Le Coopérateur agricole publie à votre intention un résumé du message du président ainsi que du rapport de gestion présentés à l’assemblée générale annuelle de La Coop fédérée, le 23 février dernier. Si vous désirez plus de détails, vous pouvez consulter le rapport annuel complet sur le site internet de La Coop fédérée à l’adresse : www.lacoop.coop/medias


Message du président
Si je devais résumer en quelques mots l'exercice qui vient de s'écouler, je vous entretiendrais de continuité, de consolidation, de représentation et de valorisation.


Continuité
Continuité, car nous avons poursuivi notre réflexion et orienté nos actions pour mettre notre modèle d'actions coopératives au diapason pour mieux répondre à vos besoins d'aujourd'hui et aux défis de demain.

La survie de nos organisations et de nos entreprises repose sur notre capacité de nous adapter à la mondialisation de l'économie et de nous doter de bons outils pour en sortir gagnants. Nous constatons déjà les limites des systèmes mis en place pour nous assurer d'un revenu agricole stable et adéquat.

Devant ce constat, le conseil d'administration de La Coop fédérée a mandaté ses principaux dirigeants à se rendre sur le terrain, tant en Europe, aux États-Unis qu’au Brésil, pour évaluer comment les grandes coopératives agroalimentaires du monde s'organisaient pour faire face à ces changements.

Le nouveau modèle qui émerge, partout dans le monde, est celui qui va de la table à la terre. Il est conçu pour répondre rapidement et intimement aux demandes du marché. Il ne vise donc plus à commercialiser indistinctement des denrées agricoles.

C'est dans ce contexte et à la lumière des commentaires recueillis lors des différents forums de consultation qui ont eu lieu depuis cette date que nous avons développé le principe de la contractualisation coopérative.

Ce nouveau principe a été appliqué la première fois dans la production d'un porc certifié Coop. Il a rapidement suscité un vif intérêt de la part des producteurs, qui y ont vu une avenue intéressante pour améliorer leurs revenus. Mentionnons que dans l'élaboration de ce projet, La Coop fédérée s'est assurée du respect intégral des ententes intervenues lors de la mise en place de la convention de mise en marché collective.

Nous examinons maintenant la possibilité d'étendre la production certifiée Coop à d'autres secteurs où les principes de la contractualisation coopérative pourraient s'avérer efficaces pour améliorer le revenu des producteurs coopérateurs et garantir leur accès aux marchés.

Cette nouvelle façon de faire demandera cependant d'autres ajustements à nos procédés pour permettre à l'ensemble des maillons de la chaîne de production de travailler en plus étroite collaboration.

Dans ce contexte, La Coop fédérée et la majorité de ses coopératives affiliées ont initié un vaste programme de mise à niveau de leurs systèmes informatiques. Ce programme, échelonné sur près de cinq ans, devrait à terme générer des économies d'entretien et de développement des systèmes informatiques et ainsi permettre plus de synergie dans la transmission des informations de gestion entre tous les maillons du réseau coopératif agricole.

C'est avec un souci de continuité dans l'action que nous avons également poursuivi la vaste démarche d'optimisation des meuneries avec nos coopératives affiliées. Amorcé au Forum des présidents 2003, ce projet s'inscrit directement dans l'objectif de diminution du coût des intrants à la ferme.
La réduction de la gamme des produits et la spécialisation des usines apparaissent de plus en plus comme des solutions incontournables. Le conseil d'administration de La Coop fédérée a autorisé récemment la mise sur pied d'une équipe de conseillers permanents, parmi les plus expérimentés de ses employés, afin d'accompagner les coopératives dans leur réflexion et d’accélérer la mise en place de ces projets d'optimisation.


Consolidation
Au chapitre de nos activités de Mise en marché, l'heure est à la consolidation de cet important secteur d'activité pour les coopératives agricoles et l'agriculture du Québec. Pour un troisième exercice consécutif, les résultats des activités d'abattage et de découpe du porc, principalement au Québec, ont connu d'importantes pertes.

Il faut toutefois se réjouir de la fusion des activités de Supraliment s.e.c. dans Olymel, autorisée par le Bureau de la concurrence au cours de l’exercice. Elle a permis de donner aux producteurs agricoles du Québec une force de transformation des viandes comparable à celle de nos principaux compétiteurs mondiaux.

De plus, cette fusion avec Supraliment équilibre les relations avec les géants de la distribution alimentaire au Canada et à l'étranger et protège l'accès aux marchés des producteurs du Québec. Elle donne aussi à Olymel la marge de manœuvre nécessaire pour rationaliser ses activités et diminuer ses coûts de production.

Parallèlement aux efforts consentis au Québec pour retrouver le chemin de la rentabilité, Olymel a poursuivi et complété son positionnement à l'échelle canadienne en s'associant aux deuxième et troisième plus importants producteurs de porc du Canada, pour ses activités dans l'Ouest canadien. Ses qualités d'opérateurs son expertise à la vente, sa connaissance des marchés et la valeur de ses marques de commerce ont été des éléments déterminants dans le choix effectué par nos nouveaux partenaires.


Représentation
Voilà les grandes lignes de nos actions au chapitre de nos activités, mais La Coop fédérée est aussi votre fédération de coopératives agricoles ayant le mandat de vous représenter et de défendre vos intérêts.

Forte de notre appui financier, Citadelle a su porter jusqu'à la Cour suprême sa demande de clarification de l'article 2 de la Loi sur la mise en marché des produits agricoles.

La Coop fédérée a poursuivi ses activités auprès du gouvernement fédéral pour la mise en place d'un régime d'investissement coopératif, notamment par la présentation d'un mémoire sur la capitalisation des coopératives au Comité permanent des finances du Parlement canadien.
Elle a également participé à la consultation et présenté un mémoire sur la politique de développement durable du gouvernement du Québec et fait des recommandations sur le projet de politique énergétique du Québec.

La Coop fédérée a présenté un mémoire dans le cadre de la consultation sur l'appel d'offres pour la fourniture de 2000 mégawatts d'énergie éolienne. À cet égard, nos interventions ont surtout visé à sonner l'alarme auprès des producteurs agricoles qui nous semblaient lésés par le mode de développement préconisé.

Nous avons été un partenaire actif de la coalition du GO5 pour la protection de la gestion de l'offre et de la coalition pour la protection du territoire agricole.


Valorisation
La poursuite de notre engagement à titre de commanditaire majeur du magazine télévisé Par-dessus le marché s'est avérée un vif succès, la deuxième saison de cette sympathique émission a attiré et sensibilisé aux réalités agroalimentaires près de 800 000 spectateurs par émission.

La Coop fédérée investit également dans l'avenir en soutenant financièrement les activités d’organismes comme les CRÉA pour promouvoir les transferts de ferme, d’organisations de jeunes ruraux et de la relève agricole ainsi que de maisons d'enseignement agricole.


Conclusion
Qu’on se le dise, la trêve obtenue dans les négociations de l’OMC à Hong Kong ne doit pas nous faire baisser la garde. Quels que soient les résultats des négociations à venir, nous devons continuer à chercher à nous adapter au nouvel environnement économique, tout en défendant sans relâche nos politiques agricoles et nos façons de faire.

Je demeure plus que jamais convaincu que l’avenir des producteurs autonomes passe par l’appartenance à un réseau, capable de les épauler dans leurs tâches quotidiennes et d’assurer la stabilité et le succès de leur entreprise agricole.


Rapport de gestion
Pour l’exercice terminé le 29 octobre 2005, La Coop fédérée présente un excédent avant ristournes et impôts sur l’excédent de 42,5 millions de dollars, par rapport à 35,5 millions de dollars pour l’exercice précédent.

Les résultats consolidés, exclusion faite du gain de dilution de 23,5 millions de dollars, sont inférieurs de 16,5 millions de dollars, comparativement à l’exercice précédent.

Les ventes totalisent 3,142 milliards de dollars, tandis qu’à l’exercice précédent, elles s’établissaient à 2,909 milliards de dollars. La hausse s’explique par l’ajout des activités des entreprises acquises au cours de l’exercice, malgré une diminution dans le secteur du porc et de la volaille expliquée par une réduction des prix de vente.


Mise en marché (Olymel)
Ventes en 2005 : 2,103 milliards de dollars
Ventes en 2004 : 1,937 milliard de dollars

L’année qui s’achève a été riche en événements pour Olymel. Mentionnons le regroupement des activités avec Supraliment s.e.c., la prise de participation dans Volaille Giannone inc. et l’agrandissement de l’usine de transformation de viande de porc à Red Deer, en Alberta.

La fusion avec Supraliment, depuis le 13 avril 2005, explique principalement l’accroissement des ventes d’Olymel pour une valeur de 208 millions de dollars. Cette hausse a été toutefois atténuée par une réduction des prix de vente, autant dans le secteur porcin que celui de la volaille, pour un montant de 42 millions de dollars.

Les difficiles conditions du marché dans le secteur porcin ont persisté, compte tenu de la force de la valeur du dollar canadien entraînant une détérioration des marges sur matières premières. La contribution nette du secteur de l’abattage et de la transformation du porc a subi des pertes importantes.

Pour sa part, le secteur de la volaille a enregistré des résultats inférieurs à l’exercice précédent. Ainsi, après avoir atteint des niveaux records en 2004, en raison de l’épidémie de grippe aviaire en Colombie-Britannique, les prix de vente de l’exercice 2005 ont connu une diminution qui a entraîné la réduction de la contribution brute. L’effet de la hausse des primes versées aux producteurs a eu également un effet défavorable sur la contribution brute.

En somme, compte tenu des acquisitions d’entreprises, soit la fusion avec Supraliment et la prise de participation dans Volaille Giannone, l’exercice 2005 a permis d’assurer la croissance de l’entreprise. Ainsi, Olymel s’est assurée de garantir une plus grande part de ses volumes d’approvisionnement et de soutenir la croissance du secteur de la surtransformation.


Approvisionnement
Ventes en 2005 : 1,060 milliard de dollars
Ventes en 2004 : 975 millions de dollars

Les ventes des activités liées à l’Approvisionnement totalisent 1,060 milliard de dollars, par rapport à 975 millions de dollars en 2004. La hausse provient principalement de l’augmentation des volumes de ventes sur le nouveau marché ontarien et aussi de la croissance des volumes de vente industrielle de fertilisants et des volumes de vente en quincaillerie. En outre, la montée du prix des produits pétroliers a fait croître le chiffre d’affaires du Secteur des pétroles Sonic, tandis que la baisse des prix des intrants a réduit les ventes du Service de l’alimentation animale et celles du Service des grains.

L’excédent net de l’activité Approvisionnement est supérieur à celui de l’exercice précédent malgré le fait qu’en 2004, nous avons encaissé des revenus inhabituels à la suite d’un recours collectif canadien et à des ventes de quotas.


Secteur de l’agrofourniture
Service des productions animales
Ventes en 2005 : 186,6 millions de dollars
Ventes en 2004 : 211,3 millions de dollars

Cette diminution des ventes est principalement attribuable à la déflation moyenne du prix des ingrédients de 11,5 %. En ce qui a trait à la contribution nette du Service des productions animales, elle décroît de 18,6 % par rapport à l’exercice précédent. Cette baisse provient des résultats de 2004, qui incluaient un revenu supplémentaire provenant d’un jugement favorable à un recours collectif. Nonobstant ce revenu supplémentaire, les excédents de l’exercice 2005 sont supérieurs à l’exercice précédent, attribuables essentiellement à des gains exceptionnels sur des positions d’achat.

Service des productions végétales
Ventes en 2005 : 178,2 millions de dollars
Ventes en 2004 : 138,8 millions de dollars

L’augmentation des ventes de ce service provient de deux sources. D’une part, elle découle de la vente de fertilisants qui a connu une hausse de 26,4 millions de dollars, issue de l’accroissement du prix de vente moyen de 39 dollars par tonne métrique et par une augmentation du volume vendu de 52 368 tonnes métriques. Cette augmentation de volume est principalement attribuable aux volumes industriels et au développement du marché ontarien. D’autre part, elle résulte des ventes de protection des cultures qui ont progressé de 12,4 millions de dollars. Une partie importante de cette augmentation provient de l’exploitation du nouveau marché de l’Ontario. Quant aux ventes régulières, elles se sont accrues de près de 3,5 millions de dollars principalement au chapitre des herbicides et des fertilisants.

Fait à noter, la contribution nette du Service des productions végétales est supérieure à celle de l’exercice précédent, en raison notamment d’un gain sur disposition de placement que La Coop fédérée détenait dans CF Industries, une grande entreprise américaine.

Service des grains
Ventes en 2005 : 112 millions de dollars
Ventes en 2004 : 154,7 millions de dollars

Les ventes du Service des grains ont chuté de 42,7 millions de dollars, en raison d’une baisse de 5 % des volumes de vente combinée à la réduction des prix moyens de vente de 236 dollars à 180 dollars par tonne métrique. La contribution nette du Service des grains après la quote-part des coopératives aux résultats de Grains Elite s.e.c. est légèrement à perte comparativement à une perte plus importante en 2004.

Secteur quincaillerie et machines agricoles
Ventes en 2005 : 188,3 millions de dollars
Ventes en 2004 : 173,7 millions de dollars

La progression des ventes de ce secteur tient à la fidélité croissante des coopératives et à la rénovation soutenue des magasins du réseau CO-OP. Sa contribution nette est en hausse par rapport à l’exercice précédent. La croissance des ventes et le contrôle rigoureux des dépenses ont permis de compenser les frais supplémentaires pour le développement des réseaux CO-OP et la nouvelle bannière Unimat. Ces résultats couronnent le travail d’équipe et les efforts déployés pour améliorer sans cesse la rentabilité du secteur.

Secteur des pétroles Sonic
Ventes en 2005 : 388 millions de dollars
Ventes en 2004 : 312,4 millions de dollars

Cette progression est entièrement attribuable à la hausse du coût des intrants. Toutefois, les
volumes des ventes ont connu une baisse. La demande générale du marché pour les produits de chauffage s’atténue, et les conditions climatiques ont défavorisé la consommation de propane. L’excédent net du secteur fléchit comparativement à l’exercice 2004. La hausse des dépenses administratives et des frais de vente combinée à celle des frais de dépollution et de restauration des sols témoignent de la détérioration des résultats de ce secteur.


La situation financière
Le bilan consolidé de La Coop fédérée, au 29 octobre 2005, affiche un actif total de 1,058 milliard de dollars, par rapport à 808,8 millions de dollars à la fin de l’exercice précédent. La hausse de l’actif total est expliquée principalement par la fusion et l’acquisition d’entreprises du secteur des viandes. Il y a eu également une augmentation des immobilisations à Red Deer, notamment, pour la nouvelle salle de stabilisation, l’entrepôt réfrigéré et l’automatisation de ligne d’abattage. Cependant, comme nous l’avons déjà signalé, nous avons cédé un placement détenu dans une coopérative d’approvisionnement.


Conclusion
La Coop fédérée a connu, pour une troisième année consécutive, des résultats décevants pour le secteur des viandes, principalement pour le porc du Québec. Nous croyons toutefois que toutes les mesures de redressement mises en place, telles que la réduction de la masse salariale consentie par nos employés, la rationalisation du nombre d’usines et l’augmentation du poids des porcs, ainsi que les investissements effectués à Red Deer devraient permettre à Olymel d’obtenir des résultats plus satisfaisants au cours des prochaines années. Les autres secteurs de notre Société ont démontré en 2005 une saine croissance de leurs activités.

FAITS SAILLANTS
(En milliers de dollars)
 
2005
2004
Ventes
3 141 860
2 908 842
Excédent d’exploitation
19 979
33 076
Excédent avant ristournes et impôts sur l’excédent
42 463
35 456
Ristournes
8 500
12 000
Fonds de roulement
197 750
139 486
Actif total
1 058 252
808 765
Actions privilégiées et avoir
321 928
284 711
Nombre d’employés
12 287
9 587


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