Deux événements importants du secteur acéricole se sont tenus à Trois-Rivières du 23 au 26 octobre dernier. Il s’agit de la 46e assemblée annuelle du Conseil nord-américain du sirop d’érable (North American Maple Syrup Council (NAMSC) et de la 31e assemblée annuelle de l’Institut International du Sirop d’Érable (IMSI). Citadelle, coopérative de producteurs de sirop d’érable a été l’hôte de ces deux événements qui ont été l’occasion de faire le point sur la production de sirop de l’année 2005 et de travailler à mettre en place des structures qui assureront un sain développement de l’industrie.


Fondé en 1959, le NAMSC représente les associations de producteurs de sirop d’érable de quatre provinces canadiennes et douze États américains. Le principal mandat de l’organisme est de financer des projets de recherche liés à la production acéricole.

« C’est la première fois, depuis la fondation de l’organisme en 1959, que l’assemblée annuelle du Conseil nord-américain du sirop d’érable se tient au Québec », tient à souligner René Arès, président de Citadelle. Luc Lussier, directeur général, délégué de Citadelle depuis 1993 et président du NAMSC de 2001 à 2003, a convaincu les associations de l’organisme qu’il serait fort à propos qu’elles viennent constater, ici même, les réalisations du Québec. Les congressistes ont été enchantés de l’accueil, du déroulement de l’événement et des différentes activités offertes.

Selon l’Institut International du Sirop d’Érable, la production mondiale a bondi de 30 millions de livres en 1975 à plus de 90 millions de livres en 2005. Au Canada, elle a presque doublé au cours des 15 dernières années. Elle est passée de 40,7 millions de livres en 1990 à 76 millions de livres en 2005. « Au cours des prochaines années, la demande pour nos produits augmentera encore et la pression de produits concurrents s’accentuera, estime Debbie Richards, présidente de l’Institut. Les besoins en recherche et développement ainsi qu’en promotion et marketing sont donc de plus en plus criants. Il faudra également prendre des mesures pour faire respecter notre réglementation. »

L’Institut International du Sirop d’Érable a été fondé à Plattsburgh en 1975, après une rencontre préparatoire tenue à Montréal en 1974. Il s’était alors donné comme mission de proposer des solutions marketing aux intervenants canadiens et américains du secteur de l’acériculture. Des grossistes, des entreprises de transformation et des fabricants d’équipements en sont aujourd’hui membres. L’organisation fait la promotion de la consommation du sirop d’érable pur, protège l’intégrité du produit et veille à ce que seul le sirop d’érable pur à 100 % puisse ainsi être étiqueté. Le Règlement canadien sur les produits de l’érable ne tolère pas les imitations de sirop. Ce règlement stipule en effet que tous les produits de l’érable doivent être issus de la concentration de la sève ou du sirop d’érable. De plus, pour éviter que les consommateurs n’en perdent leur latin lorsque vient le temps de choisir un produit d’érable, un comité mis sur pied par l’Institut International du Sirop d’Érable se penche actuellement sur l’harmonisation de l’appellation des catégories de sirop au Canada et aux États-Unis.

Selon le document « Les produits de l’érable – Situation et tendances (2004-2005) », produit par Agriculture et Agroalimentaire Canada, la consommation de produits de l’érable par personne, exprimée sur une base de sirop d’érable, s’établissait en 2003 à 0,086 kg, soit environ 7,5 % de la production canadienne. En revanche, la consommation de sucre blanc raffiné, pour la même année, était 400 fois plus élevée, soit 34,99 kilos par personne… Le sirop d’érable, dit-on dans le document, pourrait faire l’objet de plus de promotion, car ses avantages concurrentiels, méconnus du grand public, sont importants. En effet, en plus de contenir plusieurs minéraux, le produit possède des propriétés antioxydantes.

Le congrès conjoint a été l’occasion pour de nombreux spécialistes de divers organismes (voir la liste en encadré) de présenter des conférences à caractère technique qui ont permis aux congressistes de se renseigner sur les derniers développements dans le secteur acéricole. Aménagement de l’érablière, utilisation d’injecteurs d’air, inspection des produits de l’érable, changements climatiques, dimension de l’entaille, méthode d’établissement de prix pour la vente directe ne sont que quelques-uns des sujets qui ont été traités.

Le Canada et les États-Unis sont les deux seuls pays producteurs de sirop d’érable au monde. Le Canada compte pour 82 % de la production totale. Avec environ 7000 érablières, le Québec est responsable de 93 % de la production canadienne, soit 77 % de la production mondiale. Pas étonnant, lorsqu’on sait que des 115 espèces d’arbres feuillus que compte la forêt québécoise, c’est l’érable à sucre qui est le plus répandu.

La production canadienne en 2005 a atteint près de 84 millions de livres, pour une valeur totale de 180 millions $. Avec ses 76 millions de livres produites en 2005 au Québec, la valeur se chiffre
à environ 150 millions $. Près de 95 % de la production québécoise de sirop d’érable est exportée dans plus de 45 pays. C’est d’abord aux États-Unis que notre produit trouve le plus d’adeptes, suivi du Japon, de l’Allemagne, du Royaume-Uni et de la France.

Le reste de la production canadienne est répartie, en faibles pourcentages, entre l’Ontario, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse.

La part du Canada dans la production mondiale est légèrement à la baisse comparativement aux années précédentes, en grande partie en raison de l’instauration du système de contingentement de la production au Québec.

Avec 18 % du total mondial, les États-Unis ont produit 16,4 millions de livres en 2005, en baisse de 18 % par rapport à 2004. Même avec 2 % plus d’entailles, c’est la production par entaille, en baisse de 19 %, qui a entraîné cette régression.

Le Vermont domine la production américaine avec 33 % des livraisons, suivi par le Maine et New York. Selon le Maple Syrup Digest, une publication du NAMSC, une saison écourtée de près d’une semaine et des températures trop froides ont sapé la production qui est évaluée à environ 35 millions $.

L’industrie acéricole québécoise est actuellement aux prises avec un stock de 53 millions de livres qui résulte notamment des surplus accumulés depuis 2000. Le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, Laurent Lessard, a annoncé le 28 octobre dernier la mise en place d’un programme de stabilisation des inventaires en acériculture de 25 millions $.

Ce programme comporte trois volets :
soutenir une partie des frais d’entreposage et des pertes de qualité du sirop d’érable en stock;
apporter une aide au développement des marchés, les sommes versées étant toutefois liées à une diminution réelle des stocks au cours de l’année de commercialisation;
permettre à la Fédération des producteurs acéricoles du Québec d’effectuer des paiements anticipés aux producteurs volontaires dans le cadre de congés de production.

La prise en charge des coûts de ces trois volets sera faite conjointement, et à parts égales, par La Financière agricole et la Fédération des producteurs acéricoles du Québec.




L’acériculture en ligne
Citadelle
Agri-Réseau
La filière acéricole
Proctor Maple Research Center de l’Université du Vermont
Statistique Canada (érable)
Département de l’agriculture des États-Unis (statistiques sur l’érable)
Centre de recherche, de développement et de transfert technologique acéricole inc. (ACER)
Université Cornell, New York
Agence canadienne d’inspection des aliments
Ministère de l’agriculture et de l’alimentation de l’Ontario.


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