Ayant la chance de rencontrer plusieurs producteurs et productrices dans le secteur ovin, on me fait part de nombreux commentaires que j’aimerais partager avec vous et, surtout, démystifier. Le but de cet exercice est de démontrer que les bons résultats techniques sont impératifs pour améliorer les résultats économiques. Le taux d’agnelage, la mortalité des agneaux et la prolificité des brebis sont les éléments concernés.


D’abord, voici quelques-uns de ces commentaires qui indiquent une certaine réticence à opter pour des races ou des lignées plus prolifiques :
Les brebis prolifiques ont des taux de mortalité plus élevés;
Il est très difficile de faire des agneaux lourds;
Le poids des agneaux naissants est insuffisant;
La longévité des brebis est trop courte;
Il est très difficile d’avoir un taux d’agnelage élevé (intervalle moyen entre les agnelages).

Mythes ou réalités? Je ne cherche pas à faire un débat sur les races et loin de moi l’idée d’en choisir une plutôt qu’une autre. Il faut toutefois considérer à part le producteur de pur-sang qui a un marché spécifique pour ces animaux. Aussi, il existe souvent de grandes différences de prolificité, au sein d’une même race, d’une ferme à l’autre, en fonction des lignées ou de la régie. De plus, les conditions et l’alimentation en période de flushing (suralimentation en énergie et en protéine par rapport aux besoins) ont également un grand impact sur le nombre d’agneaux à naître.

Le pomiculteur reçoit-il de l’argent pour faire pousser des pommiers ou vendre des pommes? Le producteur laitier, pour garder des vaches ou pour vendre du lait? Le producteur de porc naisseur, pour garder des truies ou vendre des porcelets?


Ma perception de la situation est très claire. Pour une majorité de fermes, augmenter le nombre d’agneaux produits devrait être un objectif prioritaire. Selon l’espace dont vous disposez, le prix des terres et de la main-d’œuvre, augmenter le nombre de brebis est une partie de la solution. Par contre, dans la majorité des situations, on doit porter attention au taux d’agnelage, à la prolificité et à la baisse de la mortalité. Si vous pouvez en garder plus, il faut aussi travailler à améliorer ces derniers points, l’impact en sera encore meilleur.

Résultats techniques de 11 fermes de 500 brebis
Fermes
Naissances/
agnelage
Agnelages/
an
Taux de
mortalité (%)
Agneaux
produits/an
A
1,7
1,00
15
723
B
1,7
1,00
10
765
C
1,7
1,25
10
956
D
2,0
1,00
15
850
E
2,0
1,00
10
900
F
2,0
1,25
15
1063
G
2,0
1,25
10
1125
H
2,2
1,00
10
990
I
2,2
1,25
15
1169
J
2,2
1,25
10
1238
K
2,2
1,40
20
1232
L
2,2
1,40
15
1309
M
2,2
1,40
10
1386
Les experts-conseils du réseau CO-OP ont un logiciel appelé Opti-Ovin qui permet de mesurer facilement l’impact financier d’une variation des résultats techniques. Il suffit d’y entrer vos résultats (prix de vente, alimentation, performance, charges, etc.) et de faire des simulations pour constater leur impact financier. Si ce n’est déjà fait, vous réaliserez en très peu de temps que les performances techniques en production ovine, ce n’est pas une option, mais une obligation (voir le tableau). Avec Opti-Ovin, les revenus seront calculés en tenant compte de vos résultats techniques, des prix du marché, des dépenses additionnelles d’alimentation, etc.

À la lecture du tableau, une conclusion nous saute aux yeux : la ferme M, qui affiche des performances exceptionnelles, produit presque deux fois plus d’agneaux que la ferme A, et ce, avec le même nombre de brebis! Dans votre entreprise, quel est le maillon de la chaîne le plus faible? Un bon nombre de naissances par agnelage ainsi qu’une quantité annuelle d’agnelages élevée par brebis, combinés à un taux de mortalité réduit sont des facteurs très importants qui font toute la différence.

De façon approximative, si on calcule 100 $ de revenu net par agneau lourd produit (prix de vente moins les frais d’alimentation, de transport et de mise en marché), c’est 10 000 $ de revenu par tranche de 100 agneaux additionnels produits. Pensez-y, la ferme M obtient 66 300 $ de plus par année, soit 1275 $ par semaine, de quoi faire réfléchir! Bien sûr, on compare deux extrêmes. Où vous situez-vous?

Maintenant analysons, un à un, les commentaires des producteurs mentionnés précédemment.


Taux de mortalité élevé chez les agneaux venant de brebis prolifiques
Il est vrai que, pour une même régie, plus la prolificité est élevée, plus la mortalité a tendance à être élevée. Par contre, on peut très bien avoir d’excellents résultats techniques avec des brebis prolifiques. Parmi les facteurs très importants : l’environnement, l’alimentation et la régie entourant l’agnelage. Une brebis qui, en moyenne, donne deux ou trois agneaux doit être bien nourrie et gardée dans un milieu sec et tempéré. Il faut aussi être présent pour aider à l’agnelage (intervention si nécessaire, désinfection du nombril, prise du colostrum). Avec l’augmentation des résultats techniques, la régie doit suivre (aspects alimentaire et environnemental).

Au chapitre de l’alimentation, un bon programme de préparation à l’agnelage et l’utilisation du complément Trans-Ovi vous aideront, en abaissant la mortalité et en donnant plus de vigueur aux nouveaux-nés, à vendre plus d’agneaux. Simple, peu coûteux et très performant, ce complément, dont le sélénium est de source organique, a sa place dans les programmes de transition et son utilisation est très rentable. Même si l’on donne des minéraux à l’année à volonté, la brebis, pendant les trois dernières semaines de gestation, a d’autres priorités que de lécher des minéraux! En lui servant un complément appétant et minéralisé, en plus des minéraux à volonté, on met les chances de son côté.


Difficile de faire des agneaux lourds avec les brebis prolifiques
Inspirons-nous du modèle porcin, car il est simple : une femelle hybride (issue de deux races) maternelle, laitière, prolifique, et un mâle pour le croisement terminal. Tous les rejetons sont destinés à l’abattage. Qu’en est-il alors du modèle actuel en production ovine? On veut faire des agneaux lourds, mais on veut aussi produire nos femelles. Les béliers qui font tout ça sont assez rares! En sommes-nous rendus à encourager des producteurs à faire des femelles hybrides (F1) pour des producteurs d’agneaux qui n’auraient, en bergerie, que des béliers terminaux? La régie en bergerie serait simplifiée au maximum. L’aspect sanitaire, la qualité génétique et la sécurité d’approvisionnement doivent être pris en cause. Bien des producteurs accepteraient volontiers de faire des agnelles de reproduction si une entente claire et précise pouvait être conclue à l’avance. Donc, une femelle hybride, ou possédant les caractéristiques d’une bonne hybride, croisée avec un bélier terminal spécialiste du gain de poids, pourra faire de très beaux agneaux lourds.


Le poids des agneaux à la naissance est insuffisant
Mettons les choses au clair. Je vois régulièrement des agneaux provenant d’une naissance simple ou gémellaire qui pèsent moins de 4 kg chacun à la naissance. Ne me dites pas que c’est la prolificité qui en est la cause! Quand on parle de naissance de triplets ou plus, on peut alors accepter des poids de moins de 4 kg. Au-delà de la génétique, dans la majorité des cas d’agneaux trop légers, c’est malheureusement l’alimentation qui ne convient pas. En complément aux bons fourrages (14 à 16 % de protéine), on devrait commencer à préparer le rumen avec les concentrés environ six semaines avant la date prévue des agnelages. Par exemple, donner 600 grammes de grains par jour et, lorsqu’on arrive à trois semaines de la date prévue des agnelages, remplacer 300 grammes de grains par 300 grammes de Trans-Ovi, afin d’avoir un total de 600 grammes. Selon les fourrages, la régie, la génétique, le poids des brebis et les conditions de chair, ces quantités peuvent varier. Une brebis prolifique, bien alimentée et faisant l’objet d’une bonne régie, donnera, en fonction de la portée, des agneaux vigoureux et de bon poids. Pour produire 2,2 agneaux nés, en moyenne, c’est comme avoir 4 brebis qui mettent bas des jumeaux et une brebis qui donne des triplets, ce qui fait au total 11 agneaux pour 5 agnelages. Des jumeaux qui pèsent entre 5 et 6 kg et des triplets de près de 4 kg constituent un ordre de grandeur réaliste. Trois petits vigoureux de 4 kg, qui ont de la bonne génétique dans le sang (bon bélier en croisement terminal), donneront de beaux agneaux lourds.


La courte longévité des brebis
Des voitures F1, ça ne fait pas le plein avec de l’essence ordinaire. Une brebis F1 ou pur-sang prolifique a besoin d’une bonne alimentation pour bien fonctionner. Si vous avez de petites machines à faire des agneaux entre les mains, ne laissez pas leur alimentation au hasard, contactez votre expert-conseil CO-OP, il pourra vous aider. Il est évident qu’une brebis en fin de gestation qui porte trois agneaux, alimentée avec des fourrages de qualité insuffisante et trop peu de concentrés, vivra difficilement l’agnelage et écourtera sa vie productive. Par contre, avec une régie et une alimentation adéquates, en transition et en lactation, vous vendrez beaucoup plus d’agneaux durant la vie productive de chaque brebis. Il est impératif que les régies alimentaire et environnementale suivent le potentiel des brebis.


Difficile d’avoir des taux d’agnelage élevés
Vous avez bien alimenté votre brebis en gestation, elle arrive en transition avec une bonne condition de chair, voici maintenant le temps d’un bon programme d’alimentation de transition et de lactation. Si celui-ci est adéquat, vous n’aurez pas besoin de trois ou quatre mois de repos pour remettre les brebis à l’accouplement, n’ayez crainte. Ces dernières pourront agneler en pleine forme à des intervalles très rapprochés. Après leur lactation de deux mois, suivie de deux semaines de tarissement, vous pourrez, dans la majorité des cas, entreprendre un bon flushing et remettre les brebis à l’accouplement.

En contre-saison, les stress, la synchronisation des chaleurs par l’emploi d’éponges ou un bon programme de photopériode vous aideront à atteindre un taux d’agnelage élevé. N’hésitez pas à contacter le Centre d’expertise en production ovine à La Pocatière (CEPOQ), qui a un protocole bien défini sur la photopériode. Dans le tableau, les fermes H et M produisent le même nombre d’agneaux par agnelage et ont la même mortalité. La seule différence entre les taux d’agnelage, de 1 à 1,4, résulte en la production annuelle de 396 agneaux additionnels, soit 761 $ de plus par semaine, si on calcule 100 $ nets par agneau! Pour vous aider à gérer cet aspect, il est impératif d’avoir une bonne tenue de dossier ou une roulette de régie (votre expert-conseil peut vous en procurer une). Une roulette de production laitière recyclée pour la production ovine peut très bien faire l’affaire, et ce, à un coût minime.


Conclusion
Puisque la production ovine est essentiellement une production de viande, la production porcine peut servir de modèle à bien des égards. Puisque vous tirez vos revenus de la vente d’agneaux d’abattage, concentrez vous à obtenir des brebis qui donnent plus d’agneaux, utilisez de bons béliers terminaux, faites-les agneler souvent et abaissez au minimum la mortalité. Facile à dire, penserez-vous. C’est tout un défi, j’en suis conscient. L’amélioration des résultats techniques entraînera une hausse de vos revenus. En tant qu’entrepreneur, quelle est votre priorité? Augmenter le nombre de brebis, le taux d’agnelage, la prolificité ou abaisser la mortalité? Prenez les bouchées une à une en déterminant vos objectifs. Lesquels sont réalisables à court et moyen terme? Quelle sera votre stratégie à long terme? Pour atteindre vos objectifs, n’hésitez pas à faire appel à vos collègues producteurs qui ont de bons résultats, aux clubs d’encadrement technique, aux conseillers du ministère, au CEPOQ ainsi qu’à votre expert-conseil CO-OP. Le réseau CO-OP possède une gamme complète de produits adaptés à la production ovine qui vous aideront dans l’atteinte de vos objectifs.

Trans-Ovi
Pour la rentabilité de votre élevage
Producteurs d’agneaux, faites vos calculs :
1. Nombre d’agnelages par année
480
2. Multiplier par 0,3 kg/jour de Trans-Ovi
480 x 0,3 kg = 144 kg/jour
3. Multiplier ce résultat par 21 jours
144 kg x 21 = 3024 kg

Vous aurez donc besoin de 3024 kg (75 sacs de 40 kg) de Trans-Ovi pour votre troupeau au cours de l’année.
4. Coût du Trans-Ovi pour l’année
75 sacs x 17 $ (en promo) = 1275 $
(106 $/mois)
5. Soustraire l’équivalent en grains
(3024 kg x 110 $) - 332 $ = 943 $
6. Divisez ce résultat par le montant qu’un agneau rapporte net (ex.: 100 $).
943 $/100 $= 9,4

Il ne vous faut sauver que 9,4 agneaux de plus par an (moins de 1 % de baisse de mortalité) pour payer entièrement l’achat de Trans-Ovi pour toute l’année! De plus, vous aurez des agneaux plus vigoureux (meilleur départ de GMQ) et des brebis avec un meilleur colostrum. Le système immunitaire de tous sera aussi amélioré, diminuant ainsi les risques de mammites et de problèmes de santé. Bref, sauvez 0,78 agneau par mois et le Trans-Ovi se paye de lui-même. Le surplus, c’est du profit. Maintenant que vous savez combien ça coûte d’en donner, pouvez-vous dire combien ça coûte de ne pas en donner?


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