Les coûts de plus en plus élevés des engrais et notre préoccupation environnementale grandissante nous incitent à repenser notre stratégie de fertilisation. Par contre, il est important de ne pas compromettre la productivité des champs, notamment en fournissant aux plants de maïs tous les nutriments dont ils ont besoin. À l’automne 2005, près de 80 champs ont été visités par les experts-conseils de différentes coopératives pour recueillir des données sur le contenu en nitrates des tiges de maïs afin d’évaluer leur état de santé en relation avec la fertilisation azotée. La large participation des producteurs agricoles démontre un très grand intérêt pour ce genre d’outil qui nous permet de mieux gérer les applications d’azote et de mieux comprendre son assimilation par les plants de maïs.

Les plants de maïs qui manquent d’azote pour terminer le remplissage des grains puisent à même les réserves contenues dans les tiges. Celles-ci meurent prématurément et sont envahies par les moisissures qui les font pourrir et les rendent plus fragiles. Il a été démontré par différents chercheurs qu’une carence en azote entraîne une mobilisation des réserves vers les grains, ce qui cause un affaiblissement de la tige puis un plus grand risque de verse. En revanche, les plants qui ont un surplus d’azote accumulent celui-ci sous forme de nitrates à la base de leur tige. Il est donc possible de mesurer, de façon qualitative, le surplus ou le manque d’azote afin de valider la fertilisation azotée qui a été appliquée au printemps.

Le test de nitrates dans les tiges de maïs a été mis au point par l’université de l’Iowa et est généralement reconnu par plusieurs États américains tels le Wisconsin et le Nebraska. Cet outil est testé à la Ferme Techno Champs de La Coop fédérée à Saint-Hyacinthe depuis quelques années afin de l’adapter aux conditions du Québec. En 2005, plusieurs producteurs agricoles ont participé à sa validation en plein champ. Jusqu’à maintenant, les résultats sont bien corrélés avec les quantités d’azote appliquées et les rendements. Des analyses plus poussées des résultats obtenus en 2005 seront effectuées dans les prochains mois.

Le test se réalise directement à la ferme dans les deux semaines suivant la formation du point noir. Il s’effectue à l’aide d’un mélange d’acide sulfurique et d’un colorant qui devient violet en présence de nitrates. Il s’agit de couper quelques plants de maïs à la base des tiges, les séparer en deux dans le sens de la longueur jusqu’à la hauteur de l’épi, verser plusieurs gouttes de mélange de façon continue le long de la tige, de la base vers le haut, et mesurer la longueur sur laquelle la tige devient violette.

L’interprétation des résultats doit se faire avec prudence et toujours en lien avec les conditions climatiques, qui influencent beaucoup la disponibilité de l’azote. La longueur sur laquelle il y a encore des nitrates dans le bas des tiges nous indique l’état de santé des plants. Si les plants contiennent encore des nitrates à leur base, les tiges sont en santé et l’azote n’a pas été un facteur limitatif au rendement. Si peu ou pas de nitrates sont présents, il est probable qu’il y ait eu un manque d’azote, qui pourrait se traduire par un rendement plus faible et un risque de verse plus élevé. Inversement, s’il y a beaucoup de nitrates, c’est qu’il y a eu accumulation excessive d’azote dans les tiges, ce qui nous indique qu’il y a eu beaucoup d’azote disponible. Cet azote encore présent dans le sol à un moment où le maïs n’en a plus besoin représente un risque environnemental puisque ces nitrates seront lessivés lors des pluies abondantes de l’automne ou lors de la fonte des neiges au printemps suivant. De plus, cet azote excédentaire qui se retrouve dans l’environnement représente une perte économique pour le producteur.

En conclusion, les tests de nitrates dans les tiges de maïs permettent d’évaluer la santé des plants de maïs à la fin de la saison et de constater si votre programme de fertilisation azotée est économique et s’il représente un risque pour l’environnement. Pour plus d’information, visitez la section agronomie du site www.elite.coop.


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