci, la quantité et la qualité du colostrum ingéré à la naissance ont aussi un impact sur la santé et la résistance aux maladies après le sevrage.

Il est alors certain que tout ce qui peut être fait pour diminuer la longueur de la mise bas et améliorer la protection reçue par les porcelets doit être tenté. Un additif comme Cadence, qui accélère le déroulement de la mise bas, aidera à produire des porcelets mieux protégés.

Voici d’autres pratiques sur lesquelles il faut davantage mettre l’accent afin d’augmenter les chances d’une bonne ingestion de colostrum :
1. l’ajout d’une quantité supplémentaire d’aliment à la truie en fin de gestation (augmente la vigueur des porcelets à la naissance);
2. l’utilisation d’une deuxième, voire même d’une troisième lampe infra-rouge lors de la mise bas (diminue la perte d’énergie sous forme de chaleur pour les porcelets);
3. l’assèchement des porcelets (réduit leur perte d’énergie);
4. la distribution de colostrum par gavage aux porcelets nés tardivement ou plus faibles;
5. l’aide à la tétée ou le gavage des porcelets « splay leg ».

Gardons en tête que tout ce qui retarde l’accès des porcelets à la mamelle après l’expulsion entraîne une baisse de leur immunité et de leurs chances de survie.


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