Tout comme c’est le cas avec la chaux et les engrais minéraux, l’application de lisier à taux variable permettra, en fonction de la variabilité des sols, de mieux répondre aux besoins de la culture.


En projet très concluant, réalisé dans la région de Chaudière-Appalaches et mis sur pied par les experts-conseils de La Coop fédérée et d’Unicoop, coopérative agricole, s’est déroulé en 2003 et 2004. Il a entre autres permis d’étudier la faisabilité d’un arrêt automatique du système d’épandage dans les zones de restriction, comme les puits ou les bandes riveraines, ainsi que la possibilité d’appliquer des doses constantes de lisier inférieures à 25 m3/ha. Pour la réalisation des épandages, plusieurs fermes de la région ont collaboré (6 fermes pour les épandages à taux variable et 12 fermes pour les épandages à taux fixe).

En comparaison avec l'échantillonnage GPS (grille/ha), la délimitation de zones de gestion permet de réduire le nombre d'échantillons de sol, et ainsi, le nombre de doses d'application.

Au départ, on a échantillonné les champs sélectionnés pour le projet à l’aide d’un GPS (1 échantillon par hectare). Ces analyses de sol ont servi à produire des cartes de fertilité afin d’établir les doses recommandées d’application de lisier. Ces recommandations devaient ensuite être transférées vers l’ordinateur de l’épandeur, qui était lié à un système GPS servant à positionner l’épandeur à l’intérieur du champ. Ensuite, un débitmètre, pour mesurer le débit, et une valve de contrôle, pour ajuster le débit en fonction de la vitesse d’avancement, ont été installés sur l’épandeur. Tout au long des applications, l’ordinateur de l’épandeur enregistrait les données provenant du débitmètre et les associait à une position donnée par le GPS. C’est grâce à ces données qu’il a été possible de produire une carte d’application. Notez que ces cartes d’application doivent être traitées informatiquement pour obtenir des résultats exacts et fiables. En plus de ces épandages à taux variable, 100 hectares ont reçu une application de lisier à taux fixe, selon la dose d’application recommandée dans le PAEF.


Quelques faits saillants
Le système d’application de lisier à taux variable fonctionne bien. Lorsqu’on compare les doses recommandées avec les doses appliquées, on obtient une efficacité moyenne de 96 %.
L’application de lisier à taux fixe par le système GPS s’est montrée fiable et efficace. Les résultats obtenus indiquent une variation de 0,5 à 3 % dans la dose réellement appliquée par rapport à celle recommandée.
Au chapitre des zones de restriction (bandes riveraines et puits), zones où il ne devrait pas y avoir d’épandage, certains ajustements devraient être apportés. Les essais, tels qu’ils ont été réalisés, n’ont pas permis de respecter ces zones de restriction de façon précise.
Pour réduire le nombre d’échantillons de sol, donc les coûts pour le producteur, des zones de gestion ont été délimitées à partir des différences de teintes correspondant à des zones homogènes sur les photographies aériennes. De la sorte, on évite de multiplier les doses d’application et on allège le travail du système mécanique (voir les cartes).


En conclusion
Ce système assure que l’application du lisier est conforme aux besoins particuliers des sections d’un champ. De plus, les cartes d’application réelle au champ reflètent bien les quantités appliquées et, dans ce sens, peuvent être considérées comme un registre d’épandage efficace et précis. Le système permet également, à l’aide de cartes de passages, de déterminer les zones possibles de compaction causée par le passage répété de l’épandeur et de vérifier le respect des zones où l’épandage devrait être nul (puits, bandes riveraines). Même si le système s’avère fiable, une bonne part du succès réside dans la rigueur et la qualité du travail de l’opérateur et dans le traitement des données par un ou une spécialiste.

L'utilisation d'un débitmètre, en plus de faciliter le travail de l'opérateur, permet d'appliquer plus précisément
les doses recommandées ainsi que des doses aussi faibles que 12 m3/ha. L'actuateur contrôle la valve d'alimentation (à droite) .

Une autre possibilité est l’utilisation d’un débitmètre. Moins coûteux que l’installation d’un système GPS, il permet une application plus précise de la dose recommandée, et ce, peu importe les conditions de terrain. Lors d’essais sans utilisation d’un débitmètre, des doses aussi élevées que 77 m3/ha ont été appliquées, alors que la recommandation était de 36 m3/ha. De plus, l’utilisation d’un débitmètre, contrairement à un système d’épandage normal, permet l’application de très petites doses et facilite le travail des opérateurs. Des doses aussi faibles que 12 m3/ha ont été appliquées de façon fiable et constante.

Nous tenons à remercier tout spécialement les compagnies Bodco (équipement d’épandage) et Innotag (équipement GPS) pour leur participation financière et leur collaboration à ce projet, ainsi que les fermes collaboratrices de la région de Chaudière-Appalaches où se sont tenus les épandages.


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