Durant la dernière année, le circovirus (CVP2) a affecté plusieurs élevages au Québec. Différentes stratégies sont actuellement employées pour contrôler les symptômes du syndrome de dépérissement post-sevrage (SDPS). Voici un rappel des recommandations du Dr François Madec (Le Coopérateur agricole, mars 2006) pour contrer ce virus lors des premières heures de vie du porcelet.

Pour bien contrôler certains pathogènes (SRRP, influenza, mycoplasme, etc.) qui peuvent agir comme cofacteurs dans l’expression du SDPS chez le porcelet, il importe de valider avec votre vétérinaire le programme d’acclimatation de vos cochettes. Une fois cette section sous contrôle, ne négligez pas la suivante, soit le local de gestation. Une méthode reconnue de vaccination contre le parvovirus (cofacteur) aura un impact positif sur le contrôle du circovirus. Afin d’obtenir une protection suffisante contre le CVP2, le Dr Madec suggérait de placer les truies de même stade de gestation face à face, de manière à favoriser l’échange de virus et l’élaboration d’anticorps.

On commence par un lavage complet de la chambre, de l’équipement, du matériel utilisé dans la pièce, y compris les conduits de recirculation, le système de chauffage, le chariot à porcelets et les dalots. L’utilisation d’un savon pour dégraisser les surfaces est obligatoire afin de déloger les micro-organismes qui se trouvent dans le biofilm (fine couche graisseuse).

L’application d’un désinfectant au bon taux de dilution et à la température recommandée, suivie d’un séchage complet et rapide (6 heures post-désinfection) accroît l’efficacité de la désinfection.

Une fois les lieux d’élevage bien propres, on y entre des truies propres. En effet, il faut laver les truies avant leur entrée en cage de mise bas, et ce, en prenant soin d’éliminer toute trace de fumier et d’urine.

Le jour de la mise bas, le nettoyage du pis à l’aide d’un désinfectant doux élimine les contaminants que pourrait ingérer le porcelet nouveau-né démuni d’anticorps. Cette pratique a pour but de diminuer tout contact entre le fumier et le porcelet naissant.

Aussi, l’ajout de tapis de caoutchouc ou d’un carton sur le sol (à l’arrière de la truie) lors de la mise bas évite que le porcelet n’entre en contact avec le fumier. Bien entendu, la gestion de ce lieu d’élevage se fait selon le mode tout plein, tout vide.

L’étape suivante de votre régie d’élevage (à la mise bas) consiste à permettre à tous les porcelets d’acquérir une solide protection contre les principaux pathogènes. Vous devez vous assurer qu’ils ingèrent du colostrum de façon régulière (toutes les heures) et rapide (pendant les 12 premières heures).

La consommation rapide dès la naissance est importante, car les anticorps maternels qui protègent le porcelet contre le CVP2 sont des immunoglobulines de type G. Ces immunoglobulines sont absorbées principalement par l’intestin du porcelet dans les 12 heures suivant sa première tétée.

Il est recommandé de revoir et de valider certaines pratiques de régie quotidiennes mises en place dans votre élevage afin de favoriser l’ingestion de colostrum par vos porcelets. En voici les principales :
l’assèchement des porcelets à la naissance (avec Aquasorb);
l’ajout de lampes chauffantes pour maintenir une température adéquate;
l’ajustement des barres anti-écrasement pour dégager les tétines;
l’amélioration de l’accessibilité des tétines supérieures;
le gavage des derniers-nés (petits, surnuméraires, etc.);
un plancher doté d’une bonne adhérence;
l’ajustement du nombre de porcelets au nombre de tétines fonctionnelles;
la fréquence des lactations.

La pratique des adoptions et des retraits doit respecter certaines conditions. Il faut notamment s’assurer que les porcelets ont consommé leur colostrum et qu’aucun d’entre eux ne sera séparé de sa mère plus tôt que quatre heures après sa naissance, ce qui est le laps de temps minimum jugé nécessaire à l’ingestion d’une quantité suffisante d’anticorps. De plus, aucun porcelet ne sera retiré de sa mère après 24 heures de vie. Il faut limiter au minimum le déplacement des porcelets, car c’est un facteur de risque aggravant. À ce titre, pas plus de 15 % des porcelets ne devraient changer de mère. Au-delà de ce pourcentage, la situation pourrait se corser. De plus, lorsqu’ils sont pratiqués, les transferts de porcelets devraient respecter les rangs de portées : des P1 (premières portées) vers des P1, des P2 vers des P2, et ainsi de suite. Enfin, il faut éviter les transferts de porcelets pour adoption d’une salle de mise bas à une autre.

L’application de ces points régie constitue un bon départ dans la lutte au SDPS. Chaque mise en place de points de régie additionnels au plan de contrôle proposé par le Dr Madec améliore les chances de survie de vos animaux.
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