La Coop fédérée vient de construire un poulailler destiné à la recherche en aviculture. Pourquoi? « Pour développer des programmes et produits performants, économiques et qui respectent l’environnement. Nous voulons également évaluer différentes lignées génétiques sous différentes conditions pour nous assurer de répondre aux besoins actuels et futurs des producteurs », répond David Arseneau, directeur, Recherche et services d’appui à La Coop fédérée.


Dans cette nouvelle station de recherche, seront également validées, sous les conditions d’élevage du Québec, de nouvelles approches – ou technologies – innovatrices issues de recherches fondamentales réalisées par des instituts ou universités reconnus. Ces essais expérimentaux se feront autant avec le poulet de chair qu’avec la pondeuse commerciale.

Les sujets d’expérimentation seront scrupuleusement sélectionnés par une équipe composée de spécialistes en recherche et en nutrition ainsi que d’experts-conseils qui, eux, donneront le pouls du champ. Le choix des sujets se fera en fonction des besoins et des retombées anticipées, mais aussi des contextes politique et économique.

Tous les projets doivent conduire à des résultats concrets. « On ne fait pas de la recherche pour faire de la recherche », tient à dire David Arseneau en affirmant que le but est toujours d’augmenter la rentabilité à la ferme.

Pour chaque production, pondeuses et poulets de chair, environ six projets seront réalisés chaque année. De ce nombre, Cooperative Research Farms (CRF), le réseau privé de recherche international dont La Coop fédérée est membre depuis plus de 35 ans, en assumera de deux à quatre par production.

David Ott, directeur général de CRF : « C’est une grande satisfaction de pouvoir effectuer les travaux de recherche du réseau dans les installations de nos membres. Notre expérience avec la station de recherche sur la truie de Frampton, propriété de La Coop fédérée, nous a démontré la rigueur dont le personnel de La Coop est capable, mentionne-t-il. En plus, le personnel est sensible aux exigences de l’expérimentation et travaille avec efficacité. »


Un bâtiment bien adapté
Les installations de recherche ont été érigées sur le site du Centre avicole St-Jean-Baptiste-de-Rouville où se dressent déjà 12 poulaillers appartenant à La Coop fédérée. Plus d’un million de poulets y sont élevés chaque année. « Ainsi, après avoir testé nos programmes ou produits à petite échelle et dans un environnement très contrôlé, nous pourrons, dans certains cas, valider nos conclusions en les appliquant à plus grande échelle dans ces poulaillers », explique avec enthousiasme David Arseneau.

Pour une raison de biosécurité, le bâtiment de recherche est éloigné et placé de façon perpendiculaire par rapport aux autres. Cette bâtisse d’un étage mesure 54 mètres sur 10 (177 pieds sur 33). Le local des poulets de chair compte 64 parquets de 1 mètre sur 2,5 pouvant accueillir chacun 30 à 35 oiseaux. La section des poules pondeuses compte 100 cages et peut loger 300 oiseaux dans un espace de 3,6 mètres sur 9. Le coût de la construction du bâtiment et de l’achat d’équipements s’élève à 425 000 $.

Pour une raison de biosécurité, le bâtiment de recherche est éloigné et placé de façon perpendiculaire par rapport aux autres.

« Les dispositifs expérimentaux de la ferme – c’est-à-dire le nombre de parquets, d’oiseaux par parquet et les techniques de contrôle de l’environnement – nous permettent d’avoir une puissance statistique adéquate pour évaluer des stratégies nutritionnelles ou différents types de génétiques et de prendre des décisions avec un degré de confiance élevé », commente Yan Martel Kennes, coordonnateur des activités de recherche à La Coop fédérée.

Les planchers de béton sont chauffants. Certains diront que la présence d’un plancher chauffé n’est pas représentatif des entreprises québécoises. « C’est pour avoir une température uniforme partout, dans chacune des sections du bâtiment, explique le coordonnateur de projet. Sinon, nos résultats seront faussés. »

Une toute nouvelle technologie a été installée au poulailler, soit un mur solaire de 30,5 mètres de long. « Ce mur est constitué d’une tôle noire perforée. En traversant ce mur, l’air de l’extérieur est réchauffé puis réparti dans le bâtiment. Ce système permettra de réduire les coûts en énergie de 20 à 30 % », expose en détail Yan Martel Kennes.

Le bâtiment est aussi équipé d’une entrée avec douche obligatoire pour assurer un statut sanitaire élevé, d’un bureau, d’une salle de nécropsie, d’une salle réfrigérée, d’un espace d’entreposage et de tout l’équipement nécessaire pour prélever les données sur la prise alimentaire des oiseaux, leur croissance et leur conversion alimentaire.

Nadège Hervé agit à titre de professionnelle de recherche à la ferme. « J’aime faire de la recherche appliquée, car on peut trouver rapidement des solutions pour les producteurs. »

Pour David et Yan, le choix de Nadège à ce poste était une plus-value en raison, notamment, de sa rigueur scientifique, une qualité indispensable en recherche.

Nadège Hervé agit à titre de professionnelle de recherche.

C’est le 24 novembre dernier que le couvoir de Victoriaville livrait les premiers poussins – 1920 oiseaux – dans le nouveau poulailler.

« L’objectif principal du premier projet vise à standardiser tous les paramètres du bâtiment : température, humidité, ventilation, lumière, etc., précise le coordonnateur de recherche. C’est très important car si, pour quelque raison que ce soit, la température ou la ventilation est plus élevée dans un coin du poulailler, nos résultats seront faussés. » En expérimentation, on doit s’assurer que la ou les seules sources de variation sont celles que nous voulons évaluer (traitements alimentaires ou types génétiques). Du même coup, dans ce premier essai, une évaluation de trois génétiques d’oiseaux sera effectuée.

Pour Martin Véronneau, directeur, production avicole à La Coop fédérée : « L’avantage d’avoir notre propre ferme de recherche, c’est qu’en plus de pouvoir répondre aux besoins en recherche de nos coopératives et de nos producteurs, l’information et les concepts innovateurs issus des travaux de CRF, réalisés sous nos conditions d’élevage, seront immédiatement applicables sur nos fermes, puis commercialisés auprès de notre clientèle du réseau CO-OP. »


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