À l’heure où l’agriculture est souvent mise sur la sellette, il est d’autant plus important pour les intervenants de la chaîne agroalimentaire de transmettre un message positif aux consommateurs et de les rassurer quant à l’innocuité de nos aliments. L'émission Par-dessus le marché, dont la mission est de servir de trait d'union entre les producteurs et le grand public, le fait de manière exceptionnelle en présentant de façon dynamique des reportages sur la production, la transformation et la distribution de produits faits au Québec. Elle sera présentée pour une troisième saison au réseau TVA à partir du mercredi 10 mai à 19 h. Bien qu’il soit difficile de chiffrer les retombées économiques pour les producteurs à la suite d’un passage à l’émission, la formule demeure gagnante.


À la suite de la diffusion du reportage sur la ferme et la fromagerie Au Gré des Champs, située à Saint-Jean-sur-Richelieu, le comptoir de ferme de Suzanne Dufresne et Daniel Gosselin a été inondé de visiteurs. « Ce genre de publicité là », insiste Mme Dufresne, on ne serait pas capables de se la payer. »

La série est produite par une équipe chevronnée, passionnée par l’agroalimentaire. « J’ai gardé le même facteur de succès que Cultivé et bien élevé », explique Jacques Fortin, producteur à Télé-Vision. « Entre la caméra et le sujet, il n’y a pas d’intermédiaire. Ce sont les gens eux-mêmes qui parlent de ce qu’ils font, qui racontent leur histoire et parlent avec fierté de leurs produits. »

En plus de leur offrir une visibilité importante, l’émission a apporté une crédibilité à leurs produits, selon Mme Dufresne. « Par-dessus le marché est une excellente tribune. L’émission nous a donné le temps d’expliquer à des milliers de gens comment notre produit est fait et de montrer, à travers de belles images, la qualité de nos produits et la passion qu’on met dans notre travail. »

Enregistrement d'une nouvelle du perron sur la journée des portes ouvertes de l'UPA, avec Laurent Pellerin, président de l'UPA. Équipe au travail : Frédérick Jouin, caméraman;Guylaine Laframboise, réalisatrice-coordonnatrice;Mélissa Blais, maquilleuse.

En s’associant à une émission qui traite positivement des pratiques agricoles et de l’agriculture, La Coop fédérée répond aux attentes de ses membres tout en augmentant la notoriété de l’entreprise. « On voulait une émission qui, tout en maintenant le producteur au cœur de la formule, rejoigne les intérêts du consommateur et les intègre », explique Jean-François Harel, secrétaire du conseil d’administration de La Coop fédérée et premier responsable des communications.

« L’agriculture est devenue une sorte de presse à sensation, principalement à cause des défis environnementaux, mais aussi des pratiques agricoles. Les émissions de type Cultivé et bien élevé et Par-dessus le marché permettent aux producteurs d’expliquer l’envers de la médaille et laissent au public la possibilité de tirer leurs propres conclusions », poursuit M. Harel. « Notre but, dit Guylaine Laframboise, réalisatrice-coordonnatrice de la série, « c’est que les gens ne regardent pas leur assiette de la même manière. »

Chose certaine, il existe un véritable engouement de la population pour l’alimentation et les produits faits au Québec. La preuve, il s’est développé en l’espace de 10 ans une industrie de fromages fins au Québec, une industrie qui a pris des centaines d’années à se développer en France, souligne M. Harel. Le volet de la promotion des produits du Québec, tant génériques que de terroirs, n’a pas été oublié dans la formule de Par-dessus le marché. La série examine aussi nos habitudes de consommation et nous fait découvrir des aliments étranges, en plus de faire un survol de l’actualité alimentaire. Des capsules d’informations liées à la nutrition sont aussi au rendez-vous et quant aux trucs culinaires et aux recettes inédites, ceux-ci sont présentés par la chef-propriétaire de L’Eau à la Bouche, Anne Desjardins.

Le choix d’un animateur pour cette série ne s’est pas fait facilement, avoue Jacques Fortin. « Il fallait s’assurer que la personne ne soit pas seulement un touriste qui passait devant la caméra et sortait du cadre pour aller chercher son chèque. On voulait que les valeurs de la personne collent avec les nôtres. On voulait quelqu’un qui tripe dans cet univers-là. Martin, c’est un gars authentique, fondamentalement honnête. »

Qu’il s’agisse d’OGM, de grippe aviaire ou de faire la promotion de produits locaux, Martin Drainville se sent à l’aise dans son rôle d’animateur de Par-dessus le marché. Jeune, il habitait la campagne et, bien que ses parents ne fussent pas producteurs agricoles, les voisins l’étaient. Parmi ses premiers emplois d’été, il a donc fait les foins et travaillé dans un élevage de moutons. Et, bien qu’il possède maintenant une maison de campagne à Melbourne, dans les Cantons-de-l’Est, et qu’il est entouré de producteurs agricoles, participer à la série a eu un effet-choc pour Martin.

Tournage d'images pour une capsule sur le veau de grain.

« L’agriculture s’est tellement modernisée et informatisée qu’on a l’impression parfois d’être dans un film de James Bond. Lorsqu’on parle à un producteur de moulée pour animaux, on réalise à quel point c’est rendu une science exacte. »

L’émission lui donne l’occasion de renouer avec son passé et de faire valoir ses convictions. « Il faut être reconnaissant envers ceux qui nous nourrissent », insiste-t-il, en soulignant que trop souvent, les efforts des agriculteurs passent inaperçus. Martin considère d’ailleurs qu’une partie de son travail consiste à réveiller la conscience sociale des gens. « Il y a un coût social à acheter toujours des choses faites à l’étranger plutôt que produites localement. L’agriculture, en fait, c’est un peu le même combat qu’on livre contre Wal-Mart… Les gens ont intérêt à acheter des produits du Québec au lieu des produits du Brésil ou du Chili. »


Derrière la caméra
Dix-huit personnes travaillent à temps plein pendant trois semaines pour préparer chaque émission d’une demi-heure, et plus de 120 heures sont consacrées au tournage et au montage de chaque émission. Les journées de tournage sont longues, elles s’échelonnent souvent sur 10 ou
12 heures afin de permettre à l’équipe d’établir des liens avec les producteurs. « S’ils doivent déplacer la moissonneuse-batteuse, faire le train, nous les attendons », explique Guylaine Laframboise.

« Nous ne les bousculons pas. Pendant ce temps, nous tournons des images qui servent au montage. L’important, c’est de prendre le temps d’observer le travail des producteurs afin de pouvoir représenter de façon adéquate leur métier et les produits qu’ils font. »

Tournage d'une présentation sur les noix. Équipe au travail :Martin Drainville, animateur; Frédérick Jouin, caméraman;Louise Maisonneuve, maquilleuse;Frank Mannino, preneur de son.

Tourner une série à l’extérieur l’hiver, ce n’est pas de tout repos! Le soleil se lève tard et se couche tôt, et il fait froid à -30 ºC au beau milieu d’un champ. « Le froid crée des situations cocasses », raconte la réalisatrice-coordonnatrice. « Essayer de mettre une truite au bout d’un fil alors qu’elle est gelée, ce n’est pas facile. À d’autres moments, c’est le contraire. Pour un segment sur les aliments étranges, on travaillait avec une pieuvre. La pieuvre traînait dans le camion depuis longtemps et elle sentait mauvais. Il fallait qu’elle soit dégelée pour qu’elle soit malléable. On faisait des sparages avec la pieuvre et Martin l’avait à deux pouces de son visage! Il devait la manipuler, sans gants bien entendu parce que ça ne faisait pas beau à la caméra et il avait les mains complètement gelées. Il faut avoir le sens de l’humour pour faire ça! »


Le financement
« Ça n’a pas été facile de monter le financement parce qu’au début, rien n’existe, que du papier et des gens qui se parlent et qui se font confiance », explique Jacques Fortin. « Mais La Coop fédérée nous a appuyés dès le départ. La série, d’ailleurs, vient du fait qu’ils voulaient rejoindre le plus grand auditoire possible. »

La série, qui reprendra l’antenne la première semaine de mai 2006 en heure de grande écoute pour une troisième saison, plaît au grand public. Certaines émissions ont même touché la barre des 930 000 téléspectateurs. « Le sujet est populaire et l’émission est bien faite », souligne Jacques Fortin. « Et même si l’émission est sympathique et ne se prend pas au sérieux, elle est extrêmement rigoureuse. »


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