Le semis de maïs est une opération très délicate compromise par la vitesse à laquelle elle est exécutée. Une unité de semis dépose en moyenne deux grains de semence toutes les secondes. Idéalement, on souhaiterait retrouver ces semences à une profondeur et à un espacement constants. Pour effectuer cette tâche, l’opérateur doit connaître la façon dont les plantules émergent du sol et, bien entendu, comment fonctionne une unité de semis.


Profondeur de semis
La profondeur généralement recommandée pour le semis du maïs est de 5 cm (2 po). Cet ajustement semble facile, mais l’expérience nous montre que cette profondeur est en réalité difficile à maintenir. On vise 5 cm afin que les semences soient placées à une profondeur d’au moins 4 cm (1 1/2 po) et d’au plus 6,5 cm (2 1/2 po) de la surface du sol.

Le localisateur de semence permet de creuser dans le sillon et de mesurer la profondeur de semis.
L’émergence inégale des plants de maïs en affecte la productivité. Les gros plants qui émergent en premier concurrencent sévèrement les petits plants qui émergent avec du retard. Les principales causes qui font varier l’émergence des plantules sont la variation de la profondeur de semis, le faible contact du sol avec la semence, l’usure des disques des ouvre-sillons et le mauvais ajustement des roues fermant le sillon. Ainsi, les semences se retrouvant dans diverses positions dans le sillon ne seront pas soumises à la même température et aux mêmes conditions d’humidité, ce qui causera des variations dans l’émergence des plantules.

Des recherches menées par l’Université du Wisconsin ont montré qu’une plantule de maïs qui émerge 10 jours ou plus après les autres aura un retard de deux feuilles dans son stade de croissance et ne produira probablement pas d’épi.


La bonne localisation de la semence dans le sol réduit le stress qu’elle subit et permet aux plants d’exprimer leur plein rendement. Afin de respecter le développement du système racinaire (photo 3), le coléoptile mesure 2 cm ( 3/4 po) entre les racines nodales et la surface du sol. Le mésocotyle, qui est situé entre les racines nodales et la semence, doit atteindre 2 cm et s'allonge lorsque le semis est plus profond. Ainsi, dans un monde parfait, le mésocotyle et le coléoptile ont chacun 2 cm (3/4 po). Alors, la profondeur minimum requise de la semence afin que le système racinaire se développe bien est de 4 cm (1 1/2 po). Le fait de semer plus profondément ne nuit pas au développement des racines. Par contre, les semences qui se retrouvent à moins de 4 cm ont un potentiel de rendement réduit de beaucoup et deviennent sujettes à la verse.

Photo 3
Lorsque la semence est déposée à une profondeur minimum de 4 cm (1 1/2 po), les racines nodales se forment à une profondeur de 2 cm (3/4 po) sous la surface du sol. Le mésocotyle est situé entre les racines nodales et la semence. Ainsi, on additionne 2 cm (3/4 po) à la longueur du mésocotyle pour connaître la profondeur de semis lorsque les plantules de maïs ont émergé du sol.


À quelle profondeur se situe la semence?
Lors du semis, il est crucial de savoir, en fonction de l’ajustement du planteur et des conditions de sol, à quelle profondeur se retrouve la semence. À l’aide d’un outil, le localisateur de semence (photo 2), on creuse dans le sillon afin de retrouver le grain, on appuie cet outil servant d’instrument à mesurer sur la semence, puis on égalise le sol en surface pour déterminer la profondeur de semis.

Pour évaluer la profondeur de semis lorsque les plantules ont émergé, il faut déterrer le système racinaire, mesurer la longueur du mésocotyle entre le point d’insertion de la semence et la base des racines nodales (photo 3), puis ajouter 2 cm (3/4 po) à cette mesure. Par exemple, si le mésocotyle mesure 3 cm (1 1/4 po) de longueur, il faut ajouter 2 cm (3/4 po) à ce résultat pour obtenir une profondeur de semis de 5 cm (2 po).

Les racines nodales sont les principales structures qui permettent l’absorption de l’eau et des éléments nutritifs durant tout le cycle de vie de la plante. Le bon fonctionnement de ces structures est intimement lié à la profondeur de semis.

L'utilisation d'un disque de semence avec des alvéoles trop grandes entraînera le semis de doubles.

Lorsqu’une semence se retrouve à moins de 2 cm (3/4 po) de profondeur, les racines nodales se développeront au niveau du sol, ou tout juste sous la surface. Il pourra en résulter une formation de plants sans racines nodales, retenus au sol uniquement par le mésocotyle. Des racines nodales mal fixées dans le sol donneront des plants plus sujets à la verse.

En outre, la croissance normale des racines nodales pourrait être compromise par la chaleur et la sécheresse de la surface du sol. Si tel est le cas, les racines nodales seront courtes, noueuses et enchevêtrées. Un plant semé trop près de la surface souffre davantage des facteurs de stress. Ses racines seront moins développées; sa tige, plus fine; son épi, plus petit et son rendement, moins élevé.

Il est important de ne pas confondre les racines d’ancrage, qui se situent au-dessus de la surface du sol, avec les racines nodales, qui se retrouvent sous la surface du sol.

Si le grain de semence est mis en terre profondément, il aura besoin davantage d’énergie pour pousser le coléoptile jusqu’à la surface du sol. Lorsqu’une semence se situe à 7 cm (3 po), le coléoptile risque de s’ouvrir plus tôt, laissant ainsi les premières feuilles se déployer sous la surface du sol. Divers facteurs peuvent aggraver le problème : une température fraîche et humide, la vigueur de l’hybride, la compaction du sol, l’utilisation de certains herbicides et la formation d’une croûte en surface.

On peut viser une profondeur légèrement inférieure à 5 cm (2 po) lorsque les températures du sol sont basses, en début de saison, et dans les champs, en semis direct par exemple. Au fur et à mesure que les semis avancent et que les sols se réchauffent et s’assèchent, il faut s’assurer que la semence soit en contact avec un sol humide.


Espacement entre les plants
Un espace identique entre chaque plant réduit la compétition entre eux. De plus, une distribution uniforme des plants les positionne de manière à ce qu’ils reçoivent tous la lumière nécessaire à l’atteinte du meilleur rendement.

Une étude effectuée en Indiana démontre qu’une variation de plus ou moins 2,5 cm (1 po) peut diminuer le rendement de 60 kg/ha. En observant 354 champs de l’Ohio et de l’Indiana, on a réalisé que l’espacement entre les plants variait de plus ou moins 10 cm (4 po) dans 84 % des cas. Ainsi, on a estimé, dans ces champs, des pertes potentielles pouvant atteindre de 120 à 300 kg/ha.

Cette variation entre les plants est principalement causée par l’absence de certains plants dans le rang. Ces « manques » résultent d’un mauvais positionnement de la semence ou des dommages causés par un ravageur ou une maladie. Les dommages occasionnés par les ravageurs tels que le ver fil de fer ou le hanneton sont relativement bien contrôlés grâce aux traitements de semences insecticides Poncho 250 et Cruiser 250. Pour contrôler les maladies racinaires, les semences sont traitées avec les fongicides Maxim et Apron. D’autres recherches en cours permettront d’accéder à de nouvelles matières actives pour protéger les semences contre les maladies racinaires.

Maintenir une profondeur de semis et un espacement uniformes sont des atouts pour un semis réussi.

L’espacement entre les plants est aussi affecté lorsque deux grains se retrouvent au même endroit, communément appelés « doubles ». Par contre, les pertes de rendement qu’occasionnent les doubles sont bien moindres que celles qui résultent des « manques ».


Points à retenir
Le planteur de maïs doit être à niveau lorsqu’il fonctionne, car les unités de semis ont été construites pour faire chuter les semences avec un certain angle. Les tubes en plastique solide qui servent de chute à la semence sont légèrement courbés de manière à diriger le grain dans le fond du sillon.
Les disques des ouvre-sillons usés s’écartent dans le creux du sillon et forment un W au lieu de la forme en V désirée. Les sillons en W positionnent la semence moins profondément et laissent davantage d’air et moins d’humidité en contact avec la semence.
Le disque ondulé (utilisé en travail minimum du sol) devrait être positionné un peu moins profondément que l’unité de semence.
Utiliser un tasse-semences pour s’assurer que les semences demeurent dans le fond du sillon. Cela empêche la semence de rebondir dans le sillon.
Ajuster la pression afin de maintenir l’unité de semis en position stable lors de son fonctionnement.
La vitesse d’avancement influe sur la profondeur. En augmentant la vitesse, la stabilité du planteur diminue, la vibration augmente et les semences rebondissent davantage, ce qui augmente la variation de la profondeur du semis.



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